Le mystère du Boeing 737 MAX-9 à la porte arrachée en plein vol s’épaissit : le FBI évoque un crime
latribune.fr
Début mars, la NTSB a expliqué qu'elle n'avait pas reçu certains documents importants, et que l'entreprise n'avait toujours pas fourni les noms des employés qui ont travaillé sur la pièce en question.
STAFF
Les passagers qui se trouvaient à bord d'un Boeing dont une porte s'est décrochée en plein vol ont peut-être été victimes d'un crime, selon le FBI, ont rapporté vendredi les médias américains.
« Une enquête criminelle peut être une entreprise de longue haleine et, pour plusieurs raisons, nous ne pouvons pas vous informer de son évolution à l'heure actuelle », ajoute-t-il.
Début mars, le ministère de la Justice avait déjà annoncé ouvrir une enquête criminelle sur cet incident spectaculaire survenu le 5 janvier, lorsqu'une « porte-bouchon » (qui sert à boucher une issue et qui n'a pas vocation à être ouverte) s'est détaché du fuselage.
Personne n'a été grièvement blessé, mais le 737 MAX-9 a dû effectuer un atterrissage d'urgence. Les images des passagers terrifiés, assis à côté du trou béant en plein vol, ont fait le tour du monde. Plusieurs boulons censés bloquer la porte-bouchon étaient manquants, selon l'Agence américaine de sécurité des transports (NTSB), qui a mis en cause Boeing. L'avionneur a notamment été critiqué pour la lenteur de sa coopération avec les autorités. Début mars, la NTSB a expliqué qu'elle n'avait pas reçu certains documents importants, et que l'entreprise n'avait toujours pas fourni les noms des employés qui ont travaillé sur la pièce en question.
« Il est absurde que deux mois plus tard, nous n'ayons pas ces informations », avait dénoncé la présidente de la NTSB, Jennifer Homendy, face aux parlementaires américains.
De son côté, l'Agence américaine de l'aviation civile (FAA) a lancé un audit sur le contrôle qualité du constructeur. Elle a indiqué début mars que des « problèmes de non-conformité » ont été repérés dans le contrôle de production de Boeing et de son sous-traitant Spirit Aerosystems.
Cette affaire plombe les comptes de Boeing. Le constructeur a prévenu mercredi que l'incident aurait des répercussions négatives sur ses résultats financiers et qu'il s'attend à creuser sa perte opérationnelle au premier trimestre. La division aviation commerciale du groupe - l'unité consacrée aux appareils pour le transport aérien civil - sera fortement touchée, avec une marge opérationnelle dans le rouge à « -20% » sur cette période, a prévenu Brian West, le directeur financier de Boeing, lors d'une conférence aux investisseurs.
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Le constructeur avait déjà indiqué mi-février s'attendre à un premier trimestre difficile, mais sans donner de chiffre. De janvier à mars l'an dernier, la marge opérationnelle était déjà dans le rouge, mais à un niveau moindre (-9,2%). Dans le sillage de l'incident, le constructeur a dû réduire la cadence de production de ses appareils 737 MAX à 38 appareils par mois. En janvier, seuls 27 appareils sont sortis des chaînes de montage. Le responsable s'est toutefois voulu rassurant, estimant qu'à plus long terme, les marges allaient atteindre « des niveaux historiques aux alentours de 2025, 2026 ».