Distilleries de Provence exporte les traditions locales

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(Crédits : dr)
Le fabricant de pastis haut de gamme profite de l'engouement pour les produits provençaux pour faire la promotion de la région et de son art de vivre.

Une fois de plus, le pastis Henri Bardouin a reçu une médaille au concours général agricole de Paris. Une récompense qui va donner au savoir-faire de Distilleries et Domaines de Provence un atout supplémentaire pour son développement à l'international, déjà bien entamé avec l'Absente. Cette liqueur d'absinthe, relancée il y a une dizaine d'années, réalise la moitié des ventes à l'export, notamment en Amérique du Nord et en Europe. « Dans le monde entier, l'absinthe évoque quelque chose car elle s'appuie sur un environnement culturel et le rayonnement de l'oeuvre de nombreux artistes français du XIXe siècle », explique Alain Robert, PDG de la Distillerie de Provence. Un sorte de juste retour des choses, puisque l'absinthe, interdite à la vente depuis 1915 en France, s'est vue détrônée par le pastis.

C'est d'ailleurs pour diversifier ses revenus, que la distillerie, créée en 1898 à Forcalquier, met au point une recette de boisson anisée en 1924. L'entreprise, réputée pour ses liqueurs, se développe surtout localement sous la direction d'Henri Bardouin. Mais il faudra attendre les années 1980 pour qu'elle connaisse un véritable essor avec le lancement du Carlton, un vin pétillant aromatisé à la pêche. « Ce produit a connu un succès considérable, mais éphémère », reconnaît Alain Robert qui, après un bref passage de l'entreprise dans le giron du groupe Pernod Ricard, la rachète, mais sans le Carlton.

Changement de nom - pour devenir Distilleries de Provence - et création de nouveaux produits : la stratégie du nouveau dirigeant doit absolument compenser la perte du Carlton, qui représentait 90 % du chiffre d'affaires. D'où l'idée de proposer au marché un pastis haut de gamme, segment qui n'existait pas. Une idée de génie puisque aujourd'hui, ce produit représente à lui seul 70 % du chiffre d'affaires (8 millions d'euros). « Aux pays francophones le pastis, l'Absente pour le reste du monde », résume Alain Robert.

Depuis, l'entreprise se diversifie en proposant des liqueurs à base de plantes qui jouent sur l'origine « made in Provence ». « La promotion de notre pays, des richesses naturelles de la Haute Provence en plantes aromatiques, est une des raisons d'être de la distillerie », confirme Alain Robert. D'ailleurs, tous les spiritueux sont fabriqués encore artisanalement à Forcalquier, où travaille une trentaine de personnes.

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