Gazole non routier: la FNTP impatiente de connaître l'avenir du dispositif fiscal

Travaux publics
iStock

Travaux publics
iStock
Avec le président de la Fédération française du bâtiment (FFB) Jacques Chanut, le patron de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) Bruno Cavagné devait rencontrer le mardi 4 juin à 18h15 le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire. Objet de la réunion: l'avenir du dispositif fiscal sur le gazole non routier (GNR), principal carburant des engins de chantier du BTP.
Au dernier moment toutefois, le locataire de Bercy a reporté le rendez-vous sans fixer de nouvelle date.
Au lendemain de l'acte III des ''Gilets jaunes'' en décembre 2018, le Premier ministre s'était en effet engagé à suspendre, pour l'ensemble de l'année 2019, la mesure du projet de loi de finances initialement censée supprimer ce dispositif fiscal. Dans le même temps, le gouvernement réfléchirait depuis quelques mois à plafonner cet avantage.
Le dispositif fiscal sur le gazole non routier date de 1966 et a été renforcé en 2009 à la suite d'une directive européenne. "C'est un gasoil moins soufré [contenant moins de soufre, Ndlr] et qui est donc moins polluant que les autres", insiste Bruno Cavagné. "Aussi, quand on nous explique aujourd'hui que nous devons être plus écologistes, ça nous fait un peu sourire."
Le président de la fédération nationale des travaux publics a en outre réalisé ses propres estimations sur la conversion environnementale du matériel. Sur les 30.000 engins de chantier en France, il n'existerait pas d'alternative pour 20.000 d'entre eux et seuls 10.000 de petite taille pourraient fonctionner avec de l'électricité. "Les seuls qui existent coûtent 25%, 50% voire 100% plus cher !", martèle-t-il. "Laissez-nous du temps pour accélérer."
En réalité, Bruno Cavagné redoute un manque à gagner estimé à 700 millions d'euros pour l'ensemble des entreprises du secteur. "Cette somme représente la totalité des bénéfices de nos adhérents. C'est donc une question de survie pour nos entreprises dont 80% des TPE-PME !" s'exclame encore le président de la FNTP.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

"Ce ne sont pas des menaces, mais j'avertis", nuance aussitôt Bruno Cavagné. "Étalons toute décision et trouvons ensemble des mesures de compensation."
À lire également
En attendant un futur rendez-vous avec le gouvernement, le patron de la fédération des travaux publics a l'œil rivé sur le projet de loi d'orientation des mobilités, en cours d'examen à l'Assemblée nationale. Car, là encore, il redoute un trou de 500 millions d'euros pour financer les infrastructures de demain.
Souveraineté alimentaire et sanitaire : l'État va entrer au capital de l'industriel Eurolysine, menacé par la concurrence chinoise
Engie va supprimer environ 1 000 postes dans ses fonctions support d’ici à 2028
Nucléaire : le Blayais finalise son dossier pour accueillir les réacteurs nouvelle génération
Industrie, mobilités, logements, géothermie : la nouvelle offensive verte de l’Occitanie