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Entreprises & FinanceAutomobile

Le "made in France" coûte très cher à Renault

Alain-Gabriel Verdevoye

Publié le 14 mars 2012 à 14:03 - Mis à jour le 14 mars 2012 à 15:07

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La future Clio IV produite à Flins coûtera 1.300 euros de plus que la même fabriquée en Turquie.

A l'heure où les politiques en mal de démagogie (ré)inventent un prétendu patriotisme économique - fièvre électorale oblige -, Renault assène la brutalité des chiffres. "La future Renault Clio IV produite à Flins coûtera 1.300 euros de plus que son homologue fabriquée en Turquie",  a affirmé ce mercredi Carlos Tavares, directeur délégué de Renault, lors d'une rencontre avec quelques journalistes. Et ce, pour un modèle livré... dans l'Hexagone! Ce différentiel inclut donc les coûts de transport. Le verdict apparaît donc sans appel. Le futur modèle phare de Renault verra sa production démarrer en juillet, simultanément à Flins en région parisienne et à Bursa (Turquie), pour une commercialisation début octobre. La version break, prévue pour 2013, sera, elle, exclusivement assemblée en Turquie. Le constructeur vise 350 à 400.000 Clio IV par an.

Vive polémique

L'industrialisation de la Clio IV avait fait l'objet d'une vive polémique, début 2010, entre le constructeur et les pouvoirs publics français. Renault avait en effet envisagé initialement de produire quasi-exclusivement sa Clio IV hors de France. Tancé par le chef de l'Etat Nicolas Sarkozy, Calors Ghosn, double PDG de Renault et Nissan, avait alors pris l'engagement d'en assembler une partie dans l'Hexagone. Renault "assemble aujourd'hui un quart de ses véhicules en France et y fabrique 31% de ses ensembles mécaniques", reconnaît Carlos Tavares. Pas beaucoup. Le pourcentage est très inférieur à celui de PSA, de Fiat en Italie ou des constructeurs germaniques en Allemagne!

Le dirigeant se défend toutefois de se désengager du territoire français. "Ce que nous faisons, c'est améliorer notre compétitivité en générant des profits récurrents qui, seuls, assurent la pérennité de l'entreprise", précise Carlos Tavares. "La France a besoin d'un grand champion automobile comme Renault" en bonne santé. Carlos Tavares a d'ailleurs mis en relief  la forme (relative) de Renault... par rapport à PSA, "en graves dificultés financières, qui a dû faire appel à des socités étrangères pour l'aider à se maintenir à flots"... A bon entendeur.

40% des investissements réalisés en France

Carlos Tavares rappelle d'ailleurs que Renault ne néglige pas les sites français.  "Nous investissons 420 millions d'euros à Douai (futur haut de gamme), 230 millions à Sandouville (futur utilitaire), 300 millions à Cléon (mécanique) et 150 millions à Flins (futures Clio IV et Zoé électrique)". Il assure que Renault "réalise 40% de ses investissements en France". Il n'y a pas de fatalité à la moindre compétitivité des usines hexagonales. Le futur haut de gamme de la firme au losange, qui débutera en 2014 avec le remplacement du monospace Espace, "devrait être rentable à Douai si on travaille bien". Même chose pour le prochain fourgon Traffic à Sandouville.

Douai a d'ailleurs pour objectif de "devenir l'usine la plus compétitive de l'Alliance Renault-Nissan en Europe". Aujourd'hui, le site le plus productif est l'usine Nissan de Suderland, en Grande-Bretagne. Carlos Tavares estime également  que le véhicule électrique, dont la Zoé sera assemblée à Flins, est "une chance pour la France".

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Les activités de production de moteurs ou transmissions et d'assemblage de véhicules ne sont pas le seules. Il y a aussi... la recherche et le développement. "On a intérêt à la développer en France. L'étude des plates-formes, des moteurs, des nouvelles technologies, des véhicules électriques restera en France", souligne le DG. "80% de la valeur ajoutée en recherche et développement est réalisée ici et ce pourcentage demeurera stable".

Alain-Gabriel Verdevoye

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