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Aéroports : l’Occitanie se met au vert

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Le projet Hyport mise sur la production d'hydrogène vert.
Le projet Hyport mise sur la production d'hydrogène vert. (Crédits : Philippe Garcia Aéroport Toulouse-Blagnac)
Portée par la Région Occitanie et Engie Cofely, la société HyPort a pour mission de développer l'utilisation de "l'hydrogène vert" notamment sur les zones aéroportuaires.

Lancée à l'automne dernier autour de Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, des représentants de l'agence régionale de développement Madeeli et de ceux de Engie Cofely, société de services en efficacité énergétique et environnementale et l'un des leaders de la transition énergétique en France (qui sera l'actionnaire majoritaire), la société de projet HyPort semble partie sur de bons rails.

Retenu en novembre 2016 parmi les lauréats de l'appel à projets « Territoires hydrogènes » initié par l'Etat, le projet HyPort, qui prévoit par ailleurs la création de 5 à 10 emplois directs, doit permettre de déployer des infrastructures de production et de mise à disposition d'hydrogène vert produit de façon renouvelable, afin de réduire l'empreinte carbone des plates-formes aéroportuaires du territoire. Car, outre l'impact environnemental des avions, il est utile de rappeler que faire fonctionner un aéroport implique l'utilisation au sol de dizaines de véhicules, engins de pistes, navettes ou véhicules de secours. Des véhicules à hydrogène seront donc déployés sur et autour des zones aéroportuaires de Toulouse-Blagnac et de Tarbes-Lourdes-Pyrénées, soit une flotte d'une cinquantaine de véhicules pour le moment.

Les premiers services d'HyPort seront lancés en 2018 alors que l'installation des électrolyseurs sur les deux aéroports est prévue pour 2019. Une première régionale qui, espèrent les initiateurs du projet, devrait être dupliquée ensuite à l'échelon national sur d'autres aéroports mais aussi dans les ports.

Première région à « énergie positive » d'Europe

Dans l'intervalle, les partenaires devront œuvrer au renforcement du maillage de production d'hydrogène vert avec les stations de distribution afin de développer cette nouvelle forme de mobilité au-delà des structures aéroportuaires, la Région Occitanie revendiquant son aspiration à devenir « la première région à énergie positive d'Europe ». « Mon ambition est de faire d'Occitanie la première région française qui se dote d'une stratégie globale et d'un plan opérationnel intégrant l'hydrogène énergie et ses applications dans l'ensemble du territoire et de ses infrastructures », avait d'ailleurs rappelé Carole Delga à l'occasion du lancement d'HyPort.

L'autre volet du programme sera consacré à la Recherche et au Développement, au travers des travaux de la Plateforme de recherche pour les technologies hydrogène appliquées à l'aéronautique (PACAERO) et qui travaille sur les utilisations de l'électricité hydrogène à bord des avions afin de réduire la consommation de carburant.

La Région, qui a consacré en 2017 53,4 millions d'euros à la transition écologique et énergétique, à la biodiversité et à l'économie circulaire, dispose de sérieux atouts pour parvenir à ses objectifs dans ce domaine, avec notamment la poursuite du projet européen transfrontalier (regroupant la France, Andorre et l'Espagne) « d'autoroute de l'hydrogène » de Rodez à Saragosse, un corridor de 900 km permettant depuis 2016 d'expérimenter la mobilité hydrogène à grande échelle.

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Commentaires
a écrit le 13/02/2018 à 10:57 :
Excellente nouvelle ! Ça bouge enfin dans le secteur de l'aéronautique avec l'hydrogène. La question est : pourquoi la région Occitanie est-elle plus visionnaire que l'Etat français ?.... Espérons qu'elle pourra se constituer un petit "trésor de guerre" (taxe légère sur cette activité économique) pour pouvoir investir encore plus dans l'installation d'infrastructures à hydrogène, puisque l'Etat ne fait rien ! J'attends de voir le futur plan hydrogène de N. Hulot, mais j'ai bien peur que ça soit encore une fois minimaliste.
Pour info, l'entreprise singapourienne HES Energy Systems s'est alliée avec des start-ups françaises du secteur pour développer le projet HYDRONE de drones fonctionnant avec cette énergie, projet qui a, comme celui-ci, également obtenu le label "Territoires à hydrogène". Ce label était quand même une bonne initiative de Ségolène Royale, il faut bien le reconnaître, mais l'Etat français est lent, comparé aux Allemands, Japonais, Coréens, Californiens...

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