Reclaim Finance et Data For Good ont développé une cartographie permettant d’évaluer la vulnérabilité des communes françaises aux événements climatiques extrêmes (capture d'écran).
Plus d’un quart des communes françaises seraient vulnérables aux événements climatiques extrêmes, selon une étude de l’ONG Reclaim Finance. Les départements de l’Hérault, de la Haute-Garonne et de l’Indre-et-Loire sont les plus concernés.
9 398 : tel est le nombre de communes considérées comme vulnérables aux impacts du changement climatique et à la dégradation des conditions d’assurance, soit 29 % des communes françaises. Un constat dressé par Reclaim Finance et Data for Good et compilé sous la forme d’une cartographie, dévoilée ce mercredi.
Les communes sont colorées selon leur « niveau de vulnérabilité ». Cet indice a été calculé à partir de quatre critères : exposition aux catastrophes naturelles, prévention des risques, situation économique et dépenses d’assurance multirisques (couverture des dommages aux biens, notamment en cas d’événement climatique extrême). Les moins vulnérables sont en bleu ou vert, quand celles qui le sont le plus présentent un ton jaune, orange ou rouge.
Aucun territoire français n’est épargné, bien que de fortes disparités géographiques existent. Dans les territoires d’outre-mer, par exemple, plus d’une commune sur deux est ainsi jugée vulnérable.
Alerte rouge pour 200 communes
Environ 200 communes au total sont colorées en rouge, ce qui correspond à une « situation d’extrême vulnérabilité ». Trois départements en particulier en concentrent un nombre important : l’Hérault (24 communes), la Haute-Garonne et l’Indre-et-Loire (21 communes chacun).
Impossible de faire des généralités sur ces communes teintées d’écarlate. Certaines sont de petites bourgades de moins de 5 000 habitants comme Roullet-Saint-Estèphe, en Charente (4,9/5), ou Le Pin, en Seine-et-Marne (4,4/5).
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D’autres au contraire sont de taille moyenne, avec une population à cinq chiffres, à l’instar de Castres, dans le Tarn (4/5), Bergerac, en Dordogne (4/5), ou Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône (4/5). Rares sont toutefois les grandes villes hormis Nîmes, dans le Gard (4,2/5), ou les très grandes villes comme Montpellier, dans l’Hérault (4/5).
Du côté des très grandes villes justement, la situation est très hétérogène. Sur les dix plus peuplées, Lyon est la seule à être classée « peu vulnérable » avec un score de 1,4/5. Toutes les autres, sauf Montpellier, sont en jaune ou orange, synonymes de vulnérabilité et d’un score entre 2/5 et 4/5. Réparties aux quatre coins de l’Hexagone, elles témoignent de l’ampleur du phénomène et montrent qu’aucun territoire n’échappera aux conséquences du réchauffement climatique.
La vulnérabilité des communes n’est pas le seul point qui préoccupe Reclaim Finance. « En plus d’être en première ligne face aux événements climatiques extrêmes, les communes sont confrontées à la dégradation de leurs conditions d’assurance ainsi qu’au manque d’accompagnement de l’État dans la mise en place de plans de prévention. Sans action rapide, les maires se retrouveront seuls face à une véritable crise, dont l’ampleur dépasse largement les moyens d’action à leur disposition », prévient Tom Hauser, chargé de campagne assurabilité des risques climatiques au sein de l’ONG, cité dans un communiqué.
Plus de huit communes sur dix (82 %) ont ainsi vu leurs dépenses d’assurance multirisques augmenter entre 2020 et 2024 (une assurance couvrant notamment les bâtiments publics et les équipements locaux et à laquelle est intégrée la garantie catastrophe naturelle), selon Reclaim Finance. « Les communes doivent également faire face à des réductions de garanties, des franchises plus élevées, des résiliations de contrats ainsi qu’à l’absence croissante de réponses à leurs appels d’offres – certaines communes se retrouvant ainsi temporairement sans assurance », dénonce l’ONG.
Reconnaissant que des initiatives ont été lancées par les pouvoirs publics, Reclaim Finance les juge néanmoins « insuffisantes pour faire face aux coûts croissants des dommages liés aux événements climatiques extrêmes et à leur intensification sur le long terme ». C’est pourquoi l’organisation « appellele gouvernement à agir en mettant en place des solutions d’assurance justes et abordables pour les communes, menacées par une crise de l’assurabilité ». Le message est passé.