Le CSEM, un centre d'innovation en pleine évolution

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DR (Crédits : ABC luxe)
Le CSEM, Centre Suisse d'Electronique et de Microtechnique S.A., est un centre de recherche et de développement privé, spécialisé dans les micro et nano technologies et les systèmes miniaturisés. Créé en 1984 par la fusion de trois laboratoires de recherche, le Laboratoire Suisse de Recherche Horlogère (LSRH), le Centre Electronique Horloger (CEH) et la Fondation Suisse pour la Recherche en Microtechnique (FSRM), le CSEM appartient encore à 40% à des marques horlogères telles que Rolex ou encore le groupe Swatch. Nous avons rencontré Georges Kotrotsios, directeur du marketing et du développement depuis 2005, afin de mieux comprendre les avancées technologiques et mesurer les enjeux d'un tel centre synonyme d'innovation.

Petit retour historique :
Le CSEM doit sa création aux efforts de relance de l'industrie suisse, surtout horlogère, dans les années 1980, alors que celle-ci connaissait une grave crise. C'est ainsi que naissait le CSEM, basé à Neuchâtel, au c?ur historique du savoir-faire horloger suisse qui est devenu plus tard celui de la microtechnique. Dès le début, de nombreuses entreprises ont soutenu le CSEM en devenant actionnaires. Malgré sa proximité initiale avec l'industrie horlogère, le CSEM a élargi ses champs de compétences pour s'adapter aux besoins des différentes industries. Au début des années 2000, la Confédération Suisse en devient également actionnaire (20%), et est représentée au Conseil d'Administration par l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL). Cette configuration assure au CSEM une liaison privilégiée avec la recherche académique, ce qui est primordial pour l'accomplissement de son rôle d'industrialisation des technologies. Le centre emploie aujourd'hui plus de 400 personnes, génère un chiffre d'affaire de 52 millions d'euros grâce à ses cinq centres régionaux en Suisse et ses deux filiales à l'étranger, l'une au Brésil et l'autre aux Emirats Arabes Unis.

Quelles sont vos applications dans l'univers du luxe ?
Nous côtoyons l'univers du luxe dès notre création par le fait qu'une grande partie de nos actionnaires proviennent de l'horlogerie haut de gamme. Notre rôle n'est pas d'élaborer des objets esthétiques mais d'ajouter de la fonctionnalité dans les objets de luxe. Nos premières tâches ont été d'améliorer les performances du mouvement mécanique pour accroître leur autonomie et leur précision. Puis il a fallu introduire l'électronique la plus fiable et la moins gourmande en énergie dans des montres à quartz. Pour les montres-bijoux, il fallait ajouter des contraintes de miniaturisation afin de cacher le mouvement dans le bijou. Plus tard, avec le renouveau de la montre mécanique, notre tâche a été d'introduire de nouveaux matériaux offrant des possibilités très attractives aux créateurs tant pour l'aspect que pour la fonctionnalité. Nos clients font partie des sociétés les plus prestigieuses, parmi lesquelles le groupe Swatch, Rolex, Girard-Perregaux ou Cartier. Notre objectif aujourd'hui est de proposer à l'industrie du luxe des technologies extrêmement variées comme : la lutte contre la contrefaçon, la traçabilité sur objet, l'assemblage robotisé à l'échelle de l'établi, le contrôle de qualité, l'ajout de fonction dans des objets traditionnels, le changement d'aspect, la sécurité des lieux de vente ou d'entreposage, des solutions sont disponibles et proviennent souvent d'autres domaines industriels. Toutes ces techniques ayant déjà été développées, il ne tient qu'à l'industrie du luxe d'en tirer profit en les adaptant à chaque cas spécifique et dans le but de créer des produits innovants.

Quels sont vos grands enjeux ?
Nous avons l'ambition de rester l'un des meilleurs centres d'innovation, de recherche et de développement au monde capable d'offrir de nouvelles applications et des solutions à tous nos clients en nous adaptant à chacun de leurs besoins. Nous souhaitons développer de nouveaux partenariats dans les domaines sur lesquels nous ne sommes pas encore présents et développer une communication adaptée à ces domaines. Nos activités de recherche combinées aux résultats de recherche de nos partenaires académiques, nous aident à développer nos plates-formes technologiques au profit de nos clients industriels et de nos spin-offs. Nous sommes conscients qu'il est crucial de collaborer avec d'autres centres spécialisés dans l'innovation et d'autres entités de recherche pour augmenter ou compléter notre offre technologique. Pour cela, nous avons une alliance avec le CEA/Léti en France, le Fraunhofer Gesellschaft en Allemagne et VTT en Finlande.

Comment fonctionne le CSEM ?
Le CSEM crée de la connaissance technologique avancée et multidisciplinaire en exploitant ses développements ou les résultats de la recherche académique. Par la suite, cette connaissance est transposée à des produits pour l'industrie existante ou à travers des spin-offs. Les grandes orientations technologiques sont définies par périodes de quatre ans. Un conseil scientifique, composé d'experts industriels et scientifiques, permet d'optimiser et de réorienter continuellement ces axes. Notre objectif premier étant de permettre à l'industrie suisse d'être plus compétitive, le transfert de technologies est au c?ur de notre métier. Nous travaillons sous contrat de recherche avec nos clients. Notre chiffre d'affaires est réalisé à 40% à l'étranger notamment en France, Allemagne et Italie. Nos domaines couvrent l'horlogerie (16%), le biomédical (10%), les transports (18%), la robotique (19%), la sécurité (14%), l'environnement (4%), les ICT (9%) et les biens de consommation (10%).

Qu'est ce qui vous différencie des autres acteurs innovants ?
C'est l'excellence technologique avant tout, la flexibilité avec laquelle nous gérons la propriété intellectuelle combinée à une gestion des affaires très professionnelle, et tout cela, sous le sceau de la plus stricte confidentialité. Notre efficacité dans le travail se joue sur une bonne communication interne et externe et une large ouverture d'esprit.

Qui sont vos compétiteurs ?
Vu la diversité des champs d'application et des domaines technologiques, nous ne pouvons pas parler de compétition. Nous préférons nous focaliser au maximum sur ce que nous pouvons offrir au client, seul ou en collaboration avec nos partenaires.

Quelles sont vos ambitions ?
Notre grande force est de travailler avec une équipe d'ingénieurs et de physiciens hautement qualifiés issus de 34 nationalités différentes. Cette équipe nous permet de faire profiter les industries de notre vaste savoir-faire technologique. Aujourd'hui, nous avons l'ambition à la fois de nous consolider au niveau national, de nouer des partenariats implicatifs dans l'univers du luxe dans le but d'en faire un de nos axes d'application principaux et aussi d'augmenter la valeur de l'industrie suisse et européenne.


Source : ABC-luxe.com

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Commentaires
a écrit le 26/07/2011 à 12:56 :
pourquoi toujours ne citer que Rolex alors qu'il me semble que le mouvement présenté est un mouvement Girard Perregaux me semble-t-il?

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