Gaz russe de Shtokman : Gazprom met la pression sur Total et Statoil

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Sur ce projet techniquement et financièrement risqué, le russe Gazprom demande à ses partenaires français et norvégien de confirmer leur engagement.

La décision sera prise avant le 31 décembre, a annoncé jeudi le patron de Gazprom Alexeï Miller. Selon une source au sein du groupe, c'est ce lundi que sous la pression du Kremlin, qui veut voir la production démarrer en 2016, Gazprom, Total et Statoil doivent se réunir pour décider de lancer la première tranche du projet (soit 15 milliards de dollars d'investissements) et choisir notamment le mode de transport, par méthanier et/ou par gazoduc.

Une source dans l'industrie gazière indique que Total et Statoil seraient contraints de verser à Gazprom une « prime » globale de 1,5 milliard de dollars s'ils signent pour la première tranche. Ou bien de quitter le projet et se voir rembourser leurs investissements.

À l'issue de deux décennies pendant lesquelles Gazprom a proposé jusqu'à 49 % du projet aux majors internationales, Total est entré dans le projet Shtokman en 2007 à hauteur de 25 %. Le norvégien Statoil y a pris une part de 24 %. Le gaz de Shotkman, situé en mer de Barents, à 550 kilomètres au nord des côtes russes, est entièrement destiné à être exporté. Découvert en 1988, le gisement contient environ 3.900 milliards de mètres cubes de gaz, de quoi approvisionner la terre entière pendant un an.

Mais, en réduisant la demande pour le gaz russe, la nouvelle concurrence du gaz de schiste, ajoutée à la crise économique, a remis en question la pertinence économique de Shtokman.

Par ailleurs, le souhait des investisseurs d'obtenir du gouvernement russe un allégement fiscal contribue à ralentir l'avancée du dossier. De passage à Moscou en novembre, François Fillon s'est joint aux groupes gaziers pour réclamer une exemption de la taxe d'extraction et d'exportation. En réponse, le ministre de l'Énergie, Sergueï Chmatko, s'est contenté le 7 décembre d'évoquer « des allégements ».

Dernier point noir de ce gisement : sa dangerosité. En raison de la présence d'icebergs gigantesques dérivant dans la zone de Shtokman, la plate-forme d'exploitation devra être rapidement déplaçable pour éviter des collisions. Or, au cours des dernières semaines, deux graves incidents ont montré que Gazprom était loin de maîtriser l'offshore. Sa première plateforme brise-glace, « Prirazlomnaia a été endommagée fin novembre par une tempête. Et surtout, une autre plateforme de Gazprom, « Kolskaia », a sombré le 18 décembre en mer d'Okhotsk, faisant 50 morts et portés disparus. Il faudra davantage que des abattements fiscaux pour redonner confiance aux investisseurs.

Projet avec Novatek

D'ailleurs, Total démarre en parallèle avec Novatek, un concurrent russe de Gazprom, un projet de GNL (gaz naturel liquéfié) très prometteur dans la région de Yamal. Novatek, dont le français a acquis 12 % avec une option à 19,4 %, possède aussi l'avantage d'avoir à son capital l'homme d'affaires Guennadi Timtchenko, réputé très proche de Vladimir Poutine. Ce dernier a menacé cette année de priver Gazprom de son monopole sur les exportations de gaz, ce qui permettrait à Total d'exporter via son projet avec Novatek.

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Commentaires
a écrit le 26/12/2011 à 14:19 :
Je ne vois pas très bien ce que viennent faire les 50 morts, car ce qui intéresse Total, c'est le fric et rien d'autres...comme le précise d'ailleurs la fin de l'article.

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