Le transport médical tire la sonnette d'alarme sur ses difficultés financières alors que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) - bien que pour l'heure rejeté - prévoyait de leur imposer des économies. Une rencontre a lieu entre les ambulanciers et l'Assurance maladie, ce mercredi.C'est une discussion qui s'annonce compliquée entre l'Assurance maladie et les ambulanciers qui se rencontrent, ce mercredi. La première cherche à faire des économies, alors que son déficit dépasse les 18 milliards d'euros en 2024. De leur côté, les seconds s'agacent des coupes prévues dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), rejeté depuis. L'objectif du gouvernement était de contraindre taxis et transporteurs sanitaires à se mettre autour de la table avec l'Assurance maladie afin de réaliser 300 millions d'euros d'économies, sous peine de leur imposer une baisse des tarifs.
Et pour cause, selon le PLFSS 2025, « les dépenses de transports de patients (ambulances et véhicules sanitaires légers) et de transports en taxis conventionnés ont atteint leur plus haut niveau historique en 2023 avec 6,3 milliards d'euros remboursés par l'Assurance maladie, soit une croissance de +9% en une année. Parallèlement, les dépenses moyennes par trajet ont augmenté pour les ambulances (115 euros en 2023) ».
L'abandon du PLFSS 2025 ne rassure pas spécialement les ambulanciers qui rencontrent l'Assurance maladie ce mercredi. Au menu : la prise en charge des patients dans le cadre des urgences hospitalières. Et le dossier est brûlant, car les ambulanciers se disent dans le rouge financièrement.
85 euros l'heure pour l'équilibre financier
«Il y a un décalage entre la réalité du terrain et celle de l'Assurance maladie», constate Dominique Hunault, président de la Chambre nationale des services d'ambulances (CNSA).
L'Association demande une hausse du complément au revenu minimal garanti versé à l'entreprise dans le cas où cette dernière n'a pas suffisamment de gains pour se maintenir à flot. Aujourd'hui, il est de 64 euros par heure. « Il faudrait 85 euros de l'heure pour équilibrer les choses. Actuellement, 70% de nos entreprises sont payées par ce revenu minimal garanti uniquement », estime Dominique Hunault, avant d'avouer : « On finance le transport d'urgence par l'activité de transport non urgente et on prend sur nos fonds propres ».