Faral milite pour l'échange standard

Le concept de remise à neuf des pièces auto et moteurs usagés trouve un écho particulier en période de crise et de questionnement écologique.

pays de la loire/automobile

Faire du quasi neuf avec du vieux, Éric Hunaut, PDG de Faral, en a fait son cheval de bataille. Cet équipementier automobile mayennais s'est fait une spécialité de l'échange standard, concept qui consiste à remplacer une pièce ou un moteur ancien par une pièce ou un moteur d'occasion remis à neuf. Si la société développe cette idée depuis plusieurs années, l'actualité économique et la question écologique viennent renforcer sa pertinence.

C'est en 1997 qu'Éric Hunaut rejoint l'entreprise familiale. Créée en 1932 par son grand-père, Faral est d'abord une société de rectification au service de l'industrie. Après une incursion dans l'aéronautique, l'entreprise prend le virage de l'automobile dans les années 1960. « Déjà, à cette époque, des particuliers apportaient leur moteur pour que l'on procède à un échange standard », se souvient le PDG. Les années 1980 voient le parc automobile français passer du moteur essence au moteur Diesel, un tournant que l'entreprise mayennaise négocie avantageusement.

Lorsqu'Éric Hunaut intègre Faral, il a pour mission de trouver de nouveaux axes de développement. En effet, à cette époque, le contexte se durcit.

dépôts de brevets

« En 1996, les constructeurs automobiles ont décidé d'une baisse de 30 % du prix de l'échange standard sur les moteurs », explique-t-il. La stratégie choisie est alors d'augmenter la productivité et de diversifier la production.

Aujourd'hui, l'entreprise produit annuellement 2.500 moteurs, 3.000 culasses, 2.000 turbos et 700 boîtes de vitesse. Son marché est le réseau d'indépendants tels que, par exemple, le réseau Auto Distribution. Elle réalise un chiffre d'affaires de 7,3 millions d'euros et emploie 56 salariés. Faral a également misé sur la qualité. Plusieurs dépôts de brevets en attestent. Ainsi l'entreprise s'est protégée sur son procédé de rénovation des culasses. « Cela passe par l'introduction d'une caméra à l'intérieur du circuit de refroidissement pour constater l'état de corrosion du métal, explique Éric Hunaut. Ensuite, un insert d'étanchéité est posé. Enfin, l'ensemble du circuit est renforcé par le dépôt d'une résine. »

économie substantielle

Grâce à ce type de procédé mais aussi au passage par un banc d'essai des moteurs, Éric Hunaut estime offrir une durée de vie équivalente à 85 % de celle du neuf, pour un coût inférieur de 20 % à 50 %. L'économie générée est bien l'un des principaux arguments de l'échange standard. Éric Hunaut a ainsi été reçu au secrétariat d'État au Commerce alors que la politique en la matière est plutôt d'inciter au remplacement des véhicules par la prime à la casse. Le PDG de Faral a toutefois un deuxième argument dans son sac : l'impact écologique.

Outre le caractère moins polluant d'un moteur remis à neuf par rapport à une occasion et la diminution des déchets automobiles, le PDG insiste sur un autre point : « Rénover des pièces usagées utilise environ 80 % d'énergie en moins que de fabriquer des pièces neuves. » Éric Hunaut a même été jusqu'à créer un label « Vert Échange ». Un combat qu'il dit mener moins pour sa propre entreprise que pour l'environnement. n

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