Ludwin voudrait imprimer en France

La société réalise et produit des jeux à gratter, imprimés pour l'instant en Chine.

Île-de-france/jeux

Créé en 2007 par deux pro du monde des jeux, Christophe Caye et Yves Hémard, Ludwin Group fait partie du petit monde des fournisseurs de solutions pour le marché des jeux, essentiellement des tickets à gratter et des technologies de loteries pour les grands opérateurs internationaux, la plupart du temps publics voire étatiques. Au milieu des années 1990, le secteur des imprimeurs de ces produits a connu une concentration extrême : d'une quinzaine d'acteurs, il n'en reste plus que deux ou trois, quasi monopolistiques. « Les grands opérateurs ont encore une capacité de négociation, mais les prix ont quand même augmenté de 30 % à 40 % en trois ans », souligne Yves Hémard, cofondateur et directeur général de Ludwin Group. Ainsi, alors que la Française des Jeux faisait imprimer ses tickets à gratter par deux imprimeries basées en France, celles-ci ont été rachetées par un Américain.

« Nous souhaitons proposer une solution aux petits et moyens opérateurs, explique Yves Hémard. Jusqu'à présent, nous faisons imprimer nos tickets en Chine. Si les produits sont de qualité et à des prix compétitifs, la très forte croissance de la demande de jeux en Chine ne nous permet pas d'envisager un partenariat pérenne avec cette imprimerie. D'où notre idée de créer une imprimerie spécifique en France. » Et c'est là que les choses se compliquent. Pour Christophe Caye et Yves Hémard, la création de cette imprimerie, opérationnelle en dix-huit mois, permettrait de créer de façon directe 250 emplois. Reste à convaincre la Française des Jeux d'imprimer une partie de ses tickets dans cette nouvelle entité, plutôt qu'aux États-Unis. Mais les deux dirigeants se heurtent à une fin de non-recevoir de la part de l'opérateur français qui estime qu'il n'est pas possible de qualifier une imprimerie en France. « Du coup, nous sommes quasiment obligés d'aller en Chine », regrette Yves Hémard, qui a même écrit à Nicolas Sarkozy pour plaider sa cause, sans plus de succès. « La Française des Jeux imprime environ 2,5 milliards de tickets à gratter par an. Avec seulement un cinquième de cette production transférée chez nous et nos ventes à l'export auprès d'autres opérateurs, notre imprimerie serait viable. »

marché en expansion

Sans décision prise d'ici à la fin de l'été, Yves Hémard partira en Chine contracter avec une imprimerie chinoise. Un regret d'autant plus fort que le marché des jeux à gratter est en pleine expansion dans le monde et que Ludwin devrait concrétiser très prochainement plusieurs nouveaux contrats. De quoi lui garantir un chiffre d'affaires conséquent au lieu d'un résultat à l'équilibre en 2009.

Béatrice Delamotte

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