Quel profil pour diriger Air France-KLM ?

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(Crédits : Christian Hartmann)
Le comité de nominations du conseil d'Air France-KLM cherche un successeur à Jean-Marc Janaillac, qui a démissionné début mai. Le gouvernement cherche un connaisseur du transport aérien.

Quel profil pour diriger Air France-KLM ? Un connaisseur du transport aérien, comme l'a souhaité le ministre des Finances, Bruno Le Maire ? Un spécialiste du social, comme l'affirment certains experts ? Quelqu'un venant d'un autre secteur avec un œil neuf et étranger à la technostructure du groupe ? Il n'y a pas de règle. On trouve des bons ou des mauvais profils dans les tous les cas, qu'ils connaissent ou pas le secteur. Les choix dépendent de la situation dans laquelle la compagnie se trouve, du type de gouvernance (entre une dissociation ou pas des fonctions de Pdg) et bien entendu de la personnalité et des qualités intrinsèques de chaque candidat.

Doug Parker et Tim Clark, des réussites exemplaires

Évidemment, la connaissance du transport aérien semble un avantage incontestable pour réussir dans ce secteur complexe. Il permet notamment d'entrer rapidement dans le vif du sujet. La très grande majorité des compagnies aériennes sont d'ailleurs dirigées par des personnes issues de ce secteur d'activité. Les réussites ne manquent pas.

L'un des plus beaux exemples est peut-être celui de Doug Parker, le directeur général d'American. Après avoir débuté sa carrière chez Northwest en 1991, il est arrivé à la tête de la modeste America West et organisa ensuite la reprise de US Airways en 2005, dont il prit la direction. Rebelote cinq plus tard où, à l'issue de la fusion avec American Airlines en 2010, c'est lui qui fut choisi pour diriger la nouvelle entité.

Autre exemple, celui de Tim Clark, l'actuel patron d'Emirates. Dans le Golfe, il est aujourd'hui considéré comme l'un des meilleurs dirigeants de compagnies. Sa parfaite maîtrise de l'ensemble des problématiques du secteur impressionne. Tim Clark avait commencé sa carrière dans les années 1970 au sein de British Caledonian.

IAG et Lufthansa dirigés par d'anciens pilotes, stratèges hors pair

En Europe, Willie Walsh et Carsten Spohr, les patrons du groupe IAG (British Airways, Aer Lingus, Vueling et Iberia) et Lufthansa, rencontrent également un très beau succès. Tous deux sont à la fois des stratèges et des gestionnaires hors pair. Ils sont par ailleurs d'anciens pilotes de ligne, sans qu'il soit facile de dire si cela les a aidés dans leur relation avec les syndicats de pilotes. Réputé comme un cost killer, le premier s'est toujours gardé de les heurter, tandis que le second n'a pas hésité au contraire à les affronter, quitte à avoir de nombreux jours de grève. Lufthansa se portait également très bien avant la prise de fonction de Carsten Spohr, sous la présidence de Christoph Frantz, ou, bien avant lui, de Wolfgang Mayrhuber ou Jürgen Weber. Sans être pilotes, ces derniers étaient issus des rangs du groupe allemand.

Pour autant, "être du secteur" n'est pas non plus un gage de connaissance dudit secteur et encore moins de réussite. L'échec du pilote de ligne Jean-Charles Corbet à la tête d'Air Lib en atteste. Président du SNPL Air France, il avait pris les rênes de la compagnie française en 2001, laquelle fut liquidée début 2003.

A Air France et Air France-KLM, la très bonne connaissance du secteur de Pierre-Henri Gourgeon, DG du groupe de 2009 à 2011, n'a pas empêché la descente aux enfers d'Air France.

Christian Blanc ne connaissait pas le transport aérien

En tout cas, venir d'un autre secteur est loin de conduire à l'échec. Christian Blanc, par exemple, qui avait sauvé Air France entre 1994 et 1997, avait été nommé Pdg fin 1993 alors qu'il ne connaissait pas le transport aérien, puisqu'il avait dirigé précédemment la RATP, après une carrière de haut-fonctionnaire. Pour autant, le job demandait à l'époque d'autres qualités que la connaissance de ce secteur compliqué. Pour cela, il sut s'entourer des meilleurs en faisant appel à Stephen Wolf, le directeur général de US Airways à l'époque, qui emmena avec lui l'Indo-américain Rankesh Gangwal, le pape du yield management et du hub.

