Le corridor routier Guinée-Sénégal lève un financement de 140 millions d’euros

Muriel EDJO, Agence Ecofin

L'axe de 53 km doit désenclaver plusieurs localités du nord-est guinéen et offrir un débouché plus fluide vers le Sénégal.
DR

Muriel EDJO, Agence Ecofin

L'axe de 53 km doit désenclaver plusieurs localités du nord-est guinéen et offrir un débouché plus fluide vers le Sénégal.
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Le chef d'État guinéen, Mamadi Doumbouya, a promulgué le samedi 13 juin la loi ordinaire L2026/001/CNT autorisant la ratification d'un accord-cadre et d'un accord de mandat conclus avec la Banque islamique de développement (BID). Ce décret ouvre la voie à un financement de 140 millions d'euros destiné à la construction d'un corridor routier régional reliant la Guinée au Sénégal.
Le décret, fruit de l’accord signé le 19 juin 2025 entre Conakry et l'institution basée à Djeddah en Arabie Saoudite, porte principalement sur l'aménagement du tronçon Mali - Gadhalouguè, considéré comme une composante clé de cette infrastructure transfrontalière. Ce segment long de 53 km doit permettre de désenclaver plusieurs localités du nord-est guinéen et d'offrir un débouché plus fluide vers le territoire sénégalais, dans une zone où les échanges commerciaux informels restent historiquement importants.
Selon les autorités guinéennes, le projet routier vise à faciliter la circulation des personnes et des marchandises entre les deux pays, à réduire l'isolement de plusieurs zones rurales et à dynamiser les flux commerciaux transfrontaliers. Il devrait également améliorer l'accès des populations riveraines aux services sociaux de base, notamment la santé et l'éducation, souvent difficiles d'accès en saison des pluies du fait de l'état des pistes existantes.
Ce corridor s'inscrit dans une dynamique plus large de désenclavement portée par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), qui multiplie les projets d'axes routiers transfrontaliers afin de fluidifier le commerce intracommunautaire. Pour la Guinée, pays doté d'un important potentiel agricole et minier mais dont une partie du territoire reste mal connectée aux marchés voisins, l'amélioration de ces liaisons constitue un levier de diversification économique au-delà de la dépendance traditionnelle aux exportations de bauxite et d'alumine.
La validation de ce financement de la BID s'ajoute à une série d'opérations similaires engagées par les autorités de la transition au cours des derniers mois. En octobre 2025, un accord franco-guinéen de plus de 38 millions d'euros a été ratifié pour la réalisation de quatorze ouvrages de franchissement et de quatorze pistes rurales.
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En septembre 2025, le président Doumbouya avait déjà ratifié un accord pour un prêt de 30 millions d'unités de compte du Fonds africain de développement consacré à la route inter-États Labé-Mali, via Kédougou et Fongolembi. En juin 2025, un autre texte avait autorisé la ratification d'un contrat de crédit de 500 millions d'euros entre la Guinée, la Banque africaine d'import-export (Afreximbank) et la banque Vista, destiné au financement de projets d'infrastructures routières à l'échelle nationale.
Cette accumulation de ratifications traduit la volonté de Conakry de sécuriser des lignes de financement extérieur pour son programme d'infrastructures, alors que l'accès aux marchés financiers internationaux reste difficile pour plusieurs pays de la sous-région ouest-africaine. Le recours à des bailleurs de fonds multilatéraux comme la BID ou le Fonds africain de développement permet aux autorités guinéennes de financer des projets jugés prioritaires sans peser excessivement sur les finances publiques nationales, déjà sollicitées par d'autres chantiers d'envergure, notamment dans les secteurs minier et urbain.
La mise en œuvre effective du tronçon Mali - Gadhalouguè dépendra désormais du calendrier de décaissement fixé par la BID et de la capacité des autorités guinéennes à mobiliser la contrepartie nationale prévue dans l'accord de mandat, dont le montant précis n'a pas été communiqué à ce stade.
Muriel EDJO, Agence Ecofin
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