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Cinq chiffres qui illustrent l’essor des biocarburants en France

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(Crédits : Pixabay)
Avec une feuille de route rigoureusement définie par la future directive des énergies renouvelables RED 2, le secteur des biocarburants devrait pouvoir se développer progressivement. Ce que confirment les chiffres publiés dans un récent baromètre européen.

En septembre 2018, le consortium EurObserv'ER a publié son baromètre de suivi de la consommation des biocarburants en Europe. Après plusieurs années de stagnation, il apparaît que la consommation de biocarburants a augmenté de 9,2% sur tout le territoire européen pour atteindre 15,5 Mtep. Parmi les différents pays analysés, la France fait figure de bon élève en la matière. Voici quelques données clés qui illustrent la situation :

3 335 000

C'est en tonne équivalent pétrole (tep), le volume de biocarburants destinés aux transports en France, en 2017, ce qui en fait le plus gros consommateur européen, largement devant l'Allemagne (2 608 197) et la Suède (1 646 436). La part de biodiesel (83%) reste très majoritaire par rapport au bioéthanol (539 000, soit 17%), encore peu utilisé, comme dans la plupart des pays d'Europe à l'exception des Pays-Bas (42,5%), du Royaume-Uni (41,3%) et de la Lettonie, seul pays à consommer plus de bioéthanol (73,2%) que de biodiesel.

7,1

Entre 2016 et 2017, la consommation de biocarburants destinés aux transports a augmenté de 7,1% en France, avec une plus forte hausse (13,7%) du côté de la filière bioéthanol. Cette croissance reste toutefois nettement moins spectaculaire que les tendances qu'enregistrent des pays comme la Suède (+13,2%) et l'Espagne (+15,4%) où les niveaux atteignent des records portés, à chaque fois, par une forte augmentation de la part de biodiesel dans la consommation finale.

295 042

Parmi les biocarburants pris en compte, le biogazole de synthèse type HVO a connu la plus forte hausse depuis cinq ans. En 2017, 295 042 tonnes de ce biodiesel ont été consommées dans les transports français, soit une part de 9,5%. Ce procédé développé par les Finlandais de Neste Oil, permet d'obtenir un produit final plus stable et de meilleure qualité qu'un autre biodiesel. Si son coût de production est légèrement plus élevé, il reste le biocarburant dont la composition finale se rapproche le plus d'un gazole fossile.

500 000

L'usine Total de la Mède (près de Martigues), opérationnelle dès la fin 2018, devrait produire chaque année près de 500 000 tonnes de biogazole type HVO. Ce chiffre s'ajoute aux 1,8 million de tonnes produites par le groupe Avril pour faire de la France le 2e producteur européen, juste derrière la Finlande (2,6 millions grâce à Neste Oil). Dans ce secteur, l'Union européenne demeure le premier producteur mondial, avec 13,3 millions de tonnes en 2017.

100 %

C'est, en France, la part des biocarburants certifiés durables qui ont été pris en compte dans cette étude. Parmi les 28 pays analysés, seuls l'Allemagne, l'Autriche, la Finlande, les Pays-Bas et la Lituanie n'ont pas atteint ce niveau d'excellence. Pour rappel, la directive européenne actuelle fixe des objectifs en matière d'émission de gaz à effet de serre (GES). Afin d'être certifié durable, un biocarburant devait permettre de réduire de 50% les émissions de GES en 2017 et de 65% depuis le 1er janvier 2018.

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a écrit le 13/11/2018 à 18:05 :
Rouler avec de l'huile de friture usagée filtrée, ça se comprendrait, valorisation d'un déchet. Mais une ressource primaire, c'est litigieux (juste pour moins acheter de pétrole fossile ? Remplaçons les véhicules par des modèles plus économiques (ma 208eHDi censée faire 3L sur route est en fait à 4,02L/100 sur 78 000km)) pour avoir moins besoin de pétrole.
Où la palme pousse, rien d'autre ne pourrait pousser (le rendement est très élevé mais selon le climat, parfois c'est limité en variété) ? Le colza, pour le biodiesel, on ne pourrait utiliser les surfaces pour autre chose ? On dit tout le temps que des gens meurent de faim par endroits, et on cultive pour rouler ?
a écrit le 08/11/2018 à 13:20 :
Il y a biocarburant et biocarburant et des limites à leur production.
Les premiers concurrencent la production agricole alimentaire, les seconds utilisent la biomasse et les notamment les déchets agricoles. (http://www.ifpenergiesnouvelles.fr/Espace-Decouverte/Les-grands-debats/Quel-avenir-pour-les-biocarburants/La-fabrication-des-biocarburants-2-generations).
Utiliser des déchets pour se déplacer, pourquoi pas, mais utiliser des ressources alimentaires... on en serait arrivés au comble de l'absurde.
Réponse de le 13/11/2018 à 12:54 :
Il y a de meilleures manières d'utiliser les ressources et faire des agrocarburants pour rouler dans des véhicules de plus d'une tonne n'est pas un bon bilan. le moteur électrique (véhicules légers) ou même l'hydrogène (véhicules lourds) ont de meilleurs bilans. De même que d'autres utilisation des ressources comme la gazéification (au lieu de l'incinération), le biométhane et l'électrométhanogénèse pour l'injection dans le réseau et des chaudières à haut rendement (plutôt que la simple production électrique) etc. On ne peut plus se permettre de gaspiller pour le soutien financier de filières agricoles alors qu'il faut un approche scientifique et économique des choses, pas celle de lobbies.
a écrit le 08/11/2018 à 12:40 :
Le bilan global des "agrocarburants" est mauvais, c'est du gaspillage et un scandale. Il faut privilégier l'électro-solaire pour les véhicules légers et l'hydrogène pour les poids lourds. A la rigueur le biogaz pour des véhicules locaux mais il a un meilleur rendement dans des chaudières haute condensation que dans les moteurs thermiques. Le business des grands producteurs agricoles dure depuis des décennies et il consomme des subventions qui seraient bien plus efficaces ailleurs.

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