À l’approche des débats sur le budget 2026 et de l’élection présidentielle 2027, le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire dégaine 15 mesures pour relancer la production en France. Dans La Tribune, Frédéric Poirier, coprésident du Meti et PDG du groupe Poujoulat, défend cette initiative.C'est un nouveau cri du cœur en faveur la réindustrialisation de la France, à l'heure où la part de l'industrie est passée sous le cap symbolique des 10 % de PIB du pays. Le mouvement des entreprises de taille intermédiaires, le Meti, vient de dévoiler un rapport pour favoriser le retour de la production dans l'Hexagone. Bien qu'une récente étude de la Commission européenne met en lumière que la désindustrialisation est européenne, l'instance met sur la table une quinzaine de mesures pour refaire de la France une terre de production manufacturière.
« Nous ne sortirons pas gagnant de cette période délicate si nous n'augmentons pas le travail. Nous espérons donc que ce rapport va éclairer les choix politiques, alors que des échéances politiques et électorales se profilent. Un mauvais budget 2026 pourrait être un point de bascule définitif », craint Frédéric Coirier,coprésident du Meti et PDG du groupe Poujoulat.
Parmi les mesures phares, il est question de relancer un « fonds d'accélération des projets industriels territoriaux », de 900 millions d'euros par an, financé à parts égales par l'État, les régions et des fonds européens. Un outil qui a fait ses preuves à la sortie de la crise sanitaire, poussant les entreprises à investir dans les territoires, alors que plusieurs indicateurs témoignent actuellement de fermetures de sites industriels plus nombreuses que les ouvertures depuis un peu plus de 12 mois.
Un mur de normes face aux entreprises industrielles françaises
Cette idée n'est pas neuve dans le débat public et politique. Elle est ardemment défendue depuis de nombreux mois par Olivier Lluansi, professeur au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) et expert de la réindustrialisation. Il n'est d'ailleurs pas surprenant de voir cette idée ressurgir dans le rapport du Meti étant donné que celui-ci a été associé à sa rédaction. De plus, les mesures proposées ont été analysées par le cabinet Rexecode pour tenter d'estimer l'impact de chacune d'elles.