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Entreprises & FinanceAutomobile

GM&S est-il définitivement tiré d'affaire après les promesses de Renault et PSA ?

Photo de Nabil Bourassi

Nabil Bourassi

Publié le 23 mai 2017 à 04:30

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Face à la menace des salariés du sous-traitant automobile de faire exploser le site de GM&S dans la Creuse, le gouvernement a réuni les principaux donneurs d'ordres, Renault et PSA, pour qu'ils consentent à sauver l'entreprise. Les efforts consentis par les groupes automobiles ne pourraient néanmoins constituer qu'un "sursis" face aux besoins d'investissements de GM&S.

Les promesses de commandes de PSA et Renault vont-elles sauver GM&S, l'équipementier automobile creusois, acculé au redressement judiciaire? Près de 280 personnes sur le carreau, mais c'est entre 600 et 800 emplois indirects qui seraient concernés selon les élus locaux. Autrement dit, c'est toute la région qui serait frappée par la catastrophe d'une liquidation.

Un dossier très politique

Les actions fortes et violentes des salariés ont jeté une lumière crue sur le devenir du site. Après avoir brisé plusieurs machines-outils, ils ont installé des explosifs sur une colonne d'air pressurisé, hautement inflammable. A quelques semaines des élections législatives, le gouvernement ne pouvait pas envoyer les forces de l'ordre tandis que les constructeurs automobiles ne pouvaient pas risquer une polémique qui les auraient exposés à la surenchère politicienne et à la vindicte de l'opinion publique... Bruno Le Maire, le nouveau ministre de l'Economie a donc passé le week-end à discuter avec Carlos Tavares (PDG de PSA) et Carlos Ghosn (PDG de Renault), pour mettre au point un plan d'urgence. Ces derniers ont donc consenti à revoir à la hausse leurs commandes de pédaliers, carters et éléments de boîte de vitesses.

Renault s'est ainsi engagé à doubler ses commandes de 5 à 10 millions d'euros, tandis que PSA a consenti à les faire passer de 10 à 12 millions d'euros. Sauf que les syndicats jugent que ces 22 millions d'euros ne constituent qu'un sursis pour GM&S. Ils estiment que le carnet de commandes qui permettrait de sauver l'entreprise est d'au moins 40 millions d'euros...

Un "sursis"

"Le compte n'y est pas, et les menaces sur l'avenir de l'entreprise ne sont pas levées", a réagi le délégué CGT de l'usine creusoise, Vincent Labrousse, auprès de l'AFP. Et, de fait, une audience est prévue mardi au tribunal de commerce de Poitiers. Celui-ci doit statuer sur la poursuite de l'activité ou décider la liquidation. L'accord trouvé par Bercy et les constructeurs automobiles pourrait néanmoins encourager le tribunal à poursuivre la recherche d'un repreneur. Vincent Labrousse reconnaît que ces commandes « confirment que les constructeurs continuent de travailler avec nous, ce qui est de nature à rassurer les éventuels repreneurs ».

Chez PSA, on indique ne pas avoir attendu l'intervention des pouvoirs publics pour aider GM&S. Le groupe automobile a expliqué que Carlos Tavares a reçu il y a quelques mois les dirigeants de la petite PME afin de trouver une solution. « Nous avons facilité la trésorerie en payant nos commandes comptant, nous avons accepté d'augmenter les prix... », explique-t-on en interne. « En retour, nous avons rencontré de nombreux problèmes d'approvisionnement et de retard de livraisons », déplore le constructeur aux quatre marques (Peugeot, Citroën, DS et Opel). Autrement dit, GM&S ne pourra pas faire l'économie d'un ambitieux plan d'investissements. Il devra d'une part moderniser son outil industriel, mais également ses process internes de logistique afin de se mettre à niveau des grands comptes qui sont de plus en plus exigeants et disposent de systèmes d'approvisionnement de plus en plus sophistiqués. Une stratégie R&D sera également nécessaire pour monter en gamme dans les produits proposés.

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Le manque d'actionnaires solides

Le malheur de GM&S est d'avoir été baladé de repreneur en repreneur sans qu'aucun n'engage justement les investissements nécessaires à la modernisation du site. En l'espace de dix ans, le sous-traitant automobile installé dans la commune de La Souterraine a changé dix fois de propriétaire. En 2011, le Fonds de modernisation des équipementiers automobiles, un fonds public, avait tenté de soutenir Altia, l'actionnaire de GM&S... En vain !

Aujourd'hui, deux repreneurs se sont manifestés : GMD et Magneto. La région Nouvelle Aquitaine a indiqué qu'il était prêt à allouer une enveloppe de 1,16 million d'euros pour aider à renflouer l'entreprise. Le tribunal de commerce statuera donc demain sur la viabilité des plans de reprise de GM&S.

Nabil Bourassi

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