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10 choses à savoir sur les véhicules électriques

La majorité des constructeurs automobiles français et étrangers proposent aujourd’hui des véhicules électriques. Et le projet de loi relatif à la transition écologique prévoit de nombreuses mesures en faveur de la mobilité électrique. Zoom sur de nouveaux véhicules encore peu présents dans le parc automobile national.
(Crédits : Kasto – fotolia.com)

15 045 véhicules électriques vendus en 2014

Selon l'Avere-France, association de promotion de la mobilité électrique, le marché des véhicules électriques a connu, en 2014, une hausse  de 7.8% par rapport  à 2013, avec 15045 immatriculations, dont 70%  de modèles particuliers. Depuis 2010, l'évolution est encore plus marquante puisque ne s'étaient vendus alors que 500 voitures et utilitaires électriques, puis 5.000 en 2011 et 9.300 en 2012.

Cependant, en parts de marché, les voitures électriques restent anecdotiques (0.59%), au regard des 1,79 million de voitures neuves immatriculées en 2014. Côté marques, la Renault Zoé est largement en tête des ventes, suivie de la Nissan Leaf et de la Bluecar essentiellement dévolue à l'autopartage dans les grandes villes comme Paris, Lyon ou Bordeaux.

Moins polluants

En termes d'émissions de CO2 et autres particules fines, les voitures électriques ont le net avantage de ne dégager aucun gaz d'échappement lorsqu'elles roulent. Cependant, leur empreinte écologique n'est pas nulle, puisqu'il faut prendre en compte leur fabrication, les matériaux utilisés et le recyclage des batteries composées d'éléments chimiques. L'analyse de cycle de vie de l'ADEME publiée en 2013 relève ainsi que la contribution climatique globale du véhicule électrique est de 9 tonnes d'équivalent CO2 sur l'ensemble de sa durée de vie contre 22 tonnes d'équivalent CO2 pour un véhicule thermique.

Trop chers ?

Toutes les enquêtes s'accordent : l'un des principaux freins à l'achat de véhicules électriques serait leur prix. Pour preuve, la Renault Zoé mise en vente à partir de 21 900 euros, la Nissan Leaf (24 390 euros) ou, beaucoup plus chic, le modèle S de Tesla (60 000 euros) sont plus chères que leurs équivalents thermiques d'environ 10 000 euros. La Twingo commençant par exemple à 10 800 euros. Mais à l'usage, les coûts de l'électrique seraient moindres. Selon l'Avere-France, le « carburant » d'un véhicule électrique revient à 2 € pour 100 km, soit 5 à 7 fois moins cher qu'un véhicule thermique.

Et c'est sans compter les différentes aides accordées aujourd'hui par l'Etat et certaines collectivités. Le montant du bonus de l'Etat pour l'achat d'une voiture électrique est ainsi de 6.300 euros (dans la limite de 27% du coût d'acquisition TTC, location de batterie incluse). Depuis avril 2015, certains peuvent même profiter d'un super bonus de 3.700 euros supplémentaires. Les acheteurs concernés devront mettre à la casse un véhicule de plus de 13 ans -2,3 millions de véhicules en France- et résider dans une zone concernée par un plan de protection de l'atmosphère (PPA), soit 48 % de la population française selon le ministère de l'Economie et des Finances.

Au total, un automobiliste pourrait donc soustraire 10 000 euros au prix initial d'un véhicule électrique et l'acheter pour un coût similaire à celui d'une voiture thermique.

De 20 minutes à 8 heures pour les recharger

Il existe aujourd'hui plusieurs modes pour recharger les batteries des véhicules électriques. Le mode standard qui, en fonction de la puissance (8 à 16A), prend entre 4 et 8 heures. Il s'agit généralement des modes utilisés à domicile, c'est-à-dire dans plus de 90% des cas. On trouve également des charges accélérées - 1 heure - adaptées aux zones de stationnement public ou d'entreprise.

