Bercy souhaite fixer une enveloppe budgétaire à 377 milliards d'euros sur les sept prochaines années de la prochaine loi de programmation militaire. Le ministère des Armées est quant à lui sur une trajectoire comprise entre 400 et 410 milliards d'euros pour atteindre ses objectifs capacitaires et opérationnels.Après un été très studieux pendant lequel les ministres, celui des Armées Sébastien Lecornu et celui de l'Économie Bruno Le Maire, ont mené ensemble des travaux à la demande d'Emmanuel Macron, la préparation de la future Loi de programmation militaire (LPM) entre dans une phase cruciale et déterminante. Et les relations se tendent entre l'Hôtel de Brienne et Bercy. Logiquement. Il fallait bien s'en douter. Car les deux ministères ne sont évidemment pas d'accord sur l'enveloppe budgétaire à consacrer aux armées lors de la prochaine LPM (2024-2030), qui sera votée en 2023. Et la différence n'est pas minime.
Selon des sources concordantes, Bercy ne veut pas dépasser la barre des 377 milliards d'euros sur les sept prochaines années - soit 2% du PIB français, argumente-t-il - tandis que l'hôtel de Brienne campe sur une fourchette comprise entre 400 et 410 milliards d'euros pour atteindre ses objectifs capacitaires et opérationnels. L'actuelle LPM (2019-2025) avait prévu une enveloppe budgétaire de 295 milliards d'euros. Enfin, les armées tablent quant à elles sur une fourchette de 425 à 430 milliards d'euros pour financer, expliquent-elles, le modèle « Armées 2030 ». Sinon, précisent-elles, « l'Ambition 2030 » sera sous-financé. D'autant que le service national universel (SNU) va consommer des crédits entre 1,7 et 4,1 milliards. Cher pour un gadget...
Conseil de défense et de sécurité nationale
Le conseil de défense et de sécurité nationale prévu mercredi à 14h30 devrait décider de l'enveloppe financière qui sera dévolue aux armées. La future LPM arrive dans un contexte budgétaire compliqué mais aussi dans un contexte géopolitique très tendu au niveau international (guerre en Ukraine, au Tigré, conflit Arménie/Azerbaïdjan, résilience du terrorisme islamiste, tensions en Mer de Chine...) Ce n'est donc pas le moment de baisser la garde pour la France, qui a des prétentions mondiales notamment en Afrique et Indo-Pacifique. Et, en même temps, la situation budgétaire française n'est pas loin d'être catastrophique comme le soulignait la Cour des comptes : déficit public de 6,4 points de PIB en 2021, soit plus du double de celui de 2017, et une dette publique supérieure à 110 points de PIB.