Viande de cheval : après le scandale, les arrestations commencent chez Spanghero

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Interpellations chez Spanghero, après le scandale de la viande de cheval (c) Reuters
Interpellations chez Spanghero, après le scandale de la viande de cheval (c) Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Huit cadres et salariés anciens et actuels de Spanghero ont été interpellés mardi par les gendarmes chargés d'enquêter sur l'affaire du scandale de la viande de cheval.

Il s'agit des premières interpellations connues dans le cadre de l'affaire de la viande de cheval qui a touché la société Spanghero au début de l'année.  Mardi, huit anciens cadres et salariés de la société ont été interpellée par les gendarmes chargés d'établir comment et par la faute de qui de la viande de cheval s'est retrouvée à la place de boeuf dans les assiettes de consommateurs européens.

Ces huit personnes ont été placées en garde à vue dans le cadre de l'information judiciaire ouverte en mars à Paris pour "tromperie simple et tromperie aggravée, faux et usage de faux", selon des sources proches de l'enquête. Sept d'entre elles ne font déjà plus partie de la société Lauragaise (son nouveau nom), selon Laurent Spanghero qui vient de reprendre la société qu'il avait fondée en 1970 avec son frère et qu'il avait revendue en 2009 à la coopérative basque Lur Berri.

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On ne sait toujours pas d'où vient la tromperie

Les interpellés étaient entendus par les gendarmes de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP) et de la section de recherches de Languedoc-Roussillon opérant sur commission rogatoire de deux juges d'instruction parisiens. 

Pour les gendarmes, il s'agit de savoir au cours de ces auditions quel rôle Spanghero et ses dirigeants ont joué dans un scandale aux ramifications européennes qui a mis en lumière certains agissements de l'industrie agroalimentaire et l'opacité de ses circuits d'approvisionnement. Dés le début de l'affaire, les dirigeants de la société n'ont cessé de clamer leur innocence, expliquant qu'ils avaient eux mêmes été bernés par des fournisseurs intermédiaires.

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Difficile de remonter la pente après un tel scandale

Spanghero a vu s'éloigner un à un ses clients jusqu'à s'arrêter fin juin. A la reprise de l'entreprise qu'il avait fondé, Laurent Spanghero et ses deux partenaires se sont engagés à sauvegarder 90 emplois pendant au moins deux ans.

L'entreprise a repris le travail début août. Fin août, ses dirigeants annonçaient que son activité plats cuisinés avait repris à hauteur de 50%. "C'est dur, mais on avance", a dit Laurent Spanghero, "chaque jour on monte une marche. L'activité viande va redémarrer dans dix jours et j'espère que dans un mois et demi cela ira". En attendant, l'enquête se poursuit.

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Commentaires
a écrit le 10/09/2013 à 21:19 :

Castelnaudary : un Aveyronnais au coeur du scandale Spanghero
JEAN-PIERRE LACAN
03/05/2013, 06 h 00 | Mis à jour le 03/05/2013, 08 h 26
Jacques Poujol à Sainte-Geneviève. Depuis la semaine dernière, la société filiale d?Arcadie ne porte plus son nom.

L?homme est au c?ur du scandale des lasagnes au cheval. Il a dirigé la société audoise jusqu?en mars. À 41 ans, cet Aveyronnais, maquignon et golden-boy, avait tout réussi... jusqu?ici.

Ses amis le disent déprimé, inquiet d?être placé un jour en garde à vue. "Ma petite personne importe peu, je pense d?abord aux salariés", lâche-t-il au téléphone avant d?envoyer bouler le journaliste... Propos calculés ? Peut-être, peut-être pas. À Castelnaudary, chez Spanghero, ils sont nombreux à regretter celui qui débarqua au printemps 2011 au volant d?une grosse cylindrée immatriculée dans l?Aveyron.

Vitesse grand V

Quel mandat du propriétaire Lur Berri avait alors Jacques Poujol, recruté comme consultant ? "Il était venu pour nous fermer", assure Jean Aparicio, élu FO au CE. En 2011, il y a deux ans que la société lauragaise, connue pour ses cassoulets, a été reprise par le géant basque de l?agroalimentaire.

L?équivalent d?un quatorzième mois

Spanghero accumule les mauvaises affaires. Jacques Poujol non seulement ne ferme pas mais il redresse à la vitesse grand V. "Il est allé chercher les marchés avec les dents, en faisant jouer ses réseaux, en les piquant à la concurrence", raconte Jérôme Lagarde, secrétaire du CE. Le syndicaliste se souvient également des avancées sociales dans l?entreprise : "Il a imposé aux Basques un système de primes qui nous permettait de décrocher l?équivalent d?un quatorzième mois."

"Poujol, on le met pas au pilori"Jean Aparicio - FO Spanghero

Pour diversifier l?activité, Poujol va relancer le négoce qu?avait arrêté Spanghero quelques années auparavant. C?est par lui qu?est arrivé le scandale de la viande de cheval début février, c?est lui qui, le 28 mars, a fait sauter le fusible aveyronnais après les révélations sur la présence de 57 tonnes de viande ovine britannique interdite.

