Direction le quartier d’affaires pour la LGV de Toulouse

Hugues-Olivier Dumez, à Toulouse - Objectif News

Hugues-Olivier Dumez, à Toulouse - Objectif News
Déjà minuit dans la Ville rose. Depuis Paris, l'arrivée en gare de Matabiau, après cinq heures trente de voyage, n'a rien de reluisante aux abords du canal du Midi. Beaucoup d'étudiants empruntent les quais mais peu d'hommes d'affaires. Il faut dire qu'avec l'aéroport de Toulouse-Blagnac, et sa navette entre Paris et Toulouse, la concurrence est aujourd'hui rude.
La donne pourrait changer d'ici à 2024 avec l'arrivée de la Ligne à grande vitesse (LGV) et ses trois heures dix de trajet jusqu'au centre-ville de Toulouse. Une véritable opportunité à laquelle la quatrième ville de France se prépare.
Celui-ci arrive au bon moment, à l'heure où des décisions politiques doivent être prises quant à la vocation d'un nouveau quartier de 400 hectares autour de la gare Matabiau. Bureaux, commerces, logements, infrastructures publiques...
Selon les premières études, c'est un potentiel de près d'un million de mètres carrés à construire, qui restent à répartir. La droite avait « enclenché le projet dans les années 2000 », mais il y a eu « une montée en puissance des études sous mon prédécesseur », veut bien admettre Jean-Luc Moudenc, rival victorieux du maire sortant, Pierre Cohen, lors des dernières élections. Il faut dire que le projet fait consensus tant les opportunités pour Toulouse sont flagrantes. Les estimations évaluent à 38 millions le nombre de passagers par an en 2024, contre 17 millions actuellement.
Dès 2018, avec la fin du plan rail régional et la mise en service de la LGV Tours-Bordeaux, le chiffre devrait atteindre 30 millions de passagers par an. Un consensus politique, à quelques nuances près... Plus qu'une opposition sémantique, deux conceptions s'opposent à première vue. Contrairement à son prédécesseur, le nouvel édile s'aventure à qualifier de quartier d'affaires une partie du futur projet d'aménagement de la gare.
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Par conséquent, Pierre Cohen préfère se cantonner à la définition de plate-forme multimodale et de projet urbain.
Baptisé Toulouse Euro-Sud-Ouest en 2012, le projet doit préparer l'arrivée de la future LGV en gare de Matabiau. Pour un montant de 5,5 millions d'euros, une vingtaine d'études ont été réalisées par Toulouse métropole en partenariat avec l'État, la région, le département, RFF et la SNCF.
Défait lors des dernières municipales, l'ancien maire toulousain est cette fois contraint de rester à quai, et de scruter au loin le projet qu'il a pourtant porté au cours de son mandat. Un schéma directeur a été établi pour la plate-forme multimodale qui concerne, dans un premier temps, les 20 hectares autour de la gare. Entre 5.000 et 10.000 logements pourraient émerger aux abords du site, notamment sur des terrains appartenant à la municipalité et à la SNCF.
Le choix des architectes a été officialisé : le spécialiste des gares, Jean-Marie Duthilleul, et l'urbaniste catalan, Joan Busquets, planchent actuellement sur le projet d'aménagement de la gare et du futur quartier de 400 hectares. Cette équipe de renom ne sera pas bouleversée par la nouvelle majorité.
Car Toulouse est l'une des dernières grandes villes à être enfin desservies par une LGV.
Le projet du nouveau quartier Toulouse Euro-Sud-Ouest prévoit déjà un potentiel de 500.000 m2 de surfaces de bureaux, soit douze fois le quartier d'affaires actuel à Compans-Caffarelli doté d'un centre de congrès. Sur ce projet à trente ans, Toulouse Euro-Sud-Ouest pourrait également contenir 400.000 m2 de logements, 50.000 m2 de surfaces commerciales et 50.000 m2 d'équipements publics.
Contrairement à Lyon Part-Dieu ou EuraLille, la construction de tours n'est pas prévue a priori. L'état du marché actuel ne permet pas d'afficher une telle ambition : les prix de location de bureaux dans l'hyper-centre toulousain sont de 150 à 200 euros le mètre carré quand une tour nécessite une rentabilité autour de 400 à 500 euros/m2.
À l'image du réaménagement de la gare de Rennes, la construction d'un deuxième bâtiment est prévue à l'arrière afin d'ouvrir la gare sur plusieurs entrées.
Le maire a en effet été élu sur un programme ambitieux, portant notamment sur la réalisation d'une troisième ligne de métro reliant l'aéroport (au nord-ouest), au futur quartier Montaudran Aerospace (au sud-est), en passant par la gare Matabiau, en centre-ville.
La course contre la montre a commencé.
Hugues-Olivier Dumez, à Toulouse - Objectif News