En Suède, la souveraineté monétaire l’emporte sur l’euro

Six pays de l'UE restent en dehors de la zone euro : la Suède, le Danemark, la République tchèque, la Hongrie, la Pologne et la Roumanie.
hlt/FL/ - REUTERS - Scanpix Sweden

Six pays de l'UE restent en dehors de la zone euro : la Suède, le Danemark, la République tchèque, la Hongrie, la Pologne et la Roumanie.
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Le mouvement de fond est net, et il s’inscrit dans la durée. En Suède, l’adhésion à la monnaie unique européenne s’éloigne encore un peu plus de l’opinion publique. D’après un sondage publié mercredi par Statistics Sweden, l’institut national des statistiques, la majorité des Suédois rejette désormais l’abandon de la couronne au profit de l’euro.
Le chiffre est sans ambiguïté : 52,1 % des personnes interrogées s’opposent à une entrée dans la zone euro, contre 49,5 % un an plus tôt. Dans le même temps, le soutien au changement monétaire s’érode. Seuls 28,7 % des Suédois se disent favorables à l’adoption de l’euro, contre 32,0 % lors de la précédente enquête. Une dynamique qui confirme une tendance déjà ancienne dans le pays nordique, où la question monétaire reste un marqueur politique sensible.
L’opposition à la monnaie unique n’est pas nouvelle en Suède. En 2003, lors d’un référendum consultatif, les électeurs avaient déjà rejeté l’adhésion à l’Union économique et monétaire européenne. Depuis, la question ressurgit périodiquement dans le débat public, sans jamais inverser durablement le rapport de force.
Aujourd’hui encore, l’attachement à la couronne suédoise apparaît comme un élément structurant de l’opinion. Dans un contexte économique européen pourtant fortement intégré, la perspective d’un abandon de la souveraineté monétaire continue de susciter des réticences majoritaires.
Le débat monétaire ne se limite pas aux sondages. Il s’invite également dans la stratégie des partis politiques. En janvier, le parti de droite des Modérés du Premier ministre Ulf Kristersson a indiqué qu’il souhaiterait nommer une commission chargée d’évaluer les avantages et les inconvénients d’une adhésion à l’euro, à condition de rester au pouvoir après les élections législatives de septembre.
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Une initiative prudente, qui traduit la sensibilité du sujet dans l’opinion. Car, à quelques mois du scrutin, les équilibres politiques semblent eux aussi orientés vers une forme de continuité plutôt que de rupture. D’après un sondage publié la semaine dernière par Statistics Sweden, l’opposition de centre-gauche est en effet en position favorable pour remporter les élections. Un contexte qui pourrait, mécaniquement, réduire encore les chances d’un retour du débat euro au premier plan de l’agenda gouvernemental.
La situation suédoise illustre aussi une singularité au sein de l’Union européenne. Sur les 27 États membres, 21 ont adopté la monnaie unique. Mais six pays restent en dehors de la zone euro : la Suède, le Danemark, la République tchèque, la Hongrie, la Pologne et la Roumanie.
Dans ce groupe, la Suède fait figure de cas emblématique : un pays économiquement intégré, mais politiquement réticent à franchir le pas monétaire. Au-delà des cycles politiques et des variations conjoncturelles des sondages, le message reste relativement stable. La majorité de la population suédoise continue de privilégier le maintien de la couronne, perçue comme un instrument de flexibilité économique et d’autonomie face aux décisions de la Banque centrale européenne.
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