En dépit d'un axe franco-germanique, Paris poursuit des coopérations essentielles avec Londres, notamment dans le nucléaire et les missiles de croisière. Des programmes qui restent toutefois à confirmer et lancer. L'année 2021 sera déterminante.Les accords franco-britanniques de Lancaster House ont fêté lundi leurs dix ans. Ils sont essentiels pour arrimer la Grande-Bretagne à l'Europe dans le domaine de la défense tant au niveau opérationnel et capacitaire et éviter qu'elle ne choisisse de façon encore plus complète les Etats-Unis. Surtout Londres et Paris se sont lancés il y a plusieurs années dans des programmes cruciaux pour leur autonomie stratégique et leur souveraineté : projet Teutatès (nucléaire) et le programme du futur missile antinavire-futur missile de croisière (FMAN-FMC). Certains de ces programmes restent pourtant encore en suspens, notamment FMAN-FMC, malgré quelques garanties données de la part des Britanniques. Cette nouvelle génération de missiles doit remplacer à l'horizon 2030 les missiles de croisière SCALP et Storm Shadow et les missiles antinavires Exocet et Harpoon.
Le programme FNAM-FMC reste sous la menace budgétaire et de choix technologiques de la part de Paris et de Londres, qui pourrait par ailleurs opter pour une solution américaine s'agissant de son futur missile antinavire. La Grande-Bretagne semble aujourd'hui étranglée sur le plan budgétaire par la crise sanitaire liée à la Covid-19, par le Brexit ainsi que par les achats dispendieux d'équipements militaires américains, dont les avions de combat F-35. Ce programme de missiles essentiel pour MBDA ne doit pas suivre l'échec cuisant du drone armé FCAS abandonné par les Britanniques. Ce qui donne toujours l'impression d'être sur une corde raide en matière de coopération aussi bien avec les Britanniques qu'avec d'autres.
Développer d'armes nucléaires françaises et britanniques
Le projet Teutatès est né d'un "double objectif : garder les Britanniques dans le « grand jeu », pour les Français, et assurer la soutenabilité financière de la dissuasion, pour les Britanniques", résume le député LR Charles de la Verpillière, co-rapporteur avec le député LREM Jacques Marilossian d'un rapport pour information sur le bilan des accords de Lancaster House. Ce projet concerne le développement et l'emploi des armes nucléaires françaises et britanniques dans le cadre d'une coopération nucléaire. Les deux pays se sont engagés à construire un centre commun de simulation nucléaire en France et de recherche nucléaire au Royaume-Uni.