Le groupe Edeis, exploitant de l'aéroport Tours Val de Loire, annoncera d'ici le 15 septembre un record de fréquentation estivale des cinq lignes desservies par la compagnie low cost Ryanair, Londres, Dublin, Marrakech, Marseille et Porto. Toutes ont retrouvé, voire dépassé, leur niveau de trafic d'avant la crise sanitaire. Avec une prévision de 150.000 passagers cette année, les chiffres restent certes en deçà de l'année 2019 (200. 000 voyageurs) mais attestent d'une reprise réelle du trafic dans la mesure où l'aéroport avait accueilli l'an dernier 70 000 personnes. Le retour des passagers était la condition sine qua non d'une viabilité économique possible de l'aéroport de Tours Val de Loire. Son modèle reste aujourd'hui largement subventionné par les collectivités, la Métropole de Tours, le Département d'Indre et Loire et la Région Centre Val de Loire réunies au sein du Smadait, le syndicat mixte pour l'aménagement et le développement de l'aéroport international de Tours Val de Loire. Elles apportent au total environ trois millions d'euros chaque année à Eidis et Ryanair.
Début juillet, le dernier rapport de Cour régionale des comptes a critiqué la gestion de l'aéroport jusqu'à présent et a apporté de l'eau au moulin d'Emmanuel Denis. Cette somme profiterait essentiellement à l'exploitant et à son client Ryanair. Dans ce contexte, le nouveau maire écologiste de Tours n'a de cesse de dénoncer le subventionnement public à pertes de l'aéroport et de son opérateur. De surcroît, l'aviation commerciale, notamment sur les petites lignes, contribuerait de façon importante au réchauffement climatique. Sans appeler clairement à sa fermeture, ne serait-ce que pour maintenir les quelque 200 navettes sanitaires annuelles de greffes d'organes destinées au CHU de Tours, Emmanuel Denis a proposé l'arrêt de deux lignes sur cinq pour réduire le déficit. Cette opposition à la politique menée jusqu'à présent vis-à-vis de l'aéroport a entraîné sa démission en 2021 de la présidence du Smadait.