A Amiens, G+Lyte "électrolyte" le marché du photovoltaïque
Gaëtane Deljurie, à Lille
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Franck Barath (au centre), président de G+Lyte et aujourd'hui associé à Frédéric Sauvage (à droite) et un autre chercheur, Albert Nguyen.
Hauts-de-France Innovation Développement
En doublant la durée de vie des cellules à colorant (DSSC), la start-up G+Lyte, hébergée au sein du HUB de l'énergie d'Amiens, promet une stabilité des panneaux d'énergie photovoltaïque de plus de 20 ans, contre 5 à 10 ans avec les procédés actuels. Et ce n'est pas son seul avantage.
G+Lyte, c'est la contraction de « glass » (verre en anglais) et électrolyte, le composé qui permet le passage du courant électrique. Et ce mot cache à lui seul une petite révolution. Cette technologie figure aujourd'hui parmi les plus prometteuses pour les réseaux d'énergies intelligents smartgrid, l'électronique nomade ou encore la mobilité électrique. Avec un potentiel de parts de marché estimé à 25 milliards d'euros d'ici 2025 !
Tout a commencé par des travaux de recherche, menés par le professeur Frédéric Sauvage, directeur de recherche CNRS, au Laboratoire de réactivité et chimie des solides et au Laboratoire de glycochimie, des antimicrobiens et des agroressources, unités mixtes de recherche CNRS-Université Picardie Jules Verne.
« Un des problèmes récurrents cellules solaires à colorant, c'était le manque de stabilité. Durant un test de vieillissement accéléré de 1.000 heures à 60° C sous 1.000 W/m2 d'illumination, une cellule à colorant peut perdre de 30 à 40% de son rendement », commente Franck Barath, président de G+Lyte et aujourd'hui associé à Frédéric Sauvage et un autre chercheur, Albert Nguyen.
Brevet à l'international
Un premier programme mené entre 2010 et 2013 a permis d'identifier les facteurs d'instabilité. Une deuxième recherche a permis de créer de nouvelles molécules brevetées à l'international en 2015 (G+Lyte devenant lauréat du concours d'innovation I-Lab de BPI France et labellisé French Tech Seed pour l'investissement privé dans les entreprises technologiques).
Le financement par la SATT Nord (Société d'accélération du transfert de technologie) a permis de mener la start-up vers un modèle « industrialisable », avec un accompagnement à la création proposé par CNRS Innovation et Amiens Cluster. Créée en décembre 2019, la structure compte aujourd'hui 7 collaborateurs.
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Aujourd'hui, le principal avantage concurrentiel de G+Lyte, c'est de proposer de nouveaux électrolytes « ultrastables ». Sans plus aucune baisse de rendement à l'issu des tests de vieillissement et surtout, sans que le process de fabrication n'ait à être changé. « Le retour sur investissement énergétique (NDLR : pour ne dépenser plus d'énergieque l'on ne pourra en produire) est de moins de 3 à 6 mois là où les autres technologies vont nécessiter 30 à 36 mois », poursuit Franck Barath.