L'immobilier ancien atteint de nouveaux records en Ile-de-France
César Armand

Photo d'illustration
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Certains arrondissements s'arrachent déjà à des montants (bien) supérieurs, mais la barre symbolique des 10.000 euros du mètre carré a été dépassée en août à Paris intra-muros, ont annoncé les notaires du Grand Paris ce 5 septembre 2019. Quid des 11.800 euros évoqués par la proptech Hosman, se fondant sur les annonces des sites professionnels ? "Ils auront certainement raison un jour, mais nous ne sommes pas devins."
Cela cache toutefois des disparités : Porte La Chapelle se vend 7.470 euros du m² alors qu'à l'extrême inverse, il faut 17.040 euros à Odéon. C'est d'ailleurs dans ce quartier que la hausse a été la plus spectaculaire en cinq ans : + 35,1%, suivi de près par celui de l'hôpital Saint-Louis (Xe), situé entre le canal Saint-Martin et la place Colonel-Fabien, avec +31,9%.
La petite couronne profite de cette situation, avec +9% de volumes entre mai-juin-juillet-août 2018 et la même période en 2019. Le prix moyen "approche les 5.000 euros", à l'exception notable de Neuilly-sur-Seine à 10.000 euros du m². "Elle a toujours été en légère avance (sur Paris, Ndlr) du fait du caractère restreint et homogène de son marché", explique Marc Friedrich, notaire à Levallois, deuxième ville la plus chère d'Ile-de-France avec 8.050 euros.
Les bonnes affaires se font effet en grande couronne, avec un prix moyen de 3.000 euros le mètre carré. "Les prix restent sages", commente Thierry Delesalle, notaire à Paris. Le volume de transactions vient le confirmer. Il s'y est vendu en un an 37.050 appartements, contre 36.530 à Paris à la même période. Le nombre de maisons vendues a, lui aussi, crû de 11%.
Les acquisitions y sont tirées par l'Essonne et la Seine-et-Marne, quelle que soit la typologie du logement, mais l'effet du Grand Paris Express reste à confirmer, tant il sera quasi-absent du Val-d'Oise et encore plus de la Seine-et-Marne.
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Le super-métro desservira surtout les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis (+14% par rapport au deuxième trimestre 2018) et le Val-de-Marne. "Autour des gares, les prix ont bien monté", résume, lapidaire, Marc Friedrich. "Le Grand Paris a eu un effet psychologique." A Champigny-sur-Marne, emplacement d'une future interconnexion avec le réseau existant, les prix ont par exemple augmenté de 3,4% à 3.160 euros.
Les juristes regardent, avec confiance, cette dynamique. "La pierre demeure le placement-roi en l'absence de placement alternatif", assure ainsi Maître Delesalle. "La réforme des retraites qui peut inquiéter les Français peut être un accélérateur de décisions." Cette dernière risque toutefois de "déséquilibrer encore un peu plus le marché".
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L'effet Brexit est, lui, trop tôt pour être mesuré. La baisse de la livre, couplée à une taxe à l'acquisition de 12% sur les biens supérieurs à 1 million de pounds et d'une autre de 15% sur les résidences secondaires, a fait baisser le prix du m² londonien de 40 à 50%. "Les Français qui reviendront passeront par la phase locative ici avant de pouvoir revendre là-bas", considère Thierry Delesalle.
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