AAA prépare une levée de fonds

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(Crédits : DR)
Spécialisée dans l'ingénierie moléculaire, la société va créer une vingtaine de laboratoires de production du Gluscan, utilisé pour dépister le cancer.

rhône-alpes/biotechnologies

Advanced Accelerator Applications (AAA), basé dans l'Ain à seulement 200 mètres du Cern de Genève, est une émanation du célèbre laboratoire européen. Créée en 2002, la société remporte le 1er prix du palmarès régional Rhône-Alpes - Auvergne du Deloitte Technology Fast 50 affichant un taux de croissance de son chiffre d'affaires de 1.826 % pour ces cinq dernières années, à 11,58 millions d'euros. AAA a construit son développement sur la production-commercialisation du Gluscan, un liquide injectable utilisé pour dépister le cancer au moyen de caméras TEP (tomographie à émission de positions).

« Lorsque nous avons lancé le Gluscan, il y avait seulement sept caméras TEP en France, devenue le pays qui a le mieux équipé ses hôpitaux », indique Stefano Buono, président et cofondateur, avec Gérard Ber, de cette biotech. En 2010, la France devrait compter une centaine de tomographes dans les établissements hospitaliers et cliniques, principale clientèle de AAA. Particularités du Gluscan, il s'agit d'un isotope radioactif dont la production nécessite un accélérateur de particules. Sa durée de vie est très réduite, dix heures au maximum. Pour fabriquer et développer le produit, la société a donc dû implanter ses laboratoires de production au plus près des utilisateurs. Six sites sont opérationnels ou en cours d'ouverture en Italie, en Espagne, dont trois en France (au siège de Saint-Genis-Pouilly, à Troyes et Béthune). Deux autres sont prévus à Marseille et dans l'ouest de la France. Au total, l'objectif est de créer en Europe un réseau d'une vingtaine de laboratoires de production, associés à des activités de recherche, chaque site nécessitant un investissement de 5 millions d'euros environ.

27 projets de recherche

AAA, qui a déjà collecté 31 millions d'euros depuis sa création auprès de 50 actionnaires, prévoit une nouvelle levée de fonds de plus de 30 millions d'ici fin 2010 pour financer son plan de développement. Ce dernier, outre les laboratoires de production, concerne 27 projets de recherche (radio-isotopes, produits radiopharmaceutiques, nouveaux traceurs et marqueurs pour le dépistage des cancers par brachythérapie, etc.) avec 69 partenaires publics et privés, la commercialisation du CardioGen-82 et le développement de Gipharma, une société italienne acquise fin 2008. Le CardioGen-82, utilisé pour dépister les cardiopathies coronariennes par caméras TEP, est le seul générateur enregistré par la FDA américaine dont AAA dispose des droits de commercialisation en Europe. Après l'Italie, la Suisse et l'Angleterre, AAA vise l'implantation du produit dans les pays scandinaves et en France en 2010 dans le cadre d'études cliniques. Quant à Gipharma, Stefano Buono parie sur « le potentiel de croissance important » de la société spécialisée dans la fabrication de produits radiopharmaceutiques : « Grâce à elle, nous allons passer du TEP à l'ensemble de la médecine nucléaire. » Gipharma (24 personnes) représente 4 millions d'euros dans le chiffre d'affaires prévisionnel 2009 de AAA, soit 24 millions d'euros (avec un résultat d'exploitation de 6 millions) après 11,58 millions en 2008. La biotech emploie 110 personnes, dont 50 en France et 60 en Italie et Espagne. n

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