Suivez en direct l'atterrissage d'InSight, le nouveau robot martien

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A 19H47 GMT lundi, l'atterrisseur InSight pénètrera l'atmosphère de Mars pour se poser dans une grande plaine, après six mois et demi de voyage et 480 millions de km parcourus depuis son lancement par la Nasa. A son bord se trouve un instrument valant des dizaines de millions d'euros: un sismomètre hypersensible conçu par l'agence spatiale française, le Cnes.

C'est la première fois depuis 2012 qu'un engin tentera de se poser sur Mars, depuis le véhicule Curiosity de la Nasa, le seul encore actif sur la planète. Seuls les Etats-Unis ont réussi à y poser des robots. L'URSS a écrasé plusieurs atterrisseurs, tout comme les Européens, tout récemment en 2016.

"7 minutes de terreur"

Sur 43 missions envoyées sur ou autour de Mars, 25 ont échoué. Des engins russes, américain et européen gisent à sa surface. Des satellites ont raté leur orbite. Un seul rover martien, Curiosity, est actif aujourd'hui.

Lundi, l'atterrisseur InSight de la Nasa doit aller se poser dans la plaine d'Elysium, où le chef de la mission espère tomber sur "un grand parking de supermarché", très plat, sans rocher susceptible d'endommager l'engin.

Il n'y aura pas de streaming vidéo en direct depuis Mars: pour suivre les opérations, il faudra regarder les images retransmises du centre de contrôle de la Nasa, au Jet Propulsion Laboratory de Pasadena, près de Los Angeles aux Etats-Unis. Le temps de communication entre les deux planètes sera de huit minutes et sept secondes. Les heures indiquées correspondent au moment où les signaux seront reçus sur Terre.

Toute la séquence sera automatisée: les ingénieurs de la Nasa au sol ne pourront qu'assister, avec ces huit minutes de délai, à l'opération la plus délicate de toute la mission.

InSight entrera dans l'atmosphère martienne à environ 125 km d'altitude, à 19H47 GMT. A ce moment, sa vitesse sera d'environ 20.000 km/h. Le seul frottement de l'atmosphère fera monter la température rapidement à 1.500°C.

L'engin ne survivrait pas à cette fournaise s'il n'avait pas de bouclier thermique. Celui-ci a été renforcé au cas où l'une des tempêtes de poussières fréquentes sur Mars avait lieu, le frottement du sable pouvant intensifier la température.

Au bout de quatre minutes, le parachute s'ouvrira automatiquement, ralentissant d'un coup la descente. Peu après, le bouclier thermique sera largué, et l'atterrisseur déploiera ses trois jambes.

Puis le parachute se détachera. InSight allumera alors ses 12 rétrofusées... qui ralentiront la chute à environ 8 km/h.

A 11H54 GMT, environ six minutes et demi après l'entrée dans l'atmosphère, InSight devrait "amarsir".

Le danger du nuage de poussière

On le saura peut-être quasiment en temps réel grâce à deux microsatellites baptisés MarCO, qui ont fait tout le voyage avec InSight et ont volé en formation derrière lui. Ils serviront de relais: InSight leur enverra des signaux, et ils les retransmettront vers la Terre, à distance sûre de Mars.

Si cela échouait, la Nasa devrait recevoir quoiqu'il arrive un "bip" d'InSight à 20H01 GMT, envoyé directement vers la Terre. Ce bip signifiera que l'atterrisseur a survécu et fonctionne.

La première photo sera sans doute confuse, à cause du nuage de poussières créé par l'impact. On pourrait la recevoir trois minutes plus tard, ou le lendemain à défaut.

Une fois posé, InSight devra déployer très lentement ses grands panneaux solaires, pliés pour le voyage. L'information sera retransmise cinq heures et demi plus tard, car il faudra attendre que l'un des trois satellites en orbite martienne passe au-dessus. Ces trois satellites seront le relais de communication normal d'InSight pendant toute sa vie.

Quant aux instruments à bord, le sismomètre français SEIS et le thermomètre allemand HP3, leur déploiement, par un bras robotique, prendra au moins "deux ou trois mois", selon le responsable scientifique de la mission, Bruce Banerdt.

"Nous allons faire très, très attention à l'endroit où nous déposerons les instruments".

(avec l'AFP et la chaine Youtube Stardust)

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Commentaires
a écrit le 27/11/2018 à 14:29 :
bravissimo !
a écrit le 26/11/2018 à 19:15 :
1) S’ils réussissent : «  un prix Nobel »...
2) S’ils se plantent : «  une mega - taxe écologique pour contribuer à toute la pollution galactique « 

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