Et si la Grande-Bretagne achetait le missile anti-navire Exocet ?

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Le missile Exocet avait touché et coulé le destroyer britannique HMS Sheffield durant la guerre des Malouines en mai 1982
Le missile Exocet avait touché et coulé le destroyer britannique HMS Sheffield durant la guerre des Malouines en mai 1982
Pour combler un trou capacitaire en matière de missiles anti-navires entre 2023 et 2030, la Grande-Bretagne pourrait sélectionner l'Exocet MM40 Block 3 de MBDA. Londres étudie également d'autres pistes.

Incroyable mais vrai... Le ministère de la Défense britannique étudie l'achat du missile Exocet MM40 Block 3 de MBDA pour remplacer sur une période transitoire de sept à dix ans ses missiles Harpoon, qui arrivent en fin de vie à l'horizon 2023. Ce qui permettrait à la marine britannique de combler un trou capacitaire et d'attendre l'arrivée en 2030 du programme franco-britannique FMAN/FMC. Ce programme a pour objectif de renouveler les capacités anti-navires (Exocet et Harpoon) et de frappe dans la profondeur (Scalp/Storm Shadow) de la France et de la Grande-Bretagne.

Interrogé en juillet dans le cadre de la mission d'information sur le programme Futur missile anti-navires/Futur missile de croisière (FMAN/FMC) menée conjointement avec la Chambre des Communes du Royaume-Uni, le chef d'état-major de la marine, l'amiral Christophe Prazuck a confirmé que ce sujet a été abordé avec la Royal Navy. "Je crois savoir qu'il s'agit en effet d'une hypothèse envisagée par la Royal Navy", a-t-il précisé. La France est d'ailleurs prête à vendre l'Exocet à la marine britannique. "Nous sommes tout à fait prêts à le proposer afin de combler ce trou capacitaire, en lieu et place du Harpoon", en service depuis 1984, a expliqué en juillet le Délégué général pour l'armement Joël Barre.

Londres réfléchit à plusieurs autres solutions

Pour autant, les Britanniques étudient plusieurs solutions sans avoir une ligne budgétaire pour réaliser un tel achat sur étagère. Outre l'Exocet MM40 Block 3, qui a déjà été en service dans la Royal Navy jusqu'en 2002, le Lieutenant-général Sir Mark Poffley, sous-chef d'état-major de la Défense (capacité militaire) au ministère de la défense, a également évoqué le missile Harpoon Block II, le système RBS15, produit par Saab ou encore l'Otomat Mk2 Block 4 de MBDA Italie. La Grande-Bretagne, qui n'avait pas pris sa décision cet été pour résoudre ce trou capacitaire, devrait prendre très rapidement une décision. Sans une solution de court terme, la Royal Navy dépendra entre  2023 et 2030, d'une capacité de missiles anti-navires à partir de ses hélicoptères (Sea Skua, puis Sea Venon, qui doit entrer en service en 2020), de torpilles lancées par des sous-marins et des canons sur ses frégates et ses destroyers.

Mais si Londres optait pour l'Exocet, tristement célèbre en Grande-Bretagne pour avoir touché et coulé le destroyer britannique HMS Sheffield durant la guerre des Malouines en mai 1982, ce serait une décision très pragmatique et symbolique d'une volonté de poursuivre la coopération étroite avec la France dans le domaine très sensible des missiles.