Enfin, les stations de recharge rapide commencent à se déployer en France et permettent de charger 80% de la batterie en 20 à 30 minutes suivant les technologies. Mais, le problème est qu'il existe plusieurs types de prises suivant les modèles de véhicules aujourd'hui commercialisés et que toutes ne sont pas compatibles avec des modes accélérés ou rapides. Les prises de Type 2, équipant notamment la Zoé, sont adaptables partout, et aujourd'hui les opérateurs qui développent des stations de recharge publiques proposent de plus en plus de bornes multi-standards.

Batterie, quelle durée de vie ?

Les batteries équipant actuellement les véhicules électriques utilisent la technologie lithium-ion et ont une durée de vie comprise entre 9 et 13 ans. Mais la multiplication des recharges, en mode accéléré ou rapide notamment, réduirait la capacité de stockage des batteries et donc l'autonomie des véhicules au fur et à mesure des années.

Les propriétaires de voitures électriques qui ont opté pour les formules de location de batterie sont à l'abri puisque les constructeurs garantissent le remplacement de la batterie si la capacité est inférieure à 75 ou 80%. Pour ceux qui ont opté pour l'achat intégral, au-delà de la garantie, en général 5 ans, il leur faudra eux-mêmes la remplacer. Heureusement les prix baissent progressivement. Aujourd'hui, aux Etats-Unis, Nissan propose un pack à 4000 euros.

Des efforts à faire sur l'autonomie

Les véhicules électriques commercialisés aujourd'hui  ont une autonomie moyenne comprise entre 150 et 200 km. Seul Tesla avec son modèle S promet 500 km. Mais ces autonomies sont calculées dans des conditions climatiques et de circulation normales. Car la climatisation ou le chauffage, ou de fortes accélérations, nécessitent beaucoup d'électricité et impactent donc l'autonomie de la voiture.

Pourtant, selon l'Avere-France, « dans les faits, cette autonomie prouve qu'elle est très largement supérieure aux besoins de déplacements quotidiens. En effet, en France, la distance moyenne parcourue quotidiennement est de 31km et les voitures passent près de 80% de leur temps stationnées ». Et la pratique de l'éco-conduite pourrait permettre de gagner 30 km d'autonomie.

Vers un réseau national de recharge

Seul moyen actuellement de contrer l'argument de la faible autonomie (et de rassurer des automobilistes effrayés par la panne) le développement d'un réseau national de recharge est en cours de réalisation.

En septembre 2014, le Gireve (Groupement pour l'itinérance des recharges électriques de véhicules) évaluait à 8.600 le nombre de points de charge accessibles aux automobilistes français. Mais le projet de loi de transition pour une croissance verte prévoit 7 millions de bornes de recharge publiques et privées d'ici 2030. Les projets se multiplient donc.

En particulier celui de réseau national porté par le groupe Bolloré après étude du gouvernement. Il prévoit d'installer 16.000 points de charge publics pour véhicules électriques et hybrides en France d'ici 2019, répartis sur près de 4.000 communes des 22 régions de France métropolitaine. De plus, dans les immeubles dont les permis de construire ont été déposés après le 1er juillet 2012, les promoteurs sont tenus de pré-équiper 10 % des emplacements de parkings clos et couverts.

Pour les maisons particulières, les propriétaires bénéficient d'un crédit d'impôt de 30% du montant du matériel installé depuis le 1er septembre 2014 et jusqu'au 31 décembre 2015.

Les technologies prometteuses

Face aux réticences des acheteurs sur l'autonomie des véhicules, la plupart des équipes de recherche des constructeurs se concentrent aujourd'hui sur la mise au point de batteries plus performantes et moins chères. La société SolidEnergy et le Massachussets Institute of Technology (MIT) de Boston, ont ainsi récemment présenté une batterie lithium ion d'un nouveau genre qui triplerait l'autonomie des voitures électriques. Elle utilise la technologie lithium métal dite SPIL (Solid Polymer Ionic Liquid) qui permettrait d'atteindre une capacité de plus de 800 Wh par kilo alors que les batteries actuelles n'offrent que 300 Wh par kilo.

