Yoshinori Ohsumi a reçu le premier des prix remis par l'académie suédoise cette année. Ce biologiste japonais s'est vu attribuer le prix Nobel de médecine 2016, lundi 3 octobre, pour ses découvertes sur les mécanismes de l'autophagie.
Il s'agit du "processus fondamental de dégradation et de recyclage des composants de la cellule". Comme l'explique l'académie les "découvertes d'Ohsumi ont conduit à un nouveau paradigme dans notre compréhension de la manière dont la cellule recycle son contenu". Et notamment "la compréhension de l'importance fondamentale de l'autophagie dans de nombreux processus physiologiques tels que l'adaptation à la privation de nourriture ou la réponse à une infection".
En clair, ce système de dégradation intracellulaire est, lorsqu'il est déréglé, lié à des maladies infectieuses, à des neurodégénérescences ou encore au cancer. Par exemple, l'autophagie favorise le développement tumoral, comme l'explique l'institut Curie, et empêcherait donc l'action de certaines chimiothérapie pour les femmes atteintes de cancer du sein.
Ce prix décerné à Yoshinori Ohsumi n'est pas une surprise. D'une part parce qu'il avait obtenu le prix Gairdner quelques mois plus tôt. Très régulièrement, celui qui remporte cette haute distinction en médecine remporte ensuite le prix Nobel.
D'autre part, comme le montre un graphique publié par le compte Twitter de l'Académie suédoise, l'autophagie est un champ biomédical suscitant un intérêt grandissant dans le monde de la recherche. Elle a donné lieu à près de 4.500 publications scientifiques, trois fois plus qu'en 2010.
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Yoshinori Ohsumi intéresse également les laboratoires pharmaceutiques. Il faut dire que ses recherches touchent des domaines thérapeutiques dans lesquels les laboratoires pharmaceutiques investissent massivement.
Ainsi, le chercheur japonais a obtenu en juin le Dr. Paul Janssen Award 2016, un prix décerné par la société pharmaceutique américaine Johnson & Johnson pour les mêmes travaux. "Les découvertes du docteur Yoshinori Ohsumi tiennent leurs promesses pour une meilleure compréhension et de meilleurs traitements de nombreuses maladie, et une prévention améliorée de ces dernières", explique Paul Stoffels, directeur scientifique du géant pharmaceutique américain.
Né en 1945, Yoshinori Ohsumi est le 6e japonais à se voir remettre le prix Nobel de médecine. Il s'est orienté vers la biologie moléculaire lors de son entrée à l'université en 1963.
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Travaillant sur la réplication de l'ADN dans les années 1970, il décide de plancher sur l'autophagie après avoir été nommé professeur agrégé au Collège des Arts et des Sciences de l'Université de Tokyo en 1988 et avoir ouvert son propre laboratoire. Il découvre quinze gènes essentiels dans le processus de l'autophagie après avoir étudié des milliers de levures mutantes. En 2009, il approfondit ses recherches pour démontrer la pertinence physiologiques de l'autophagie.
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