Une revue médicale s'attaque aux prix "inacceptables" des vaccins de Pfizer et GSK

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Le Prevnar est le produit de Pfizer le plus vendu. Ce vaccin a généré plus de 6 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2015.
Le Prevnar est le produit de Pfizer le plus vendu. Ce vaccin a généré plus de 6 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2015. (Crédits : REUTERS/Eric Gaillard)
La Revue médicale britannique fustige les prix des vaccins contre la pneumonie des laboratoires américain et britannique, alors que près d'un million d'enfants meurent chaque année faute d'être immunisés contre cette inflammation microbienne. Sous pression, les labos pharmaceutiques ont fait quelques concessions ces dernières semaines.

Les industries pharmaceutiques ont l'habitude s'essuyer des critiques des ONG sur les prix de leurs traitements. Mais une prise de position radicale d'une revue médicale à portée internationale sur ces sujets-là est un fait plus rare. Fin novembre, la Revue médicale britannique (BMJ) a publié un édito incendiaire contre Pfizer et GSK. Les auteurs, Els Torreele, directeur de l'accès à l'innovation et aux médicaments au sein de l'Open Society Foundations (un réseau de fondation créé par le milliardaire George Soros), et Mariana Mazzucato, professeur en économie de l'innovation au sein de l'université du Sussex, dénoncent les pratiques de prix sur les vaccins. Et ils ne mâchent pas leurs mots, évoquant "la marchandisation inacceptable des vies humaines par les compagnies pharmaceutiques qui utilisent le monopole des prix pour déterminer qui vit et qui meurt".

L'éditorial de la BMJ s'en prend notamment aux prix des vaccins contre la pneumonie fabriqués par GSK et Pfizer. La fabrication à l'unité "coûte moins d'un dollar", selon les auteurs, alors que chaque dose peut être vendue "120 à 160 dollars" dans les pays riches

Or, la pneumonie tue plus de 900.000 enfants chaque année. Selon le BMJ, seuls 37% des enfants dans le monde sont immunisés contre cette inflammation microbienne, en raison notamment des difficultés pour les pays pauvres d'accéder à ces vaccins.

Pour le BMJ, les acteurs de la santé ne doivent pas continuer à s'appuyer "sur des actes de charité aléatoires".  Une façon de saluer le refus de Médecins sans frontières d'accepter une donation d'un million de vaccins offerts par Pfizer, en octobre. L'ONG estimait que ce type de donation est une excuse pour que le géant pharmaceutique américain maintienne ses prix élevés ou les augmente ailleurs. Et ce, alors que GSK et Pfizer ont "déjà gagné des milliards de dollars avec ce vaccin dans les pays développés".

Les labos pharmaceutiques font quelques concessions

Pressés par les ONG, les deux laboratoires pharmaceutiques ont toutefois fait quelques  concessions ces derniers mois. GSK a accepté en avril de baisser à 9 dollars le prix à l'unité de son vaccin Synflorix (qui a généré environ 420 millions d'euros en 2015) pour les enfants dans les pays les plus pauvres. En septembre, le laboratoire britannique a fait un nouveau geste, s'engageant à fournir des doses à 3,05 dollars à des ONG.

Pfizer quant à lui, a assuré début novembre qu'il travaille avec "un éventail de partenaires locaux et mondiaux, des gouvernements, des professionnels de santé, des organisations de la société civile pour répondre aux besoins médicaux les plus urgents". Il promet pour 2017 d'"étendre son programme humanitaire pour permettre un accès plus large au Prevnar" à "un prix de 3,10 dollars" (ce vaccin de Pfizer génère plus de 6 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel). Et malgré le refus de Médecins sans frontières, il compte reproposer des donations de vaccins aux associations humanitaires.

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