Keolis, la locomotive de la SNCF

Fabrice Gliszczynski

Fabrice Gliszczynski
Les comptes ne sont pas finalisés et ne seront pas communiqués avant le mois de mars. Mais Jean-Pierre Farandou, le président de Keolis, le confie à La Tribune : « Après une année 2013 qui s'est soldée par une faible progression de l'activité, 2014 a été une très bonne année. La croissance de notre chiffre d'affaires est significative. Elle n'a pas été loin d'être à 2 chiffres. » Keolis, qui avait franchit en 2013 la barre des 5 milliards d'euros de chiffres d'affaires, pèse un peu moins de 5,5 milliards aujourd'hui et tient plus que jamais le cap pour atteindre son objectif de 7 milliards fin 2017, hors acquisitions.
Une performance de taille qui a permis à la SNCF, son principal actionnaire avec 70% du capital aux côtés de la Caisse des Dépôts du Québec, d'annoncer une hausse de chiffre d'affaires de 2,3% l'an dernier (hors effets négatifs de la grève de juin), par rapport aux 32,2 milliards d'euros dégagés en 2013.
"Transports urbains, transports inter-urbains, stationnement, activités en France comme à l'international, nous avons rencontré des succès sur l'ensemble de nos métiers », se réjouit Jean-Pierre Farandou.
Pour autant, face aux contraintes budgétaires des agglomérations et des départements français, c'est surtout à l'international que se développe Keolis. L'augmentation de 5.000 personnes des effectifs du groupe en 2014, en hausse de 9% par rapport à l'année précédente, provient quasi-exclusivement de la croissance à l'international. Une trajectoire que doit apprécier Guillaume Pepy qui rêve de voir son groupe se développer hors de l'Hexagone.
Keolis a fait un bond en avant à l'international, qui représentait l'an dernier 45% de son chiffre d'affaires.Outre le démarrage l'été dernier de l'exploitation des trains de banlieue de Boston et des tramways de la Gold Coast en Australie, c'est en Grande-Bretagne que le groupe a fait fort l'an dernier en raflant deux énormes contrats : celui de trois lignes ferroviaire du réseau Thameslink (gagnées par Govia, une entreprise dans laquelle Keolis détient 35%), qui équivaut à la moitié des trains de banlieue en Île-de-France, et celui des métros automatiques des quartiers des Docks de Londres, dans lequel Keolis est majoritaire cette fois et qui génèrera 100 millions d'euros par an.
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Un contrat référence à plus d'un titre pour Keolis puisqu'il permet non seulement au groupe d'être un acteur majoritaire outre-Manche, mais aussi de conforter sa position d'opérateur mondial de métros.
Le 21 mars prochain, l'ouverture du premier tronçon du métro automatique aérien d'Hyderabad, en Inde, renforcera les ambitions du groupe sur le « mass-transit », le marché de l'exploitation des réseaux de transports dans des mégapoles.
"Ce sera une vitrine pour Keolis, le mass-transit est un segment stratégique. Il y a peu de groupes capables de se positionner sur ces mégalopoles. Le potentiel est énorme", explique Jean-Pierre Farandou. Et les candidats peu nombreux dont MTR (Honkong), Deutsche Bahn, Keolis, la RATP..
Car le groupe nourrit d'énormes espoirs sur l'entreprise commune qu'il a scellée l'an dernier avec Shanghai Shentong Metro Group, laquelle va se positionner comme opérateur sur la ligne 8 du métro de Shanghai. Un tremplin éventuel pour d'autres marchés ailleurs en Chine. "Ce choix stratégique avec le métro de Shanghai est propice à ce que nous récupérions l'exploitation dans d'autres villes chinoises", voire hors de la Chine, "dans les zones d'influence chinoises", explique Jean-Pierre Farandou.
A plus long terme, Keolis vise l'énorme marché des trains de banlieue (de type RER) de Wuhan, une ville d'une dizaine de millions d'habitants à l'intérieur de la Chine. Keolis est déjà présent dans cette ville. Il gèrera en effet le projet de centre d'échanges multimodal à l'aéroport international de Wuhan où les passagers aériens transiteront pour prendre les bus, métros..., lesquels sont gérés par les régies municipales. Keolis a des vues sur le tramway et a déjà commencé à amorcer un partenariat avec une entreprise locale (un protocole d'accord a été signé) dans la perspective d'un contrat sur les trains de banlieues.
En outre, Keolis lorgne le Moyen-Orient, en visant les appels d'offres de bus à Dubaï et métros à Riyad qui devraient être lancés cette année. Ceci sous la forme de partenariats avec des partenaires locaux. La région foisonne de projets.
La situation à l'international contraste avec les difficultés des agglomérations et des départements. Alors que le groupe était plutôt en position défensive sur ses contrats, Keolis est parvenue à les conserver, en particulier Bordeaux, avec un contrat d'une durée de 8 ans dans lequel d'autres projets de tramways sont prévus. Après avoir investi un milliard d'euros dans le tram au cours des dernières années, la communauté urbaine de Bordeaux prévoit en effet un milliard d'euros d'investissements supplémentaire pour l'extension de son réseau.
Ce dernier note une augmentation de la fréquentation dans les réseaux exploités par Keolis en métropole. Et une baisse de la fraude, qui lui coûtait une bonne trentaine de millions d'euros.
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