Velan est prêt pour le redémarrage du marché du nucléaire

Le spécialiste de la robinetterie industrielle va profiter de la reprise des investissements nucléaires dans les grands pays.
(Crédits : DR)

Velan a investi 4 millions d'euros dans ­l'extension de son usine et dans de nouveaux matériels.Un investissement entièrement financé par cette entreprise ­lyonnaise. Son nouveau bâtiment industriel de 1.500 m2 inauguré en mars dernier n'est pas seulement une étape dans le développement de l'entreprise : elle marque surtout le dynamisme retrouvé du marché de la construction des centrales nucléaires. Car depuis 1990, à la suite de l'arrêt des investissements dans le secteur, Velan avait dû se mettre en roue libre. « On a connu une traversée du désert entre 1990 et 2005, mais on a été parmi les rares à croire au nucléaire », commente Jean-Claude Cennac, président de ­Velan SAS. Le pari a payé.

Courbe ascendante

Pendant quinze ans, Velan s'est donc maintenu à flot avec un chiffre d'affaires annuel d'environ 25 millions d'euros. Puis l'activité est repartie au rythme des annonces de reprise des ­investissements dans le nuclé­aire : 34 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2007, 55 millions en 2009 et 70 millions prévus cette année. Même courbe ascendante pour les effectifs  : 172 personnes en 2007, 198 en 2009, et 230 d'ici sep­tembre prochain.

Comment la PME lyon­naise ­a-t-elle pu tenir ? « Nous nous sommes renforcés dans notre coeur de métier en développant des services et de la maintenance de la robinetterie, explique le dirigeant. Cela nous a permis d'investir en R&D, de l'ordre de 1 million d'euros par an, pour améliorer nos produits. » Parallèlement, Velan s'est ­diversifié dans la robinetterie destinée à la cryogénie et à la super-cryogénie (navires méthaniers, terminaux de réception GNL [gaz naturel liquéfié], lanceurs spatiaux, etc.). La PME a ainsi fourni plus de 2.500 robinets pour l'accélérateur de particules du CERN, un contrat d'environ 12 millions d'euros sur trois ans. En 2005, alors que l'activité nucléaire traditionnelle était proche de zéro, le chiffre d'affaires se partageait entre la cryogénie (40%) et la maintenance/services (60%). « C'est cette diversification qui nous a permis de tenir jusqu'au redémarrage du nucléaire dans le monde », assure Patrick Henry, directeur général de Velan.

Perspectives prometteuses

Aujourd'hui, la répartition de l'activité est radicalement ­modifiée avec le retour à la production de robinetteries nucléaires (50%), devant la maintenance (30%) et la cryogénie (20 %). Cette évolution a été possible grâce aux commandes de robinetteries pour les EPR de Finlande, de Flamanville (Manche) et de Taïshan en Chine, ainsi que pour les nouvelles centrales (1.000 mégawatts) lancées par Pékin. « Les perspectives sont excellentes », se réjouissent les dirigeants de Velan. Notamment grâce au programme nucléaire chinois qui aura lancé 30 centrales d'ici fin 2010 et veut tripler ses ambitions à l'horizon 2020 avec une centaine d'implantations. Des EPR sont aussi prévus en Inde, en Grande-Bretagne, en Italie et aux Etats-Unis. En trente ans, la PME est passée du mono-client EDF/Framatome à une dizaine de grands clients internationaux. Une véritable reconnaissance pour le savoir-faire de l'entreprise. n

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