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6 choses qui prouvent que la mer est une source d'énergie d’avenir

Nos ressources énergétiques traditionnelles, pétrole, gaz naturel ou charbon, s’épuisent et sont à l’origine de lourdes émissions de gaz à effet de serre. Les Etats et les industriels travaillent donc aujourd’hui sur des technologies capables de produire de l’énergie à partir de ressources renouvelables. Et la mer s’avère pleine de promesses.
(Crédits : hydrolienne-dcns)

1/ France, la deuxième aire marine du monde

Les 4/5e de la planète sont composés d'eau. Et avec 11 millions de kilomètres carrés, la France possède la deuxième aire marine mondiale. Ses côtes s'étendent sur 3 427 km. Des atouts naturels qu'elle peut faire valoir en misant sur les énergies marines renouvelables (EMR), identifiées par le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) comme l'une des 18 filières industrielles stratégiques de la croissance verte.

Elles pourraient d'ici 2030 permettre la création de plus de 80 000 emplois, et représenter un marché de 6 à 8 milliards d'euros en Europe. Suite aux appels d'offres lancés par l'Etat, six parcs éoliens offshore sont ainsi en construction en France, pour une puissance totale de 3GW, l'équivalent de trois réacteurs nucléaires. Ils devraient progressivement entrer en fonctionnement entre 2018 et 2022.

2/ Les vents plus forts et plus réguliers en mer

Outre les immenses étendues marines dont dispose la France, leur intérêt énergétique est particulièrement intéressant en raison de la force des vents qui y soufflent et de leur régularité. Le collectif territorial Ouest Normandie énergies marines, créé dans le cadre des chantiers de deux parcs éoliens offshore, à Cherbourg et Courseulles-sur-Mer (Normandie), explique :

« Cet avantage s'exprime au travers du facteur de charge annuel moyen, rapport entre la production électrique sur une année et celle qui serait produite durant cette même période si l'éolienne fonctionnait en permanence au niveau maximal de sa puissance. Le facteur de charge annuel moyen des éoliennes terrestres en France s'établit aujourd'hui à 23 %. On estime qu'une éolienne Alstom Haliade en mer produira autant d'électricité que si elle fonctionnait à pleine puissance pendant 38 % du temps ».

De plus, l'étendue et la profondeur des océans permettent d'installer des éléments plus gros dans l'eau que sur terre. L'éolienne Haliade possède ainsi une puissance de 6MW, et Areva en a développé une de 8 MW, contre une moyenne de 2 MW sur terre.

3/ Les courants prévisibles et inépuisables

L'océan ne possède pas seulement des vents plus forts mais aussi des courants sous-marins naturels et inépuisables. Et une technologie existe pour convertir l'énergie de ces courants en électricité, comme les éoliennes transforment le vent : l'hydrolienne. Elle ressemble à une roue constituée de pâles et placée sous l'eau. Le courant fait tourner ces pâles qui entrainent un alternateur. Aujourd'hui, les machines testées non loin des côtes françaises utilisent le courant des marées. Un net avantage car la marée est un phénomène astral prédictible. Les opérateurs peuvent donc anticiper la quantité d'énergie produite à moyen et long terme.

Actuellement, la France compte une ferme pilote de deux hydroliennes sur le site de Paimpol-Bréhat dans les Côtes-d'Armor. Elle est gérée par EDF et les machines ont été conçues par OpenHydro, filiale de DCNS. Une autre hydrolienne développée par Sabella devait, elle, être mise en eau au printemps 2015 dans le passage du Fromveur (Finistère), avec l'ambition de couvrir 70% des besoins énergétiques de l'Ile d'Ouessant d'ici à 2020.Et, en décembre 2014, GDF Suez a été retenu par l'Etat français pour construire un parc pilote hydrolien au Raz Blanchard dans le Cotentin.

A terme, la France pourrait couvrir 3% de ses besoins en électricité, sachant qu'elle possède selon le syndicat des énergies renouvelables, le deuxième potentiel hydrolien européen, après le Royaume-Uni.

4/ La puissance des vagues

Mais s'il existe une immense promesse énergétique issue de l'océan, c'est bien celle des vagues. L'énergie houlomotrice a, en effet, de quoi attiser les espoirs de grands industriels tant son potentiel mondial est élevé. Dans une étude pour le salon Euromaritime, la société Indicta évaluait ainsi le potentiel techniquement exploitable (PTE) de l'énergie des vagues à « 1000 GW, voire plus à terme », soit plus de deux fois la puissance nucléaire aujourd'hui installée dans le monde. Pour l'heure, les technologies sont encore en phase de développement.

Récemment, l'union du français DCNS, et des finlandais Fortum et AW-Energy sur un projet de développement de captation d'énergie houlomotrice souligne l'intérêt porté à ce gisement énergétique. Ils étudient la possibilité d'installer un démonstrateur en Bretagne.

5/ Electricité, chauffage ou climatisation, le potentiel de l'eau de mer

Il est aussi possible de produire de l'électricité en utilisant la différence de température entre les eaux chaudes de surface et les eaux froides des profondeurs. C'est ce qu'on appelle l'énergie thermique des mers (ETM). Ici pas d'intermittence, cette différence permet de produire de l'électricité 24h/24h. Mais elle convient mieux aux eaux tropicales où la chaleur de surface est importante et fluctue peu toute l'année. Elle est donc regardée de près pour la production d'énergie dans les départements d'Outre-Mer, d'autant que ces derniers dépendent aujourd'hui largement des importations de pétrole et de fioul.

La technologie, quant à elle, doit encore être éprouvée et nécessite de lourds investissements. Un prototype DCNS a déjà été mis en place à La Réunion. Et l'Etat, dans le cadre des investissements d'avenir, vient de sélectionner le projet Marlin.

Reste que la température de l'eau de mer peut d'ores et déjà servir de base de chauffage ou de support de climatisation. C'est ce qu'on appelle la thalassothermie, soit le pompage de l'eau de mer pour réchauffer ou refroidir les réseaux raccordés à des bâtiments. Marseille disposera d'une première boucle de thalassothermie en 2016.

6/ La profondeur, un problème ?

Si les champs d'éoliennes offshores posées, c'est-à-dire fixées aux fonds sous-marins, démontrent un potentiel de production d'énergie important, ce potentiel serait multiplié en profitant de zones maritimes plus éloignées et profondes. Pour ce faire, impossible de prévoir des fondations de plusieurs centaines de mètres, raison pour laquelle chercheurs et industriels travaillent aujourd'hui à la mise au point d'éoliennes flottantes. Elles serviraient même non loin des côtes en mer Méditerranée par exemple où, contrairement à l'Atlantique ou à la Manche, les profondeurs dépassent rapidement 100 mètres.

Les projets OCEAGEN ou SEA REED, récemment retenus par l'Etat dans le cadre des investissements d'avenir, visent justement à développer les technologies et à abaisser leurs coûts.

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Commentaire 1
à écrit le 16/09/2015 à 13:24
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Le second territoire marin est notamment composé des territoires dans le Pacifique. Difficile d'importer l'énergie marine d'aussi loin. Par ailleurs, les EMR dans le Pacifique ne produisent pas autant de puissance que les éoliennes offshore et hydrol...

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