GM&S : les salariés déminent le site, l'activité reprend lundi

Le tribunal de commerce de Poitiers, chargé d'examiner la situation de GM&S Industry, équipementier automobile en redressement judiciaire, a prolongé la période d'observation en vue d'une reprise jusqu'au 30 juin. Dans l'après-midi, les salariés ont annoncé leur intention de "déminer" leur usine en attendant une évolution positive de la situation.
(Crédits : DR)

[Publié le 24 mai à 11h12, mis à jour à 15h]

Le tribunal qui était chargé de statuer sur la liquidation pure et simple du site de GM&S Industry à La Souterraine (Creuse) ou sur la prolongation du redressement judiciaire prononcé en décembre, a estimé que le renouvellement de la période d'observation peut être justifié pour une courte durée permettant de favoriser la finalisation et l'examen d'une ou plusieurs offres de reprises.

Le tribunal a toutefois posé une condition à ce sursis

"La prolongation n'est envisageable que sous la condition du redémarrage de la production aujourd'hui arrêtée, qui seule permettra de générer les liquidités nécessaires à la marche courante de l'entreprise".

Le tribunal de commerce de Poitiers tiendra une nouvelle audience sur ce dossier le 23 juin.

Un candidat de dernière minute en lice pour la reprise

Concernant la reprise de l'usine creusoise de GM&S, deuxième employeur privé du département avec 283 salariés, entre autres repreneurs potentiels, l'homme d'affaires franco-suisse Jean-Jacques Frey, qui a bâti sa fortune dans l'immobilier commercial, a déposé tout récemment "une lettre d'intention" en vue de la reprise de l'équipementier, a-t-on appris mercredi de source syndicale.

A la sortie du tribunal de commerce mardi soir, l'avocat des salariés du site creusois, Me Jean-Louis Borie, avait évoqué "une lettre d'intention d'un éventuel repreneur, d'une surface financière considérable, qui ne vient pas du secteur automobile, mais prêt à s'associer avec ce secteur". "Reste à voir" quel est le sérieux de son projet, avait déclaré l'avocat.

Jean-Jacques Frey est un entrepreneur franco-suisse qui s'est enrichi dans l'immobilier commercial avant de construire au début des années 2000 un empire viticole dont les quatre fleurons sont le Château La Lagune dans le Bordelais, Corton-André en Bourgogne, le domaine Jaboulet Aîné dans les Côtes-du-Rhône et Billecart-Salmon en Champagne. Cet empire viticole est dirigé par Caroline Frey, oenologue et l'une des trois filles de Jean-Jacques Frey.

Reprise de l'activité lundi

Le groupe stéphanois GMD (Groupe Mécanique Découpage) avait également transmis une lettre d'intention pour GM&S. Ce spécialiste de plasturgie, fonderie, emboutissage, avait déjà manifesté un intérêt en 2014, lors du précédent redressement judiciaire du site, mais l'Italien Gianpiero Colla, sur le papier plus prometteur en terme d'emplois, lui avait été préféré. Le nom de l'emboutisseur Magnetto, filiale basée à Aulnay-sous-Bois de l'Italien CLN Group, a aussi été évoqué.

Dans l'après-midi, les salariés ont annoncé leur intention de "déminer" leur usine, piégée depuis le 11 mai avec des bonbonnes de gaz, et de reprendre le travail lundi, ont indiqué les syndicats à l'issue d'une assemblée générale.

"Les salaries ont décidé en assemblée générale de suspendre le blocage du site et de déminer le site de manière provisoire. Si rien n'avance et qu'il n'y a pas d'offre sérieuse déposée, on remine le site. Lundi l'activité va reprendre", a indiqué Vincent Labrousse, délégué CGT, à des journalistes.

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