Cinq ans après sa création, le constructeur français de scooters électriques, RED Electric relocalise son activité dans la Sarthe. Au terme de la consultation d’une quinzaine d’acteurs français, c’est finalement l’équipementier Chastagner, spécialisé dans l’automobile, l’aéronautique, la défense et luxe, qui prend en charge l’assemblage des maxi-scooters connectées, qui font leur entrée à la FNAC et chez Darty.La question ne se posait pas en 2015. «Depuis, beaucoup de choses ont bougé. Les technologies de l'électrique sont devenues plus matures. Un mouvement sociétal s'est créé. De nouveaux intervenants sont arrivés. Une compétitivité s'est créée en France. Les distributeurs eux-mêmes, comme la Fnac et Darty, se sont engagés vers la mobilité légère électrique pour compenser certaines activités. A notre grande surprise, les études et plans industriels élaborés ont montré que le coût de revient d'un scooter produit en France est inférieur ou égal à ce que l'on observe en Asie », témoigne le spécialiste de la mobilité électrique, Bertrand de la Tour d'Auvergne, directeur général délégué de la société Red Electric, créée en 2015, à Nancy. L'explosion des coûts de transport maritime passés de 1.000 à 7.500 dollars au gré de la pandémie ont fini de convaincre le jeune startuper Valentin Dillenschneider, président et cofondateur de Red Electric de changer son fusil d'épaule et de participer à la réindustrialisation du territoire français. A l'issue d'une consultation d'une quinzaine d'acteurs hexagonaux, Red Electric a finalement choisi la société sarthoise Chastagner pour le "sourcing" (achat auprès des fournisseurs) et l'assemblage de ses maxi scooters de la gamme model E.
La démonstration d'un modèle viable
Equipementier pour les domaines de l'automobile, de l'aéronautique, de la défense et du luxe depuis soixante-treize ans, Chastagner a su convaincre de la pertinence d'un modèle économique viable pour les deux parties. Spécialisée dans l'ingénierie de produits, la gestion petites séries (assemblage) et de la "supply chain" (chaîne des fournisseurs) en France (70%) et en Asie (30%) et la sous-traitance industrielle, l'entreprise (150 personnes), habituée à manier les process industriels et les relations avec les grands comptes, s'est depuis cinq ans diversifiée en développant une stratégie additionnelle et complémentaire vers les marchés du luxe et de la petite mobilité. « Tout ce qui se fait entre le vélo et la voiture », résume Christophe Camaret, président de Chastagner. A travers le luxe et la mobilité, la gestion des petites séries (jusqu'à 10.000 pièces) représentera 50% de son chiffre d'affaires en 2022 (20 millions d'euros, contre 17 millions en 2021). Dont la moitié sera assurée par Red Electrique.