Aux États-Unis, Glen Tilton a redressé United Airlines au début des années 2000, alors qu'il venait de l'industrie pétrolière et, une fois sa mission réussie, a quitté le secteur. Plus récemment en Europe, l'ancienne DG d'Easyjet Carolyn McCall a magnifiquement réussi alors qu'elle dirigeait jusque-là un groupe de presse. Tous n'ont pas eu ce destin. Le passage du jeune ministre des Transports Camiel Eurlings à la direction de KLM (2012-2014) ne restera pas non plus dans les annales de la compagnie batave.

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Commentaires
a écrit le 15/06/2018 à 1:06 :
Je Propose Bernard Thibault ou Jean-Marc Ayrault.
a écrit le 14/06/2018 à 18:33 :
une promotion interne nomme un pilote instructeur
et surtout pas un parasite sortie de l'ena
cher a nos ministre
a écrit le 13/06/2018 à 23:55 :
Quel profile ? Le mien! 😂😂😎
a écrit le 13/06/2018 à 18:55 :
Ni un cégétiste, ni un énarque pantouflard généraliste sur tout et spécialiste de rien, il y a quelques temps j'observais le profil du nouveau patron de siemens, un type qui est rentré dans cette boite à 22 ans avec un diplôme d'économie, il a fait toute sa carrière chez siemens et à suivi son patron plusieurs années avant d'en prendre la suite. Pour Air France il doit bien exister des vieux pilotes bien câblés entourés de bon adjoints pour ce nouvel envol.
Réponse de le 14/06/2018 à 1:37 :
Un vieux pilote : et pourquoi pas un chauffeur de bus pour diriger la RATP ??? Que chacun reste au niveau de ses compétences... Si cela avait été appliqué en son temps, Corbet n'aurait pas couler AirLib en moins de 3 ans !!
Réponse de le 14/06/2018 à 10:09 :
J'ai noté "un vieux pilote bien câblé entouré de bons adjoints" c'est un travail d'équipe et pour les grandes choses il faut de grands adjoints. Maintenant ca fait plusieurs dizaines d'années que l'énarchie enfonce la France mais cela ne date pas d'aujourd'hui comme l'indique l'historien Robert O Paxton dans "la France de Vichy" Ed le point.
Réponse de le 14/06/2018 à 11:22 :
Sincèrement, vu l'irresponsabilité générale du SNPL, le niveau moyen en gestion/management d'un pilote Air France fait un peu peur... Il y a surement une pépite dans ce marécage, mais il y a aussi de sacrés boulets.
Réponse de le 14/06/2018 à 11:50 :
On sent bien dans vos propos un mépris de classe certain.

« Un vieux pilote : et pourquoi pas un chauffeur de bus pour diriger la RATP ??? « 

Deux choses,

1-Assimiler les les pilotes de lignes a des chauffeurs de bus est un de vos classiques . Le discours malveillant envers les chauffeurs de bus et leurs assimilés n’est pas nouveau en ce qui vous concerne.

2- pourquoi un chauffeur de bus n’aurait pas les capacités nécessaires pour diriger la RATP? En ce qui concerne l'aérien de nombreux ex pilotes ont bien réussi, à commencer par Mr Spohr PDG de Lufthansa qui débuta sa carrière au bas de l’echelle de son entreprise . Très loin de certains petits marquis de la république qui ont égrené l’histoire d’air france.

Sans leur dénier leur utilité , l’expérience prouve que les qualités humaines ne s’apprennent pas dans les grandes écoles .
a écrit le 13/06/2018 à 17:08 :
Christian BLANC fut le "ministre aux cigares", ce qui est bien dommage. Quel que soit l'heureux élu, il faudra bien que ce gouvernement le paye au prix du marché, c'est-à-dire cher.
Réponse de le 13/06/2018 à 17:53 :
Ce qui est bien quand on est PDG, c'est qu'on prend les décisions avec l'aide du travail des autres et qu'on fait appliquer ces décisions par les autres.
Réponse de le 14/06/2018 à 7:32 :
@ @ henry: Le PDG, ce me semble , prend ses décisions en fonction des moyens financiers et des "ressources humaines" que LUI ACCORDE son Conseil d'Administration... mais je peux me tromper!
a écrit le 13/06/2018 à 17:00 :
C’est plutôt d’un liquidateur dont Air France a besoin !!!
Réponse de le 13/06/2018 à 18:18 :
Effectivement
Réponse de le 13/06/2018 à 22:09 :
Dans ce cas liquidons aussi la France dont la situation économique et sociale est bien plus dégradée que celle d’air france ...

