Agrauxine prône une agriculture bio

La société crée des solutions biologiques pour lu tter con tre les maladies du bois, de la vigne, etc. Un de ses nouveaux produits vient d'être homologué.
(Crédits : Agrauxine)

C'est une nouvelle qu'Agrauxine attendait depuis sept ans : l'homologation par les autorités sanitaires françaises de son produit Esquive WP. Derrière ce nom se cache la première solution biologique dans la lutte contre les maladies du bois de la vigne. En France, on estime que 3 à 5 % des pieds de vigne sont touchés.

Un coût élevé

Le coût à l'hectare est élevé : de 300 à 800 euros, entre le remplacement des pieds et les pertes de production. Le marché de la lutte contre cette maladie dépasse la dizaine de millions d'euros. « Le contexte est de plus favorable à nos produits puisque une législation oblige à diminuer le recours aux produits chimiques », affirme Olivier Nazeyrollas, le directeur général de l'entreprise basée à Saint-Évarzec, près de Quimper (Finistère). Car l'efficacité des pesticides est telle que l'on en trouve des résidus dans le vin lui-même et ils peuvent entraîner chez les vignerons des effets secondaires graves pour leur santé.

L'homologation française ouvre les portes de l'Europe à Agrauxine. « Cela va faciliter notre développement à l'international. Les pays membres vont nous demander des essais en plein champ dans leurs conditions de culture, mais on peut penser que d'ici deux ans, nous pourrons commercialiser notre produit dans les autres pays européens touchés : l'Italie, l'Allemagne, la Grèce, l'Espagne et le Portugal. ». Dans une agriculture habituée au tout-chimique depuis près de soixante ans, le défi culturel à relever est considérable.

Agrauxine, 5 millions d'euros de chiffre d'affaires, développe d'autres produits comme un biofertilisant qui renforce les défenses naturelles des plantes ou encore un biofongicide contre la maladie de la pourriture grise sur les fruits et légumes. Chacun d'eux s'appuie sur des micro-­organismes existants dans la nature, sélectionnés pour leurs qualités par Agrauxine en partenariat avec divers centres de recherche. Comme ces micro-organismes ne peuvent se breveter, la clé du succès réside dans le choix de ceux qui feront ensuite l'objet d'un développement, nécessairement long. Pour accélérer la croissance de l'entreprise et financer ses investissements dans une R&D coûteuse, Olivier Nazeyrollas ­négocie actuellement avec ses actionnaires, dont la coopérative agricole Terrena, un plan d'action de « plusieurs millions d'euros pour garder une longueur d'avance ». Car le marché du ­biocontrôle ­attise bien des convoitises.

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