Dia ciblé par une OPA sur fond de résultats catastrophiques et de sabrage des effectifs

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(Crédits : Andrea Comas)
Le fonds LetterOne du milliardaire russe Mikhail Fridman, entré au capital en 2017 et premier actionnaire de l'enseigne (29%) justifie son OPA par les "sérieuses difficultés financières" du groupe (6.157 magasins dans quatre pays, 42.000 employés) qui a notamment perdu près de 90% de sa valeur en Bourse depuis le début 2018. En Bourse, le titre a commencé par chuter pour finalement remonter tout au long de la matinée.

Ce vendredi, le groupe espagnol de distribution Dia, qui fait l'objet d'une OPA de son premier actionnaire, Mikhail Fridman, a annoncé vouloir supprimer jusqu'à 2.100 emplois, après avoir essuyé une perte de 352,5 millions d'euros en 2018.

Ce plan social concerne Dia et sa filiale Twins Alimentacion et "prévoit la suppression d'un maximum de 2.100 contrats de travail", a indiqué le groupe dans un communiqué. Il doit encore être négocié entre les organisations syndicales et Dia qui employait fin 2017 environ 42.000 personnes dans le monde.

Un résultat bien pire que ce qu'attendaient les analystes

Le groupe avait annoncé un peu plus tôt avoir essuyé une perte de 352,5 millions d'euros en 2018. Un résultat bien pire que ce qu'attendaient les analystes interrogés par le fournisseur d'informations financières Factset, qui tablaient en moyenne sur une perte de 4 millions d'euros.

L'annonce de cette perte et de ces suppressions d'emplois intervient après celle du lancement de l'OPA sur Dia par le fonds LetterOne du milliardaire russe Mikhail Fridman, entré au capital en 2017 et premier actionnaire de l'enseigne (29%). Le fonds l'a justifiée par les "sérieuses difficultés financières" du groupe, qui depuis début 2018 a perdu près de 90% de sa valeur en Bourse. Cette dégringolade en Bourse lui avait valu d'être exclu de l'indice Ibex 35.

"2018 a été une année de turbulences pour Dia, probablement la plus difficile depuis la fondation de l'entreprise il y a plus de 40 ans", a commenté le groupe.

Dia compte 6.157 magasins dans quatre pays: 3.474 en Espagne et le reste au Brésil, en Argentine et au Portugal.

Le chiffre d'affaires a reculé de 11,3%, passant de 8,2 milliards en 2017 à 7,3 milliards en 2018. La baisse a été de 2,4% en Espagne, son premier marché, mais a été beaucoup plus marquée au Brésil (quasiment -18%), notamment en raison de la dévaluation du real, et en Argentine (près de -39%), sous le coup de la dévaluation du peso.

Difficultés en Chine, concurrence domestique et valse des dirigeants

La dette de la compagnie a atteint 1,4 milliard d'euros fin 2018, soit 506 millions de plus que fin 2017.

En 2017, l'enseigne avait manqué ses objectifs financiers en dégageant un bénéfice net en chute de 37% à 101 millions d'euros (légèrement retraité depuis). Il l'avait alors justifié par sa mauvaise performance en Chine et une réduction des marges en Espagne où l'enseigne avait dû baisser ses prix face à la concurrence de Mercadona et Lidl.

A la Bourse de Madrid, le titre Dia cédait 0,11% à 0,73 euro vers 10H50 (09H50 GMT), dans un marché en baisse de 0,34%. Mais à 12h20, heure de Paris, le titre remontait dans le vert à + 0,58%.

En décembre, Dia a nommé son troisième directeur général en moins de six mois.

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