"Nos comptes étaient à l?équilibre en 2012, nous allions gagner de l?argent en 2013. La société était sur le point d?embaucher 80 personnes quand tout s?est arrêté. Nous, Poujol, on le met pas au pilori", lance Jean Aparicio. Le 28 mars, c?est pourtant sur un terrible échec et une réputation anéantie que s?achève l?épopée chaurienne. Un terrible échec à deux doigts d?une nouvelle réussite.

Deux hommes unis par une même passion, le rugby

"Dans ce business, si on n?est pas sérieux, on se plante. Jacques est un type sérieux, il réussissait." A la tête de son entreprise de transport installée face aux caves de Roquefort, Patrick Galtier a suivi pas à pas la fulgurante ascension. Les deux hommes sont unis par une même passion, le rugby. Galtier préside le club de Saint-Affrique, Poujol s?occupe des sponsors. Les camions du premier ont longtemps transporté la viande du second. Il a même encore, dans ses frigos de Lauras, 500 tonnes de viande de b?uf destinée à Spanghero : "Les services vétérinaires l?ont bloquée un moment, le temps de faire des tests ADN. C?est bien du b?uf mais aujourd?hui Spanghero n?a pas les moyens de la travailler."

Patrick Galtier se souvient des premiers camions affrétés par la société Poujol frères dans les années 1990, quand Jacques et sa s?ur, enfants du boucher de La Cavalerie, se mirent à développer l?activité du père. "En plus de la vente au détail, il fournissait le camp militaire du Larzac. Jacques s?est inspiré de ça pour développer un négoce en demi-gros pour les collectivités. Puis il s?est mis à faire du steak haché congelé et là, ça a véritablement explosé", raconte le transporteur.

"Un train est passé, il était rempli d?or"Jacques Poujol à un ami

La société, qui a quitté le Larzac pour s?installer à Millau, est déjà à l?étroit. Jacques Poujol cherche un nouveau site. Il va le trouver à Sainte-Geneviève-sur-Argence dans le haut-Rouergue. Il y a, dans ce bourg d?un millier d?habitants, un abattoir en déshérence qui traite moins de 2 000 tonnes de viande par an. Poujol, accueilli à bras ouverts par les collectivités, l?achète en 2002.

L?affaire ne cessera de se développer. "Je transportais pour lui entre 300 et 500 kilos par semaine en 1994. Dix ans plus tard, nous étions entre 40 et 50 tonnes", se souvient Patrick Galtier. Poujol est partout et surtout sur le marché aux bestiaux de Laissac, où il est l?un des plus gros acheteurs. En 2003, il aurait abattu 18 000 des 25 000 bovins tués cette année-là dans le département.

On ne refuse rien au fils du boucher de La Cavalerie

À Sainte-Geneviève, les collectivités se frottent les mains. Poujol avait promis de développer l?emploi : l?effectif de l?abattoir est passé de 15 à 150 salariés, et tant pis si la plupart d?entre eux sont des ouvriers polonais employés par des sociétés de main-d??uvre. Tant pis si les éleveurs ont le sentiment de se faire gruger sur les poids et le prix. On ne refuse rien au fils du boucher de La Cavalerie.

En 2006, ce sont des locaux totalement rénovés et bien subventionnés que les élus inaugurent. En 2009, tout le monde applaudit quand il reprend l?abattoir international de Sarreguemines en Moselle. Fin 2010, Région et conseil général n?hésitent pas à sortir 300 000 ? pour subventionner une nouvelle chaîne de congélation à Sainte-Geneviève. Moins d?un mois plus tard, Poujol vend sa société avec les deux abattoirs à ses "amis basques" d?Arcadie, filiale de Lur Berri, et signe un contrat de consulting avec Spanghero. "Un train est passé. Il était rempli d?or", confiera-t-il à un ami.
NUANCES DE GRIS

Golden boy

En Rouergue, où les fortunes sont discrètes, le train de vie de Jacques Poujol fait jaser : la Ferrari, la maison aménagée à grands frais à Saint-Affrique alimentent les conversations. L?un des épisodes les plus commentés fut son achat aux enchères de la Cadillac de Julio Iglesias. En même temps, il est l?un des plus gros contributeurs des Restos du c?ur.

L?ami Fasen ?

Quelles relations entretenait-il avec Jan Fasen, le trader néerlandais au centre du trafic de la viande de cheval ? Les deux hommes se connaissent semble-t-il depuis longtemps. Paris Match a affirmé, sur son site, que Fasen aurait vendu à Poujol, l?année dernière, du faux b?uf halal, trafic pour lequel le Néerlandais a été condamné.

En Roumanie

Chez Spanghero, on évoque un voyage de Jacques Poujol du 20 au 22 décembre dans des abattoirs en Roumanie, soit deux mois avant que le scandale éclate. « Je visite des dizaines d?abattoirs chaque année partout en Europe », répond-il.
Réponse de le 11/09/2013 à 20:52 :
Illisible, trop long !
a écrit le 10/09/2013 à 21:15 :
certains vont devoir se découvrir ...

http://www.midilibre.fr/2013/05/02/spanghero-le-fusible-poujol,689858.php

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