La volonté de croissance de Keolis amène la filiale à 70% de la SNCF (le reste du capital appartient à la Caisse des dépôts du Québec) à explorer de nouveaux territoires qui sortent de son cœur de métier, le monde du transport urbain et interurbain du quotidien. Après s'être lancé l'an dernier dans les véhicules de transports avec chauffeurs (VTC) face à Uber en prenant le contrôle de Le Cab, Keolis se lance aujourd'hui dans le transport des personnes ayant besoin de soins médicaux (transport sanitaire), lequel est réalisé par des ambulances pour le transport dit allongé, et, pour le "transport assis professionnalisé", par des véhicules sanitaires légers ou des taxis agréés par la Caisse primaire d'assurance maladie. Un marché de 4 milliards d'euros en France, en croissance de 3,5% par an ces dernières années du fait du vieillissement de la population.
Keolis déboule dans ce marché atomisé (il est composé de 55.000 entreprises) en rachetant les numéros un et deux du secteur, les réseaux Intégral et Douillard, pour créer Keolis Santé, qui devient de facto le numéro 1 du secteur du transport sanitaire avec 70 millions d'euros de chiffre d'affaires, une taille 100 fois plus grande que la moyenne du secteur.
Détenue à hauteur de 51% par Keolis aux côtés des patrons d'Intégral et de Douillard (24,5% chacun), Keolis Santé entend doubler de taille d'ici à 2021 pour atteindre à cet horizon 175 millions d'euros de chiffre d'affaires.
"Il y aura un peu de croissance organique, mais les acquisitions seront le moteur principal de cette croissance", a expliqué Jean-Pierre Farandou, qui considère Keolis Santé comme la "pionnière de la consolidation" de ce secteur "en croissance" pouvant "être optimisé en termes de qualité et d'efficacité" non seulement pour les patients mais aussi pour la dépense publique.
Pour Keolis, la question de la mutualisation des moyens est centrale.
Cela peut avoir pour conséquence la remise en cause du libre choix de l'entreprise de transport par le patient. Un point qui constituera d'ailleurs l'un des facteurs de consolidation.
Il y en a d'autres, comme l'homogénéisation de la tarification sur le transport assis qui est différente entre taxis et VSL.
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Keolis n'arrive pas dans le transport sanitaire en terre inconnue. Le groupe connaît parfaitement les rouages de ces marchés "conventionnés" en raison des relations que la société entretient avec les grands donneurs d'ordre public, même si ces derniers sont différents de ceux qu'elles côtoient dans le transport urbain puisqu'il s'agit dans le transport sanitaire de la caisse primaire d'assurance maladie, des agences régionales de santé ou des hôpitaux selon les différentes modalités de transport.
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