La Bourse salue le rachat de British Energy par EDF et Centrica

C'est officiel, EDF va racheter l'opérateur nucléaire britannique British Energy pour 15,6 milliards d'euros. L'électricien français est également en discussion pour céder ensuite 25% du capital de sa nouvelle entité au groupe énergétique Centrica. Les marchés saluent ce rachat, le titre EDF a gagné 3,21% à la Bourse de Paris.

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Le groupe français est sur tous les fronts.

EDF va mettre la main sur British Energy (BE), avec l'aide de Centrica. Le conseil d'administration de l'opérateur nucléaire britannique a officiellement accepté ce mercredi une nouvelle offre de l'électricien français. Ce dernier a confirmé ce matin son offre à 774 pence par action, valorisant BE à 15,6 milliards d'euros. L'électricien propose de racheter le britannique soit tout en numéraire, soit en partie en numéraire et en partie en titres.

Le groupe énergétique britannique Centrica a indiqué qu'il était en discussions avec le français pour prendre 25% de la nouvelle entité EDF/BE.

A la Bourse de Paris, le titre a bondi de 3,21% à 51,76 euros.(Retrouvez le communiqué d'EDF sur la nouvelle offre d'acquisition de British Energy en cliquant ci-contre à droite dans la rubrique : "pour aller plus loin").

Après cette annonce, Fitch envisage d'abaisser la note de la dette à long terme d'EDF, actuellement notée AA-. L'agence de notation estime que le prix payé par le groupe pourrait mulitplier par 2,5 le montant de son endettement. La note de la dette à long terme de BE pourrait au contraire être revue à la hausse.

L'électricien lorgnait depuis quelque temps l'opérateur britannique de centrales nucléaires mais sa dernière proposition avait été rejetée par certains grands actionnaires du groupe anglais. EDF n'avait pas dévoilé le prix de sa précédente offre mais elle aurait été de 765 pence par action soit un total de 12 milliards de livres près de 15,5 milliards d'euros.

Une offre relevée à 774 pence

Depuis, les discussions ont repris entre le repreneur potentiel et sa cible, les autorités britanniques soutenant un tel mariage. Restait à s'entendre sur le prix. Le P-DG d'EDF, Pierre Gadonneix, avait déclaré le 16 septembre vouloir assurément jouer un rôle sur le marché britannique du nucléaire mais pas à "n'importe quel prix", sous entendu pour prendre le contrôle de British Energy. Pour l'emporter, le français a finalement relevé son offre à 774 pence par action.

Une offre alternative est également proposée par EDF. Celle-ci comprend une part en numéraire de 700 pence par action ainsi que des CVR (certificats de valeurs garantie), qui correspondent au versement pendant dix ans de différents revenus aux porteurs de ces titres. Ces sommes seraient liées aux volumes de production d'électricité de l'entité EDF/BE et aux prix de l'électricité sur le marché britannique.

Invesco, l'un des deux principaux actionnaires de British Energy (15% du capital) après l'Etat britannique, a accepté cette nouvelle offre après s'être opposé à celle de juillet, selon un communiqué d'EDF. Quant à Londres, qui se montre favorable à une reprise de BE par EDF Energy depuis le début du projet, il a accueillit favorablement l'offre du français et son plan d'investissement.

Quatre nouveaux réacteurs EPR au Royaume-Uni

Lors d'une conférence de presse, Pierre Gadonneix a estimé que "le Royaume-Uni est le pays d'Europe où vont se construire le plus grand nombre de centrales d'ici 2025". Dans cette configuration, EDF a un avantage certain, étant le plus grand opérateur nucléaire au monde.

Le PDG du groupe a déclaré qu'EDF compte construire quatre réacteurs EPR en Grande-Bretagne avec une première mise en service prévue pour 2017, confirmant ainsi une information dévoilée par Londres. Outre Centrica, avec qui il est déjà en discussions, EDF n'exclut pas d'accueillir des "partenaires" dans le développement de ces réacteurs.

Le même scénario se dessine aux Etats-Unis

Le rachat de BE n'a "pas épuisé les capacités à mener de nouvelles opérations d'acquisition" d'EDF. L'électricien est effectivement très présent dans l'actualité avec le dossier du groupe énergétique américain Constellation Energy, dont il possède 9,51% du capital.

Le français a fait une proposition de rachat au groupe la semaine dernière. Mais Constellation a finalement choisi vendredi dernier d'être racheté par le milliardaire américain Warren Buffet pour 4,7 milliards de dollars et non par un consortium mené par EDF, qui était pourtant d'un montant supérieur. Le groupe s'est dit prêt à discuter avec d'autres partenaires que Constellation aux Etats-Unis. Il a affirmé que certains groupes se sont manifestés.

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