Engie au CES de Las Vegas : les startups d'abord

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L'énergéticien français sera exposant au CES 2018 pour la troisième fois
L'énergéticien français sera exposant au CES 2018 pour la troisième fois (Crédits : Benoit Tessier)
Adepte du grand show de l'électronique grand public de Las Vegas depuis dix ans, l’énergéticien français y participe pour la troisième année en tant qu’exposant. Le directeur de l’innovation et le responsable de l’activité smart city, l’un des thèmes phares de l’année, exposent à la Tribune ce que le CES représente pour eux.

Pourquoi un grand groupe tel qu'Engie s'invite-t-il à la fête mondiale de l'innovation ? « Au fil des années, le concept du CES a évolué du pur BtoC vers le BtoB, tandis que dans le même temps, on observait un essor des startups sans précédent », explique Stéphane Quéré, directeur de l'innovation d'Engie. C'est pourquoi depuis 2016 le groupe participe au CES, avec un parti-pris : mettre en avant les startups. C'est d'ailleurs au sein de l'Eureka Park, le lieu qui leur est réservé, qu'on trouve son stand, accueillant une trentaine de personnes, y compris les startups et les partenaires. Parmi ces derniers, les groupes Michelin et Axa, ainsi que trois incubateurs (celui de l'école Polytechnique ainsi que les hollandais Rockstart et International School Delft), chacun accompagné d'une startup de son choix.

Repérer de nouvelles startups et soigner sa visibilité

« Notre stratégie a toujours consisté à mettre en avant les startups, reconnaît Stéphane Quéré. Jusqu'à présent il s'agissait de celles dans lesquelles nous avions investi, et cette année, de celles avec lesquelles nous travaillons dans le cadre d'appels à projets. »

Au fil des années,  Engie est entré au capital de 15 startups, et a noué 45 deals dans le cadre de 70 appels à projets. De trois startups en 2016, le groupe en emmène 14 cette année, et présentera pas moins de 27 solutions.

Favoriser le développement de celles qui appartiennent déjà à l'écosystème d'Engie, via les rencontres voire les contrats susceptibles d'être noués sur le salon, est l'un des objectifs de sa participation au CES. Mais, largement aussi important, il s'agit aussi de soigner sa propre visibilité « afin d'être dans le « top of mind » de startups qui pourraient travailler avec nous,  et de repérer de nouvelles jeunes pousses »  précise Stéphane Quéré. C'est pourquoi six personnes d'Engie issues de la recherche, du digital, du bâtiment connecté, des collectivités et du « Business to consumer » arpenteront les allées pour faire de la veille.

Pour la première fois, un espace dédié à la smart city

« L'innovation ne se fait pas seulement au niveau technologique, mais l'innovation technologique est clef et foisonnante, reconnaît pour sa part Olivier Biancarelli, directeur « Solutions décentralisées pour les villes et les territoires ». C'est pourquoi il est important d'être au CES, afin de rester « branché » à l'écosystème des innovateurs dont nous faisons partie intégrante. »

Engie, qui s'est positionné depuis deux ans sur ce marché, ne pouvait passer à côté du focus smart city choisi cette année par les organisateurs, qui y dédient pour la première fois un espace spécifique. Olivier Biancarelli « préfère parler de « better city today » car les solutions pour les villes existent concrètement et nous les déployons sur le terrain

« Engie illustre parfaitement comment un énergéticien est passé en deux ans en phase industrielle sur le sujet de la smart city et, plus généralement, des solutions pour les territoires, affirme Olivier Biancarelli. À ma connaissance, nous sommes la seule entreprise de notre taille à avoir créé une organisation mondiale dédiée aux offres pour les villes et les territoires.»

« C'est ce que nous appelons le « BtoT » (business to territories) ; c'est un signal fort. Grâce à une ingénierie habituée à élaborer des réponses systémiques à des problèmes complexes, nous sommes à même de proposer des offres intégrées et sur mesure, que ce soit pour des villes, des campus universitaires, les aéroports, etc. »

Le groupe aura dépassé fin 2018 l'objectif de 40% de croissance sur ce marché en trois ans qu'il s'était fixé.

Rencontres avec d'autres groupes étrangers...et des élus français

Mais les startups ne sont pas les seuls centres d'intérêt du groupe.

« Nous avons besoin d'être en contact avec tous ceux, petits et grands, qui participent activement à la construction de la ville et des territoires », affirme Monsieur Smart City.

Inversement, de nombreux acteurs ont également demandé à rencontrer des représentants d'Engie et de multiples rendez-vous ont d'ores et déjà été fixés, notamment avec d'autres grands groupes.

« Des groupes comme Huawei, par exemple, sont des interlocuteurs intéressants, reconnaît Olivier Biancarelli. Ils ont beaucoup évolué sur le sujet de la smart city. Et eux sont intéressés par les liens anciens que nous avons avec les collectivités, en Europe notamment, mais pas seulement. »

Plus étonnant, le CES semble l'endroit idoine pour rencontrer des collectivités locales du monde entier mais aussi...des élus français ! La Région Sud (nouveau nom de PACA), qui sera présente en force, figure également au carnet de bal d'Engie.

« L'intérêt du CES c'est que cela brasse des visiteurs du monde entier, aussi bien des Coréens et des Chinois, que des élus locaux de régions françaises ou d'autres grands groupes, français comme étrangers », résume Stéphane Quéré.

Au-delà de la technologie, valider la stratégie

Au-delà des contacts, Engie est-il particulièrement intéressé par l'évolution de certaines technologies ?

« Les sujets émergents cette année sont l'explosion des assistants vocaux et la connectivité, notamment autour du mesh (réseau maillé), analyse le directeur de l'innovation. Avec l'explosion des objets connectés, il va falloir savoir comment on s'y prend pour récupérer la masse d'informations collectées. »

S'il est impensable de ne pas en être, comment analyser le succès d'une participation au CES tant les enjeux sont divers ?

« À l'aune du retour des exposants, qui peuvent avoir signé des contrats, identifié des pistes, découvert des technologies qui leur permettront de gagner du temps, voire de rectifier le tir, répond Stéphane Quéré. Le CES nous permet aussi d'éveiller l'intérêt de la presse ou de collectivités locales pour nos nouvelles solutions, ou encore de repérer des nouvelles startups technologiques encore peu matures », ajoute-t-il.

« Nous n'avons pas d'objectif quantitatif sur ce genre d'événement, affirme Olivier Biancarelli. Mais cela nous permet de conforter notre orientation stratégique opérationnelle, et nous requestionner sans cesse pour rester en phase avec nos clients et partenaires », conclut-il.

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