L'édito de La Tribune : Volkswagen, à qui perd gagne

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Voilà une industrie sinistrée. Une industrie, l'automobile, dont les patrons, unanimes, tirent le signal d'alarme. A les entendre, la crise est là (Patrick Pélata, Renault). C'est l'une des plus sévères depuis des décennies (Christian Streiff, PSA Peugeot-Citroën). Elle a provoqué une chute dramatique des ventes (Dieter Zetsche, Daimler). Et ses acteurs doivent se préparer à une traversée du désert (Ferdinand Piëch, Volkswagen).

Et, voilà un cours de Bourse, celui de Volkswagen justement, qui joue depuis la fin de l'été aux montagnes russes. Et qui, depuis deux jours, est emporté par une hausse irrationnelle, aussi fulgurante que les Carrera et 911, de son actionnaire majoritaire, le groupe Porsche.

L'histoire de cette spéculation boursière à contre-temps, aussi médusante soit-elle pour le profane, aurait pu s'arrêter là. Si elle n'avait pris, en ces temps de condamnation de la finance folle, des proportions inédites. Et si elle ne menaçait pas d'envoyer au tapis un nombre inconnu de «hedge funds». Les pertes des fonds d'arbitrage ayant spéculé sur le titre Volkswagen pourraient atteindre 10 milliards d'euros !

Ces pertes colossales sont d'autant plus sidérantes, qu'elles sont le fruit rationnel d'un enchaînement d'événements exceptionnels. Il y a d'abord le jeu trouble de la famille Porsche et de sa prise de contrôle rampante, désormais réussie, de Volkswagen. Il y a ensuite la faillite de la banque Lehman Brothers, qui intervenait sur le titre en facilitant leurs ventes à découvert. Il y a cette technique financière, justement, que les régulateurs ont décidé d'interdire temporairement sur les valeurs financières pour éviter que ne se poursuive leur effondrement en Bourse. Décision judicieuse, en apparence, mais qui a engendré son report sur les actions des groupes industriels. Les fonds d'arbitrage paient aujourd'hui leur comportement moutonnier. Et redécouvrent qu'il est dangereux de spéculer.

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