Au Québec, par ailleurs, les sociétés Alcoa et Phinergy ont présenté un prototype de voiture électrique capable de parcourir 1.600 kilomètres en une seule charge grâce à des batteries aluminium-air. Reste à savoir si ces prototypes deviendront des biens commercialisables, auquel cas le marché pourrait, enfin, décoller.

La Formule E remplacera-t-elle la Formule 1 ?

Depuis septembre 2014, un nouveau championnat automobile est apparu dans le paysage sportif mondial : le championnat de Formule E FIA. Pour la première fois, dix écuries s'affrontent sur les circuits avec des bolides électriques. Preuve que la technologie permet d'ores et déjà de belles performances. Pour l'heure, le modèle de monoplace Spark-Renault SRT 01E est le seul homologué.

Un choix industriel en France

Si des constructeurs comme Toyota, Mercedes ou Hyundai et des pays comme le Japon ou l'Allemagne ont porté leurs choix technologiques et industriels sur l'hybride et plus récemment sur l'hydrogène, la France et ses constructeurs ont largement misé sur l'électrique. La France possède ainsi le premier parc électrique d'Europe avec environ 50 000 véhicules immatriculés. Et pour le gouvernement, le choix semble fait. « Accélérer l'électro-mobilité, c'est mon choix politique », déclarait ainsi Ségolène Royal en mai 2014.

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Commentaires 10
à écrit le 11/01/2017 à 10:59
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je recherche une voiytur'e electrique sanlocationde batterie

le 02/06/2017 à 22:07
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Bonjour ,chez Nissan ,il n est pas obligatoire d acheter une Leaf avec la location,pas comme chez renault avec la Zoé

à écrit le 26/02/2016 à 19:47
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Il est étonnant de voir erdf aussi disert sur des considérations automobiles et ne pas parler de l'impact sur les réseaux, des modes de recharge, bref des conséquences sur nos factures!

le 03/04/2016 à 13:28
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Ni de l'impact du déploiement du nouveau compteur "communiquant" Linky et des 20 millions de kilos de déchets électrique inutiles que cela va engendrer, merci Mme Royal

à écrit le 04/11/2015 à 13:22
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Rappelons aussi qu'il y a mieux : sur le point s’arriver et les plus performants au plan optimisation de l’énergie et donc des ressources sont les véhicules électro-solaires classe «Cruiser» 2/4 places : très bonne autonomie y compris de nuit (ex : 8...

à écrit le 23/09/2015 à 12:03
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Je suis étonné que vous écriviez que pour calculer l'empreinte écologique des véhicules électriques "il faut prendre en compte leur fabrication, les matériaux utilisés et le recyclage des batteries composées d'éléments chimiques", en omettant l'élect...

à écrit le 21/09/2015 à 15:05
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Je suis très surpris de ce genre de déclarations qui me semble très optimiste. J'ai l'habitude d'utiliser des batteries 48v d'au moins 20a Lion ou lipo pour des 2 roues électriques. De même, on peut trouver beaucoup de retours dans les forums de 2 ro...

à écrit le 13/09/2015 à 9:54
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L'article comporte plusieurs inexactitudes. J'ai pensé un instant lire un billet publié il y 12 mois...un exemple parmi d'autres relatif à une unique version homologuée en Formula E, c'était au titre de la saison 2014-2015, pas la nouvelle. Et pourqu...

à écrit le 12/09/2015 à 12:16
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Je roule en Smart Fortwo électrique depuis presque un an. Pour moi, ce n'est pas le point de recharge le problème (immeuble récent muni d'une prise ad-hoc dans les box) mais le temps que cela met. Exemple : vous allez chez des amis qui habitent à 80 ...

à écrit le 12/09/2015 à 3:03
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Sur le point d'arriver et bien mieux encore au plan optimisation de l'utilisation de l'énergie et donc des ressources sont les véhicules électro-solaires classe "Cruiser" 2/4 places qui sont les plus efficients au plan énergétique : - très bonne auto...

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