Fukushima : l'opérateur présente son plan de "sortie de crise"

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Pour la première fois, l'opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima a présenté un calendrier des opérations. Trois mois seront nécessaires pour stabiliser le niveau des radiations et six à neuf mois de plus permettront de réduire les fuites radioactives. Le chantier s'annonce aussi complexe que long. Et la facture finale pour l'opérateur pourrait s'élever jusqu'à 130 milliards de dollars.

Pour la première fois depuis le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars qui ont ravagé la centrale nucléaire de Fukushima, Tepco, l'opérateur de la centrale, a présenté dimanche un calendrier de "sortie de crise" sous la pression de l'opinion publique. Le président du conseil d'administration de Tepco a ainsi annoncé que trois mois seront nécessaires pour "stabiliser" le niveau des radiations grâce à la mise en place d'un système parallèle de refroidissement des réacteurs. La remise en service des installations existantes semble donc abandonnée.
Entre six et neuf mois seront ensuite nécessaires pour réduire à un niveau suffisamment faible les fuites radioactives. La suite du programme n'a pas été dévoilée, sans doute par prudence tant Tepco s'est montré jusqu'ici peu précis dans ses déclarations et des précisions sur l'avancée des travaux de secours. Les incidents imprévisibles qui se sont succédé ces dernières semaines laissent à penser que ce calendrier pourrait être fortement allongé. Mais le message que souhaite délivrer Tepco est clair : il reprend le contrôle de la situation.


Tepco annonce également ses deux priorités : prévenir de nouvelles explosions dans les réacteurs et stopper les fuites d'eau fortement radioactives du réacteur numéro deux, sans préciser comment il compte s'y prendre (l'origine de la fuite n'est toujours pas connue ou divulguée). Cette bataille de l'eau contaminée s'avère donc extrêmement difficile à mener et les analyses dans le sol du site indiquent des taux de contamination de plus en plus élevés.


Pour l'heure, quelque 60.000 tonnes d'eau hautement radioactive empêchent les techniciens d'accéder aux bâtiments pour rétablir l'alimentation électrique. La décontamination de cette eau commencera en juin. L'opérateur s'est engagé à la stocker dans des cuves, des barges et une plateforme maritime afin d'éviter de nouveaux rejets dans l'océan Pacifique qui avait scandalisé les pays voisins, notamment la Chine. Jour après jour, Tepco prend la mesure des énormes difficultés qui l'attendent et bien souvent, l'inadéquation des premières solutions apportées.
La facture pour le groupe risque d'être particulièrement lourde. JP Morgan a estimé dans une note que Tepco (qui fournit environ un tiers de l'électricité du Japon) pourrait faire face à des pertes de l'ordre de 24 milliards de dollars en travaux et compensations sur la prochaine année fiscale qui débute en avril. Et Bank of America souligne que la facture finale pourrait s'élever jusqu'à 130 milliards de dollars si la crise devait perdurer. Rappelons que le groupe est déjà endetté, avant la catastrophe, à hauteur de 91 milliards de dollars et que le groupe a levé depuis 24 milliards de dettes bancaires. Tepco s'apprête à céder des actifs stratégiques et l'Etat pourrait bien venir à son aide.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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