Le nouveau commandant de l'espace veut accélérer l'envoi de démonstrateurs
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Le général de division aérienne Vincent Chusseau est le nouveau commandant de l'espace.
Rémi Benoit
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Le général de division aérienne Vincent Chusseau est le nouveau commandant de l'espace.
Rémi Benoit
Changement de gouvernance au sein du commandement de l'espace (CDE). Début août, le général de division aérienne Vincent Chusseau a succédé à Philippe Adam à la tête de l'entité. Diplômé de l'École de l'air, il a été dans un premier temps pilote de chasse, puis pilote d'essai, accompagnant les premiers vols du Rafale, avant d'évoluer au sein de l'armée de l'Air. Le général Chusseau a donné sa première interview à La Tribune à l'occasion du Space Forum organisé le 9 septembre à Toulouse.
La Tribune - En quoi la guerre en Ukraine illustre-t-elle la montée des tensions en orbite ?
Général Chusseau - La guerre en Ukraine a été un révélateur que l'espace s'intègre dans le multidomaine. Dès les premiers instants de la guerre, le 24 février 2022, les Russes ont attaqué les modems de Viasat par divers moyens de brouillage, des attaques « cyber ». En 2018, Florence Parly a montré les progrès des Russes avec un satellite butineur qui est passé près du satellite franco-italien Athena-Fidus. Ils ont démontré par la suite leur capacité à tirer des missiles antisatellites et, aujourd'hui, ils ont tout un panel de capacités. On parle de poupées russes, autrement dit le fait de libérer d'autres mini-satellites, ou bien des actions de brouillage, des lasers ou des attaques « cyber ».
La Chine et d'autres nations montent aussi en puissance. Par ailleurs, tous les grands pays veulent mettre des constellations en orbite pour augmenter leur résilience. Mais sur le plan opérationnel, cela aggrave les risques associés à la congestion de l'espace. En 2019, quand le commandement de l'espace a été créé, près de 2 000 satellites étaient en orbite, contre 11 000 aujourd'hui, avec 60 % occupés par une seule constellation [Starlink].
Où en est la montée en puissance du CDE, six ans après sa création ?
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La stratégie spatiale de défense de 2019 a fixé une feuille de route très précise sur le besoin d'atteindre des capacités militaires pour assurer la liberté d'accès et d'action dans l'espace. Depuis, beaucoup de réflexions ont été menées dans le domaine doctrinal. Il nous reste encore à amender le code de la défense, ou préparer ce qu'on appelle la posture permanente de sûreté spatiale, à l'image de ce qui se fait dans le milieu aérien ou maritime. Nos effectifs ont augmenté de 40 % depuis 2019 avec plus de 300 personnels actuellement et nous visons à peu près 470 personnels en 2030. Nous assurons la fourniture d'un ensemble de services complémentaires aux autres milieux, comme la météo spatiale, le suivi des débris, mais également les rentrées dans l'atmosphère.
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