En 2024, une navette autonome La Défense-Roissy-Charles de Gaulle ?
Natasa Laporte
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La voiture individuelle, perçue comme plus sécurisante que les transports collectifs grâce à la distanciation sociale qu'elle permet, sera-t-elle la grande gagnante de la crise sanitaire ? Élus et experts analysent les tendances récentes en matière de déplacements quotidiens. Ainsi, à Bègles, « avant même ce deuxième confinement, nous étions à moins de 30 % d'utilisation des transports en commun », relève Clément Rossignol Puech, maire EELV de la ville. En parallèle, « nous assistons à une augmentation très forte de l'usage des vélos et à une stabilisation de l'usage de la voiture ». L'élu, qui est aussi président de Bordeaux Métropole, s'inquiète. « Si cette crise incite les usagers à revenir vers la voiture individuelle, cela signifie, pour les grandes métropoles comme l'agglomération bordelaise, des embouteillages et des enjeux sanitaires liés aux particules fines et à la qualité de l'air ».
De son côté, Nicolas Meilhan, conseiller scientifique chez France Stratégie, note que, si le vélo est en plein boom, c'est principalement parce que les usagers ont délaissé les transports en commun. « Pour l'instant, la voiture individuelle est toujours là », assure-t-il. « Elle va continuer d'occuper une place centrale dans la mobilité tout en poursuivant sa révolution », avance de son côté Jean-Philippe Doyen, président de Sixt France, d'autant que « certains déplacements ne sont faisables qu'en une voiture ». Et pour en limiter un « usage excessif », encore faut-il que les citoyens puissent disposer d'alternatives, telles que les transports en commun... Ce qui n'est pas le cas partout, et certainement pas dans la ruralité.
Ainsi, « parce que c'est plus compliqué et plus coûteux, seuls 10 % des Parisiens utilisent leur voiture. Le bon sens veut qu'ils marchent ou prennent un vélo, un bus ou un métro », souligne Nicolas Meilhan. « Le problème n'est pas dans les villes », martèle-t-il, mais dans des zones où les habitants n'ont pas d'autre choix que celui de la voiture.
Natasa Laporte
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