La pensée est libre bien heureusement, mais les écrits restent citoyen....
a écrit le 13/06/2018 à 13:12 :
Tant que l'état conservera sa participation dans cette société, tout le reste y compris la nomination d'un nouveau DG ne sera que gesticulations dérisoires et contre-productives.
a écrit le 13/06/2018 à 12:48 :
Quand on voit de Jolies hotesses, estampillées en rouge CGT Communiste, leur situation est irrécupérable.
a écrit le 13/06/2018 à 12:30 :
Quand ça n'en fini plus d'agoniser dans de longue souffrance, il faut savoir mettre fin à tout ça.

Le meilleur profil serais un spécialiste de la fin de vie d'une entreprise. Pour fermer tout ça, avec ou sans casse selon la voie choisie par les syndicats d'Air France.
a écrit le 13/06/2018 à 11:35 :
Il faut mettre Philippe Martinez, C'est le meilleur profil pour le SNPL et les autres organsations syndicales.Vous verrez, il n' y aura plus de grèves avec AIR CGT.
Réponse de le 13/06/2018 à 12:42 :
Et enfin ! le dépôt de bilan avec le PCF
a écrit le 13/06/2018 à 10:32 :
Il faut le marteler ; l'Etat doit d'abord se désengager plutôt que de mettre un énième "haut fonctionnaire" au poste de DG qui acceptera sans doute mais s'en servira comme tremplin pour sa carrière sans se préoccuper du devenir désormais "incertain"de l'entreprise.
Réponse de le 13/06/2018 à 12:36 :
Air SNPL ou Air CGT ne mérite pourtant qu'un Fonctio pour pseudo pédégé.

Un chef d'entreprise serait vite dégouté.
a écrit le 13/06/2018 à 10:27 :
Les syndicats vont tousser, parce qu'ils sont dans une extrême contradiction : ils se plaignent de n'avoir que des enarques nommés à la tête d'AF-KLM, mais sont-ils près à y mettre le prix ? Combien sont rémunérés les Doug Parker, Willie Walsh et Carsten Spohr, sans parler de Tim Clark ?? Comment attirer les plus compétents avec du vinaigre ?

Le SNPL n'est pas fait pour cogérer l'entreprise :Jean-Charles Corbet à la tête d'Air Lib en atteste. Président du SNPL Air France, il avait pris les rênes de la compagnie française en 2001, laquelle fut liquidée début 2003. ... ça n'a pas duré longtemps !
a écrit le 13/06/2018 à 9:59 :
Pour trouver le mouton à cinq pattes acceptant un salaire de misère, cela va être très dur.
Il est cité des patrons qui provenaient d'un autre secteur que l'industrie aéronautique ayant réussi à redresser des compagnies aériennes, mais ce n'était pas en France.
Quant au "succès" de monsieur Christian Blanc à la tête de AF, c'est du franco-français: on constate le résultat vingt ans après. Raynair été créé en 1984 et personne n'a rien vu venir. J'ajoute pour modérer que monsieur C. Blanc n'a pas été aidé en 1997 par les trotskistes qui étaient au pouvoir et il a démissionné.
Cordialement
a écrit le 13/06/2018 à 9:44 :
Pour sauver AIRFRANCE comme la SNCF aussi, il faut appliquer la note n°6 du CAE, page 12. Il faut un PDG qui comprenne cette note. Cherchez bien! Cette note propose de répartir les charges sociales sur le travail ET sur la consommation d'énergie. Ce qui implique de mettre une taxe sur l'énergie. Cette taxe serait en plus favorable au climat et au retour de la croissance. Qui est capable de le comprendre? Sinon, adieu AIRFRANCE.
a écrit le 13/06/2018 à 9:35 :
Air France est bien le seul truc, et BOULET à privatiser. Les 14.3% de l'Etat et ses 25% des droits de vote, Les pilotes et pnc en abusent, revendications salariales répétitives et démesurées. Et L'intéressement aux pertes ? à commencer par 2018 : un demi milliard d'eur, déjà à ce stade de l'année, multiplié par la promesse de grèves estivales dures et renforcées. AUCUN pseudo " patron " ne peut diriger ou redresser Cà !!!!!. Les patrons ils les ont ! pilotes et pnc, A BRADER, OU A LIQUIDER. ( dépôt de bilan )
a écrit le 13/06/2018 à 8:54 :
A l’époque de Ch Blanc, Wolf et Gangwal avaient été appelé s pour faire passer les solutions du sauvetage recommandées par le President du SNPL de l’époque Gilles Bordes-Pages, auprès des directeur s du moment. Il y a gagné un poste de directeur de la stratégie ensuite.. C’est lui qui avait vu l’intérêt du hub et du yield management. Ch Blanc a su faire accepter cette révolution.

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