Ce n'est plus une rumeur ou un projet au conditionnel comme évoqué par certains au printemps. Mais bel et bien d'une opération enclenchée peu avant l'été et qui va se trouver son point d'aboutissement d'ici à la fin de l'année.
Selon des sources concordantes, Air France a décidé d'ouvrir le capital de Servair, sa filiale catering (restauration à bord des avions), troisième acteur mondial de ce secteur avec un chiffre d'affaires de 723 millions d'euros en 2014 et 10.000 salariés. L'idée est de céder autour de 45% du capital de cette entreprise valorisée autour de 400 millions d'euros selon les experts.
Selon certaines sources, il s'agirait d'un préalable à un désengagement plus large ultérieurement puisqu'il devrait y avoir une clause de sortie dans cette opération.
Le processus est déjà bien avancé. Les candidats avaient jusqu'au 26 juillet pour déposer leur offre. Ils sont nombreux à l'avoir fait à la fois des industriels et des fonds d'investissement. Parmi les prétendants on trouve le groupe toulousain de catering Newrest, Dnata filiale de catering d'Emirates, le groupe de catering singapourien SATS aussi Gate Group (ex Gate Gourmet). Lufthansa a aussi regardé le dossier. Depuis la direction examine ces offres de nature très différentes. Le dossier était à l'ordre du jour du comité exécutif (comex) de Servair.
N'ayant pas les moyens de financer le développement de Servair, Air France cherche donc à l'adosser à un industriel. « Servair a besoin d'être global. Pour croître, il lui faut soit acheter des concurrents sur les marchés ou l'entreprise est peu implantée, soit créer des bases tout en gardant des liens commerciaux avec Air France», analyse un observateur. La garantie d'un volume d'activité d'Air France est évidemment assurée au repreneur. Pour autant, en cas d'attrition du réseau long-courrier comme menace de le mettre en place Air France en cas d'échec des négociations avec les syndicats sur une hausse de la productivité, le coup serait rude pour Servair.
À lire également
Pour un expert du secteur, l'ouverture du capital de Servair peut mettre la pression sur les syndicats. «Cela prouve que la direction peut prendre des décisions drastiques », explique-t-il. Le groupe serait-il prêt à envisager le même scénario pour l'activité de maintenance, bénéficiaire ? «Pas aujourd'hui, explique cet expert, mais si la situation d'Air France se détériore, il faudra aller chercher un partenaire industriel ».
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Souveraineté alimentaire et sanitaire : l'État va entrer au capital de l'industriel Eurolysine, menacé par la concurrence chinoise
Engie va supprimer environ 1 000 postes dans ses fonctions support d’ici à 2028
Nucléaire : le Blayais finalise son dossier pour accueillir les réacteurs nouvelle génération
Industrie, mobilités, logements, géothermie : la nouvelle offensive verte de l’Occitanie