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Commentaires
a écrit le 06/01/2019 à 19:41 :
Bon personnellement je crois que l'exacte est un missile périmer , et ils seraient plus que temps d'envisager un successeur .... Un missile plus rapide , plus maniable , plus efficasse et fiable ... Avec differante capacite dè volle pour aborder le 21 eme siècle ...
D'ailleurs ils n'est là que pour faire baisser le prix de l'offre américaines... Nous avons l'habitude de se type de comportement ....
a écrit le 13/12/2018 à 19:51 :
Bonjour. Il y a plusieurs années , 1984 à peu près , j ai assisté alors embarqué sur un navire militaire français à un double échec de tire d exocet au large de Biscarosse dans la.zone de tire réservée aux bâtiments militaires . En tant qu appelé j en ai profité pour les chambrer. Bon souvenir.
Réponse de le 14/12/2018 à 1:20 :
L'exocet n'a pas explosé après avoir pénétré le sheffield.
Celui ci n'aurait pas coulé sans un concours de circonstance, le système de gestion des incendies étant touché ils n'ont pas pu éteindre le feu.
a écrit le 13/12/2018 à 18:39 :
Attention, c'est un missile kinetic only, la charge n'explose jamais, ça déconne à plein tubes.
Remarquez il semble sortir de ses tubes justement "à mon commandement" en temps et en heure c'est deja ça, du moins quand il n'y a pas de russes à proximité.
a écrit le 13/12/2018 à 10:11 :
Ha ha ha !Mais MBDA est un consortium franco-anglais donc les anglais y sont actionnaires .......!
Réponse de le 13/12/2018 à 18:21 :
@sez
Pas si simple !
MBDA a des filiales directes dans 5 pays.
MBDA est français (siège), avec des participations franco-allemandes (Airbus), britanniques (BAE) et italiennes (Leonardo), avec de nombreuses filiales.
Mais pour chaque programme, ce qui compte c'est le % de R&D et d'industrialisation pris en charge par chaque pays client.
Pour ne pas multiplier les lignes de productions et sous-traitants, deux nations peuvent très bien prendre la moitié de la R&D sur deux programmes, qui ne seront pas partagés dans l'industrialisation. Une nation produira le missile A et l'autre le missile B, afin de réaliser des économies.
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Heureusement que le siège est en France, puisque qu'Airbus (France + Espagne + Allemagne) ne pèsent pas plus que BAE, même participation à 37,5%.
a écrit le 13/12/2018 à 10:01 :
A partir du moment où les deux nations ont 2 programmes communs, il parait plus intelligent d'acheter MBDA, pour renforcer cette coopération, et donner plus de moyens au futurs développement franco-britanniques, et leurs futures exportations.
Et puis l'Exocet est excellent.
Evidement si le Royaume-Uni compte réellement concurrencer le SCAF en association avec la Suède, c'est une autre histoire.
a écrit le 13/12/2018 à 8:57 :
Tandis que les allemands pro-européens à fond exploitent la france pour leurs seuls bénéfices, les anglais, dont nos médias n'arrêtent pas de dire du mal parce qu'ils sortent de ce gros tas de m... qu'est l'europe, vont nous acheter des missiles.

"Mais si Londres optait pour l'Exocet, tristement célèbre en Grande-Bretagne pour avoir touché et coulé le destroyer britannique HMS Sheffield durant la guerre des Malouines en mai 1982, ce serait une décision très pragmatique et symbolique d'une volonté de poursuivre la coopération étroite avec la France dans le domaine très sensible des missiles"

Ce serait un geste fort en effet.
Réponse de le 13/12/2018 à 11:02 :
En tout cas une chose est sure : les britanniques ont pu mesurer l'efficacité de ce missile. "Combat Proven" comme on dit dans le milieu.
Réponse de le 13/12/2018 à 15:38 :
Euh vous oubliez qu'à la fin des années 70, c.a.d avant la guerre des Malouines, la Royal Navy avait acheté la première version mer-mer de l'exocet (MM38) pour rééquiper ses frégates. Même si elle les avait remplacés depuis par des Harpoons américains, l'Exocet n'a jamais été entièrement banni de l'inventaire de la flotte.
Réponse de le 13/12/2018 à 16:06 :
Ok, les anglais en avaient déjà acheté mais le fait qu'un exocet coule un de leur destroyer a du un peu les énerver... Et de ce fait on comprend qu'ils n'en aient plus jamais acheté même si c'est un peu bête comme raisonnement mais bon c'était sous Thatcher hein !

Là quand même May est d'un bien meilleur niveau. Incomparable même.

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