Saab sous la protection de la loi sur les faillites

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Swedish Automobile (ex-Spyker), propriétaire du constructeur automobile suédois, annonce le placement de Saab sous la protection de la loi suédoise sur les faillites.

Voilà une marque passionnelle, par excellence. Las. Saab sera placé sous la protection de la loi suédoise sur les faillites. C'est son propriétaire, Swedish Automobile (ex-Spyker), qui l'annonce ce mercredi. But : donner à la célèbre marque de Trollhättan "le temps nécessaire pour assurer le versement des salaires, chercher des financements à court terme et préparer un redémarrage de la production", précise Victor Muller, l'inoxydable et charismatique patron de Swedish Automobile, et du même coup PDG de Saab Automobile. Swedish Automobile a annoncé fin août une perte de 201,5 millions d'euros au premier semestre.

Dans ce communiqué, Victor Muller affirme certes que Saab a "sécurisé son financement à long terme", à travers les accords passés avec Pang Da et Youngman, deux entreprises chinoises qui devraient permettre à Saab de bénéficier de quelque 245 millions d'euros. Le hic, c'est que ce n'est pas suffisant pour assurer l'avenir d'un constructeur qui eut son heure de gloire dans les années 80 avec la fameuse 900 Turbo, une berline sportive originale et technologiquement révolutionnaire. Un modèle encore recherché par les collectionneurs, notamment dans la très "glamour" version cabriolet !

Malheureusement, si la marque au griffon  faisait d'excellentes voitures du temps où elle était une pure entreprise suédoise dans la sphère Wallenberg en compagnie du constructeur de camions Scania, ses atouts se sont érodés pendant toute la période (vingt ans) où elle s'est retrouvée sous la houlette de l'américain GM. Faute d'investissements et partageant de médiocres plates-formes avec les Opel (filiale allemande de GM), Saab a lentement décliné, perdant quasi-continuellement de l'argent. Elle a été sauvée in extremis début 2010, alors que le mastodonte de Detroit en pleine déconfiture voulait s'en débarrasser à tout prix.  Elle a été rachetée à ce moment par la petite firme néerlandaise Spyker - devenue Swedish Automobile - au géant du Michigan pour 400 millions de dollars.

Mais Saab n'a jamais eu assez d'argent pour redémarrer, malgré l'arrivée d'une nouvelle berline de haut de gamme, la 9-5, étudiée par GM sur la base de l'Opel Insignia. Avec des ventes en berne, Saab, qui emploie 3.700 personnes, ne peut plus payer ses fournisseurs, lesquels ont cessé leurs livraisons. Du coup, la production est quasiment arrêtée depuis quatre mois. Depuis juin, une partie des salaires a été versée avec retard, ceux d'août devant toujours être payés.

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Commentaires
a écrit le 07/09/2011 à 11:30 :
C'est ainsi que partout dans le monde on démantèle l'industrie. Même les riches vont y laisser leur peau et ... ce sera justice. Les Avocats d'affaires en France ont été les artisans complices de cette escroquerie généralisée. Honte à eux ! Ils sont légion à avoir infiltré le MEDEF et autres lobbys au mépris de leur déontologie et avec la bénédiction de leur Ordre professionnel ...
Il est temps que le système s'effondre.
Dommage pour Saab qui paye ses choix.
Réponse de le 27/09/2011 à 20:03 :
J'ai rarement vu un commentaire autant à côté de la plaque. Les premiers (et les seuls ?) à souffrir de la situation sont les pauvres salariés de Saab qui n'ont plus de salaire. Votre haine des patrons, du Medef et de tout ce qui ressemble à un riche même de loin vous aveugle. Et au final, peu vous importe des vrais personnes qui souffrent du naufrage Saab, à peine quelques mots en fin de tirade. Désolant.
a écrit le 07/09/2011 à 10:39 :
Volvo Trucks pourrait reprendre l'entreprise à la casse avec l'accord de ses partenaires chinois ... et de Renault qui fournirait alors la principale base technologique. La phase suivante serait la fusion des deux Volvo en une seule entreprise. Volvo abandonnerait pour ce faire sa division machines agricoles/forestières et de BTP mais conserverait les camions qui seraient diffusés aussi par Geely, le sino-américain associé de cette fusion. Une option possible.

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