Selon plusieurs sources, la Grande-Bretagne reste bien à bord du programme de missiles de croisière et anti-navire FMAN/FMC (futur missile antinavire / futur missile de croisière). Elle va bien remplacer l'actuelle génération en service dans les forces armées britanniques, les missiles de croisière Storm Shadow (Royal Air Force) et antinavires américains Harpoon de Boeing (Royal Navy) par le programme FMAN/FMC porté par le missilier européen MBDA. Londres et Paris vont lancer début 2021 en coopération à l'issue de la phase d'étude actuelle notifiée en 2017, une nouvelle phase de réduction de risques de trois ans sur deux concepts de missile, l'un supersonique (antinavire) et subsonique furtif (missile de croisière).
La décision britannique n'était pas évidente jusqu'ici en raison des longues hésitations de Londres sur le remplacement des missiles Harpoon et sur le concept d'hypervélocité porté par la France. Un concept subsonique furtif pour remplir le besoin de missile de croisière longue portée aéroporté pour les armées françaises et britanniques. Ce missile intéresse également la marine britannique pour être tiré depuis leur bâtiment de surface T26 pour des missions antinavire et de croisière ; un concept supersonique pour remplir les besoins de missile antinavire tiré depuis des bâtiments de surface et aéroporté pour la France. Le développement de deux missiles semble la solution la plus satisfaisante pour les états-majors des deux pays. En revanche, elle pourrait remettre en cause les économies d'échelle envisagées par les deux pays, qui initialement visaient le développement d'un seul missile pour deux missions opérationnelles.
C'est clairement à MBDA, qui souhaitait le lancement rapide de ce programme, de jouer désormais. Le groupe doit remettre à la France et à la Grande-Bretagne une offre afin de trouver un accord sur le prix et les délais du programme. "Nous conduisons avec les Britanniques le programme du futur missile antinavire-futur missile de croisière (FMAN-FMC), dont la phase de conception doit démarrer au début de l'année prochaine. Ce n'est pas simple, on doit encore y travailler", avait estimé le Délégué général pour l'armement Joël Barre lors d'une audition à l'Assemblée nationale le 15 octobre.