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Entreprises & FinanceChimie & Pharmacie

Tuberculose : des tests chers, non fiables... et dangereux !

latribune.fr avec l'AFP

Publié le 20 juillet 2011 à 12:57 - Mis à jour le 20 juillet 2011 à 13:06

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L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé mercredi à interdire des tests sanguins pour la tuberculose qu'elle juge non fiables et qui mettent en danger la santé des patients. Ces tests sont chers, fabriqués dans pays industrialisés et vendu dans les pays en voie de développement car ils n'ont pas été validés dans les pays riches.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a demandé ce mercredi l'arrêt immédiat de certains tests sanguins pour détecter la tuberculose dans un communiqué et une étude publiés sur son site. Ces "tests conduisent à de faux diagnostics" et "constituent une perte de temps et de ressources", a indiqué Mario Raviglione, directeur du département Stop TB à l'OMS. "Nous appelons les gouvernements à interdire l'usage de ces tests", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

Quelque 2 millions de ces tests, qui analysent les anticorps et les antigènes contenus dans le sang, sont utilisés chaque année et environ la moitié d'entre eux pourrait produire de faux résultats, a souligné Karin Weyer, qui travaille au même département de l'OMS. Selon cette dernière, les sociétés qui continuent à commercialiser ces tests vendraient en connaissance de cause des produits défectueux. L'OMS ignore cependant combien de personnes sont décédées en raison de ces tests non fiables, utilisés depuis les années 1990, a précisé Karin Weyer.

Ces outils de diagnostic sont majoritairement fabriqués dans les pays industrialisés, notamment en Australie, au Royaume Uni, au Canada, en France, en Allemagne, en Italie et aux Etats-Unis, mais également dans les grandes économies émergeantes comme la Chine ou l'Inde.

Une liste publiée par l'OMS cite le laboratoire américain Mossman Associates, le groupe français Anda Biologicals et le Britannique Omega Diagnostics.

L'Organisation mondiale de la santé alerte et demande l'interdiction de l'utilisation de certains tests de dépistages de la tuberculose. Ces tests "coûtent aux pauvres et aux vulnérables entre 10 à 30 dollars (7 à 21 euros). Et la plupart du temps, les résultats sont faux", a insisté Mario Raviglione, ajoutant que des diagnostics plus fiables coûtant entre 16 et 28 dollars donnent des résultats plus fiables.

Une des raisons pour lesquelles ces tests non fiables sont vendus, selon Karin Weyer, est le manque de régulation dans ce secteur. "Il s'agit d'un marché qui rapporte plusieurs millions de dollars en vendant des tests de qualité inférieure aux résultats non fiables. Le marché pour ces produits n'est pas en Europe ou aux Etats-Unis, mais dans les pays en développement", a-t-elle souligné.

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Selon l'organisation, 9,4 millions de nouveaux cas actifs de tuberculose sont détectés et 1,7 million de personnes décèdent chaque année de cette maladie. Les tests de détection ont été exportés par des entreprises occidentales dans les pays en voie de développement car ils n'ont pas été validés dans les pays riches, dit l'OMS.

L'agence des Nations unies préconise de se fier uniquement aux tests moléculaires ou microbiologiques. "Des preuves accablantes montrent que les tests sanguins ont produit des résultats erronés dans des proportions inacceptables", écrit l'OMS après un an d'analyses.

Les études montrent que la moitié des tests sanguins au moins trouvent la tuberculose chez des patients qui ne l'ont pas, ou vice-versa. "Ils mettent donc la vie des patients en danger", a dit le responsable de la prévention contre la tuberculose à l'OMS, Mario Raviglione.

Au moins deux millions de tests sont menés chaque année dans 17 pays pauvres, dont la Chine et l'Inde, et presque exclusivement dans le secteur privé ou semi-privé, dit l'OMS. "C'est un marché de plusieurs millions de dollars", note Karin Weyer, spécialiste de la tuberculose à l'OMS. Il y a au moins 18 tests sanguins différents sur le marché. La plupart sont fabriqués en Europe et en Amérique du Nord, y compris en France. La tuberculose tue 1,7 million de personnes chaque année dans le monde.

latribune.fr avec l'AFP

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