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Transition énergétique : quel rôle pour l'intelligence artificielle ?

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(Crédits : Pixabay)
Le 29 mars dernier, le mathématicien de renommée mondiale et député Cédric Villani a présenté un rapport intitulé Donner un sens à l'intelligence artificielle. Ce recueil de propositions et de pistes à explorer vise à faire de la France un pays de référence en matière d'intelligence artificielle. Un domaine qui participera activement à la transition énergétique.

L'intelligence artificielle. C'est le premier grand dossier auquel s'est attelé le député Cédric Villani, élu à l'Assemblée nationale en juin 2017 sous l'étiquette La République en marche. Ce mathématicien de renom, lauréat de la médaille Fields en 2010, a mené une mission d'information de six mois pour le Premier ministre Édouard Philippe. Entre septembre 2017 et mars 2018, entouré d'une équipe de sept spécialistes, il s'est interrogé sur la stratégie française et européenne en intelligence artificielle. Avant d'aboutir à une série de propositions rassemblées dans un rapport parlementaire, sobrement intitulé Donner un sens à l'intelligence artificielle, et présenté le 29 mars dernier. « Comme bien des mathématiciens débutant leur carrière dans les années 1990, j'ai profondément sous-estimé l'impact de l'intelligence artificielle, qui ne donnait finalement, à cette époque, que peu de résultats », explique Cédric Villani dans son avant-propos. « Quelle surprise ce fut d'assister, dans les années 2010, à l'incroyable amélioration de ses performances. [...] Du reste, depuis quelques années, plus personne ne peut échapper à ce sujet polymorphe, tant il est devenu omniprésent dans les discussions économiques et sociales. »

Impacts environnementaux

Parmi les nombreux sujets abordés dans ce rapport (la donnée, la recherche, l'impact social et économique...), le groupe constitué par Cédric Villani s'est notamment penché sur la relation entre intelligence artificielle et écologie. En faisant tout d'abord un constat froid mais scientifique : « Plus que jamais, la révolution provoquée par le développement des usages et services numériques tend à occulter leur réalité industrielle et leurs impacts environnementaux. Et pourtant, il est urgent de les prendre en compte ». Et pour cause : d'ici 2040, les besoins mondiaux en espaces de stockage devraient dépasser la production de silicium, essentiel à leur fabrication. Au même moment, on estime que l'énergie requise pour les besoins en calculs dépassera la production énergétique mondiale. « Il est donc capital de sensibiliser le plus grand nombre à ces enjeux et d'agir pour prévenir les pénuries », conclut le rapport.

Solutions en germe

Le bon côté des choses est que l'intelligence artificielle porte aussi en elle une panoplie de solutions en matière de transition écologique et énergétique. « L'IA ouvre des perspectives radicalement nouvelles pour la compréhension et la préservation de l'environnement », assure le rapport. « Que ce soit en termes d'identification et préservation de la biodiversité, de réparation des dommages causés, de modélisation de l'impact de nos actions, d'optimisation de l'utilisation des ressources, de mise en valeur des énergies renouvelables [...], l'IA peut contribuer à diminuer toutes nos consommations et à amplifier toutes nos actions ». Comment ? Dans le cas de l'objectif prioritaire de réduction globale du bilan carbone, le rapport propose de concentrer les efforts en IA sur deux secteurs : l'optimisation des modes de transport et la transition vers une agriculture plus rationnelle et moins polluante. Une politique sectorielle, qui aurait un effet de masse non-négligeable, et constituerait une avancée majeure dans la transition énergétique. Tout cela sans oublier, en parallèle, de systématiser le recyclage de la chaleur produite par ces mêmes datacenters ! Car avec l'intelligence artificielle de demain, rien ne doit plus se perdre.

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