Les voitures européennes haut de gamme à l'assaut du Brésil

Le constructeur britannique Jaguar Land Rover (JLR) annonce un accord pour ouvrir une usine dans l'État de Rio, avec un potentiel de 24.000 unités par an. Les marques haut de gamme allemandes vont aussi s'installer.
Jaguar Land Rover (ici le 4x4 Range Evoque) va produire au Brésil
Jaguar Land Rover (ici le 4x4 Range Evoque) va produire au Brésil

La Chine doit devenir à court terme le premier marché "premium" du monde, devant les Etats-Unis. Mais le haut de gamme automobile commence à s'imposer, timidement, dans d'autres pays émergents, tel le Brésil. Le constructeur britannique Jaguar Land Rover (JLR) annonce ainsi ce vendredi  la signature d'un accord pour ouvrir une usine de production dans l'État de Rio de Janeiro. 750 millions de reais y seront investis, soit 235 millions d'euros. Le site sera toutefois, au départ, relativement limité, avec un potentiel de 24.000 unités par an.

Sur les dix premiers mois de l'année, les ventes de Jaguar Land Rover (propriété de l'indien Tata) au Brésil ont déjà augmenté de plus de 40% à 9.549 véhicules, malgré les très lourds droits de douane qui frappent les véhicules importés. Le 4x4 de luxe compact Range Rover Evoque, ainsi que les tout-terrains Land Rover Freelander et Discovery sont les produits-phares de la firme au Brésil.

Une implantation est incontournable

Deuxième marché du continent américain derrière les États-Unis, le Brésil est surtout un pays de petites voitures d'entrée de gamme. Les "carros populares" (voitures populaires), fiscalement favorisés, représentent même la moitié environ du marché.

Protégé par des droits de douane, que le gouvernement a d'ailleurs augmentés l'an dernier, le Brésil est en outre essentiellement un marché de véhicules produits localement, ou, dans une faible mesure, importés d'autres pays d'Amérique du sud comme l'Argentine, avec lesquels il existe des accords tarifaires au sein du Mercosur. Une implantation industrielle sur place, avec l'intégration locale la plus forte possible, est donc nécessaire pour avoir des tarifs compétitifs...

Mercedes, Audi, BMW aussi

Mercedes (Daimler) estime que les ventes de voitures de haut de gamme au Brésil devraient tripler d'ici à 2017, à quelque 100 000 unités par an. Un petit potentiel encore, mais prometteur, qui intéresse aussi les constructeurs allemands de haut de gamme. Mercedes a justement annoncé le 1er octobre dernier 170 millions d'investissements pour fabriquer la future berline de gamme moyenne supérieure Classe C et le 4x4 compact GLA à Iracemapolis (Etat de São Paulo) en 2016. Les capacités sont prévues de 20.000 unités par an. 

Audi va investir de son côté 500 millions de reais (170 millions d'euros) afin de produire des A3 compactes dès 2015 et des "SUV" Q3 en 2016 à Sao José dos Pinhais (Etat du Parana), là même où... Renault a son usine. Cette année, la marque "premium" du groupe Volkswagen compte vendre 7.000 voitures au Brésil, importées d'Europe. Avec son usine, il compte porter ses ventes à 30.000 unités par an d'ici à 2017-2018.

Mais c'est BMW qui arrivera avant tout le monde. Le bavarois construit une usine dans l'Etat de Santa Catarina, pour un investissement  supérieur à 200 millions d'euros. Les capacités seront toutefois, là aussi, faibles au démarrage (30.000 véhicules par an). Le début de production est escompté en 2014.

Des voitures valorisantes

De précédentes expériences dans ce pays s'étaient cependant soldées par un échec. Mercedes avait ainsi construit la petite Classe A dans son usine brésilienne de Juiz de Fora dès 1999,  ainsi que le C Coupé Sport compact, devenant le premier constructeur haut de gamme à produire des voitures au Brésil.

Mais, ce projet a capoté, faute d'intégration locale suffisante - les importations de pièces coûtent cher - mais aussi de vrais débouchés pour des véhicules qui, en plus, n'étaient pas du tout adaptés au marché local! Audi avait déjà assemblé également, entre 2000 et 2006, des berlines compactes A3 dans l'Etat du Parana. Ces berlines compactes étaient à l'époque moins valorisantes que celles prévues pour la future production locale. Les "riches" veulent des voitures qui en jettent, pas des véhicules petits ou compacts qui sont trop chers pour ce qu'ils sont, mais pas assez flatteurs pour des véhicules haut de gamme

Les immatriculations de voitures neuves et de véhicules utilitaires légers ont globalement diminué de 2,9 % le mois dernier au Brésil, à 288 546 unités, et de 1,4 % sur onze mois, à 3,24 millions, selon l'Anfavea (Association des constructeurs brésiliens).

 

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Commentaires 4
à écrit le 07/12/2013 à 21:47
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Jaguar Land Rover ce n'est plus européen c'est, si je ne me trompe pas, Tata le propriétaire.

le 08/12/2013 à 2:55
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À Kro Magon: c'est effectivement ce qui est écrit en 2ème ligne du 2ème paragraphe . Attention de ne pas confondre le pays d'origine d'une marque (Land Rover est bien une marque britannique) et la nationalité de l'actionnaire principal ( Tata est bel...

à écrit le 07/12/2013 à 21:23
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Jaguar Land Rover ce n'est plus européen c'est, si je ne me trompe pas, Tata le propriétaire.

à écrit le 07/12/2013 à 11:24
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Citroen a d'ailleurs ouvert un showroom ds world à Sao Paulo

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